vendredi, décembre 2, 2022
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Iran /Irak: Des législateurs américains exigent une action urgente pour protéger le camp Liberty

Iran /Irak: Des législateurs américains exigent une action urgente pour protéger le camp Liberty

Des législateurs américains disent que les efforts pour transférer les dissidents iraniens résidant en Irak doivent être accélérés. Ils affirment que l’administration Obama a été trop passive face à l’attaque à la roquette de la semaine dernière contre le camp Liberty dans laquelle plusieurs dizaines de réfugiés ont été tués, a rapporté vendredi le « Washington Examiner ».

Lors d’une réunion qui a eu lieu le jeudi 5 novembre à « Capitol Hill » (siège du Congrès des Etats-Unis), Ted Poe, élu républicain de Texas, a accusé le Département d’Etat de « se tourner les pouces » et ne rien faire pour la protection du camp Liberty. Il a réclamé la démission des responsables irakiens chargés de la protection de ce camp, a précisé le Washington Examiner.

Ted Poe a déclaré : « Les officiels irakiens chargés de protéger les résidents du camp Liberty ne peuvent pas ou ne veulent pas faire ce travail. Ils doivent donc s’en aller. Il faut que le gouvernement d’Irak les remplace par des gens qui vont réellement assurer la sécurité des résidents de ce camp. Les Etats-Unis doivent exercer des pressions pour que le gouvernement irakien agisse dans ce sens. Il faut insister et il ne faut pas lâcher cette affaire, jusqu’à ce que l’on obtienne une réponse satisfaisante. »

Ted Poe (président de la sous-commission de lutte contre le terrorisme et contre la prolifération nucléaire) a déclaré que lui et plusieurs autres parlementaires avaient écrit en septembre dernier une lettre au Secrétaire d’État John Kerry, dans laquelle ils lui ont demandé de fournir aux résidents du camp Liberty les équipements de protection dont ils ont besoin. « Le Département d’Etat n’a jamais répondu à notre lettre, mais la semaine dernière nous avons reçu une réponse de la part de ceux qui ont commis l’attaque du 29 octobre », a-t-il ajouté.

Dans l’attaque perpétrée le jeudi 29 octobre contre le camp Liberty (situé au nord-est de l’aéroport international de Bagdad) où vivent 2.250 membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI),  24 résidents du camp ont été tués et plusieurs dizaines d’autres ont été blessés. « L’Armée de Mukhtar » (une  milice chiite irakienne soutenue par le régime iranien) a revendiqué la responsabilité de cette attaque et a menacé qu’elle allait lancer de nouvelles attaques contre ce camp.

Les parlementaires américains des deux bords ont condamné les agissements du régime iranien contre les résidents du camp Liberty et ont demandé la mise en place de mesures urgentes pour garantir la sécurité de ce camp.

Eliot Engel, élu démocrate de New York, a déclaré : « Nous sommes totalement contre les actions répressives menées de la part du régime iranien contre ces dissidents. Nous pensons que le peuple américain doit être clairement informé de ce qui vient de se passer en Irak. »

Engel a ainsi réagit aux récentes déclarations de John Kerry après l’attaque, dans lesquelles il a demandé au gouvernement irakien de fournir aux victimes des soins médicaux et d’améliorer la sécurité des habitants du camp Liberty. Kerry a également exhorté les responsables irakiens à « trouver les auteurs de cette attaque et les traduire devant la Justice, conformément à leurs obligations dans le cadre de l’accord signé le 25 décembre 2011 avec l’Organisation des Nations Unies. »

Une partie du problème vient du fait que le gouvernement irakien ne fait rien pour protéger les membres de l’OMPI résidant an Irak, ont affirmé plusieurs élus républicains.

Le président de la Commission des Affaires étrangères du Congrès, Ed Royce, a déclaré que les prévisions du gouvernement américain et de l’ONU concernant le sort des résidents du camp Liberty sont « trop optimistes ». Il a ajouté que les États-Unis doivent aider à accélérer le processus de réinstallation de ces dissidents iraniens dans des pays européens.

Plusieurs centaines de réfugiés du camp Liberty ont déjà été installés en Europe, principalement en Albanie.

En 2004, après l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, les membres de l’OMPI résidant au camp d’Achraf ont remis leurs armes aux militaires américains et ils ont été placés sous la protection des Etats-Unis. Auparavant, l’armée américaine aurait bombardé le camp d’Achraf dans le cadre d’un accord secret avec le régime iranien. Ce dernier avait promis d’extrader vers les Etats-Unis certains membres d’Al-Qaïda résidant en Iran, si le Etats-Unis attaquaient l’OMPI.

En 2009, les États-Unis ont transmis la responsabilité de protéger le camp d’Achraf au gouvernement d’Irak. En 2012, les résidents d’Achraf ont été transférés au camp Liberty. A la suite de plusieurs attaques meurtrières perpétrées en 2013 contre le camp Liberty, l’OMPI a lancé un appel à l’ONU, lui demandant de permettre aux résidents du camp Liberty de retourner au camp d’Achraf où ils bénéficieraient d’une meilleure protection.

Le Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (HCR) dirige les efforts pour transférer les résidents du camp Liberty vers l’extérieur de l’Irak. Le Département d’Etat a déclaré être déterminé à aider le HCR dans ce sens.

Les responsables américains affirment qu’ils soutiennent les efforts pour la réinstallation des membres de l’OMPI en dehors de l’Irak, mais jusqu’à présent, les Etats-Unis n’ont accueilli aucun membre de l’OMPI sur leur sol, a précisé Ali Safavi, membre du Conseil national de la Résistance d’Iran, dont l’OMPI est la principale composante. M. Safavi a jouté : « Les autorités américaines demandent aux personnes désireuses d’immigrer aux États-Unis de renier leur appartenance à l’OMPI. »

« Si la réinstallation des résidents du camp Liberty se poursuit au rythme actuel, il faudrait plus de 6 ans pour que l’ensemble de ces résidents soit transférés en dehors de l’Irak, à supposé que le gouvernement d’Albanie accepterait davantage de réfugiés et à supposé qu’il y aurait suffisamment de fonds disponibles pour poursuivre cette opération de réinstallation, a déclaré Safavi au Washington Examiner.

Tom Ridge, ancien gouverneur républicain de Pennsylvanie et le premier Secrétaire à la sécurité intérieure des Etats-Unis (de 2003 à 2005) a déclaré qu’il souhaite l’accélération du processus de  réinstallation de ces réfugiés en dehors de l’Irak.

Il a ajouté : « Jusqu’à ce que ces dissidents soient tous évacués d’Irak, le gouvernement américain devrait les protéger contre les attaques. » Il souhaite que le camp Liberty, situé près de l’aéroport de Bagdad, bénéficie d’une protection aérienne assurée par l’Armée de l’Air des États-Unis. Cela permettrait de protéger ce camp contre les attaques à la roquette et au mortier.

« Je pense que cela pourra être fait facilement. Vous pouvez le faire avec un trait de plume, une simple directive du président ou du Secrétaire d’État transmise au QG de l’armée des Etats-Unis. Cela ne sera certes pas suffisant, mais sera une première étape très importante et efficace. Il est grand temps que nous commencions à honorer nos promesses », a-t-il conclut.

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