Editorial
Pourquoi la participation du régime iranien au règlement du problème irakien est une erreur.
CNRI – La réalité géopolitique de la région qui englobe lIrak, surtout depuis larrivée des mollahs au pouvoir en Iran en 1979, sest imposée de manière radicale et incontournable à tous les développements régionaux et internationaux. Aujourdhui, avec la dernière phase dexpansionnisme de lintégrisme, cette réalité sétend au-delà de lIrak.
Un bref historique saura répondre aux questions du genre : Pourquoi la guerre Iran-Irak a-t-elle éclaté en 1980 ? Pourquoi après le retrait des troupes irakiennes dIran en 1982 le régime de Khomeiny a poursuivi cette guerre pendant encore six ans ? Pourquoi après lannonce du cessez-le-feu en 1988, cette situation de non guerre a-t-elle continué pendant 15 ans et na jamais abouti à un accord de paix ?
Aujourdhui, trois ans et demi après la chute de lancien régime irakien et la présence de la force multinationale, le cours des événements dans ce pays montre bien que le régime iranien est un facteur hégémonique déterminant, de telle manière quen cas de retrait de la force multinationale, la souveraineté et lunité de lIrak et aussi du Golfe persique sera avant tout laissé sans défense face aux attaques du régime et que ce pays sera entièrement dévoré par le régime de Téhéran.
Il sagit dun projet pour lequel il a fait le premier et non le dernier pas qualitatif pour développer le régime du Velayat-e-Faghih (suprématie du guide suprême religieux), en voulant se doter de larme atomique pour renverser léquilibre des forces actuel dans le sens de la création dun empire islamiste.
Aujourdhui, à la fin dun processus de trois années et de demi, la réponse à la question de savoir pourquoi les négociations américaines avec lIran serait une politique erronée, peut se trouver dans un article du quotidien arabe Al Hayat, publié à Londres, du 28 novembre : « Al Hayat a appris auprès dune source proche du gouvernement américain que la Maison Blanche est opposée à tout appel au dialogue avec lIran tant que lIran sera en position de force en Irak. Cette source a souligné que la nouvelle stratégie des Etats-Unis est fondée sur laffaiblissement de linfluence de Téhéran, avant dentamer tout dialogue avec ce pays ou avec la Syrie. »
On considère donc que dans cette opposition, on reconnaît surtout la puissance du régime iranien en Irak. Cela veut dire quaprès un présence prolongée en Irak et tout le prix que cela représente sur le plan international et régional, au niveau des pertes humaines et des dépenses colossales militaires et logistiques et même le prix politiques (que lon a pu constater lors des dernières élections américaines), les Etats-Unis et les pays de la force multinationale se retrouvent face à une « position de force du régime iranien en Irak ».
Al Hayat écrit aussi que contrairement à lavis du comité Baker-Hamilton, « lhebdomadaire Time rappelle que Dick Cheney, le vice président américain, et Stephen Hadley, le conseiller à la Sécurité nationale, sont opposés à tout dialogue direct avec lIran ou la Syrie (dans les conditions actuelles). Des sources proches du gouvernement américain ont confié à Al Hayat que « tant que lIran sera en position de force en Irak, il ny aura pas de dialogue avec lIran ». Le nouveau but stratégique est donc daffaiblir linfluence de lIran à Bagdad avant dentamer tout dialogue. »
Cest une réalité que les nationalistes et démocrates irakiens ont répété à maintes reprises : le régime iranien nest pas une partie du problème mais coeur de la crise.
A titre dexemple, le journal officiel Keyhan affilié au guide suprême du régime layatollah Khameneï, écrivait le 27 août : « loccident nacceptera un Iran nucléarisé que lorsquil ne pourra faire autrement et que la supériorité de lIran dans la région sera telle quil pourra réagir dans une position de force. Le dossier de lIran ne se règlera pas à la table des négociations mais dans les rues de Beyrouth et de Bagdad. »
Par conséquent, engager des négociations entre les Etats-Unis et lIran est une politique erronée dabord à cause de lingérence à grande échelle de Téhéran trois pendant trois ans qui a conduit à obtenir une influence déterminante dans ce pays, mais aussi parce que le régime veut régler ses disputes avec la communauté internationale en noyant la région dans la guerre et la crise.
A ce propos le Dr Saleh Matlaq, secrétaire général du Front du Dialogue national irakien, sadressant par téléphone aux parlementaires américains lors dun symposium de trois jours au Congrès des Etats-Unis des 15 au 16 novembre dernier, a déclaré : « intervenir dans les affaires irakiennes est une erreur qui perpétuera les erreurs précédentes du gouvernement américain. Si la politique que les Américains suivent en Irak continue de cette manière, elle aboutira à une catastrophe dont on pourra sortir difficilement En Irak actuellement, les chiites et les sunnites sont face à de terribles difficultés. Ces difficultés se sont multipliées avec lintervention des agents du ministère iranien des renseignements. Linfiltration du ministère iranien des renseignements dans le sud de lIrak est telle quà Bassora, lorsque les gens veulent se donner une adresse, ils prennent le bureau du ministère des renseignements iranien comme repère. »
Pour terminer, ces jours-ci dAhmadinejad à Abdol-Aziz Hakim, tous annoncent les uns après les autres quils sont opposés à lorganisation dune conférence internationale sur lIrak. Pourquoi le régime et ses alliés craignent-ils une telle initiative ? La réponse est simple : le régime iranien nacceptera jamais de reculer dun pas de sa domination de lIrak. Cette réponse montre à quel point vouloir donner un rôle au régime iranien dans le règlement de la crise irakienne est une erreur et un leurre.

