CNRI – Le président iranien Hassan Rohani veut augmenter de plus d’un tiers les crédits de la défense dans le prochain budget, malgré la chute des prix du pétrole et les sanctions internationales.
Il a présenté dimanche au Parlement un projet de budget général de 8.400.000 milliards de rials (254 milliards d’euros) pour l’année budgétaire commençant le 20 mars 2015, en hausse de 6%, sur la base d’un prix du pétrole à 70 dollars le baril, contre 100 dollars cette année.
Les crédits de la défense augmenteront de 33,5%, à environ 282.000 milliards de rials, dont la majeure partie sera versée aux gardiens de la Révolution qui verront leur budget croître de près de 50%.
Cette politique d’Hassan Rohani témoigne d’une vérité profonde : la politique économique du gouvernement est mue par les intérêts idéologiques et sécuritaires du système. Un système qui ne peut se passer de financer chèrement la flopée d’organes de répression nécessaire à museler une population excédée ; ni d’investir sans compter dans le programme d’armement nucléaire aventuriste envers et contre toute la communauté internationale ni renoncer à son expansionnisme coûteux dans la région.
Cette politique a des effets pervers pour la prospérité du pays, qui malgré ses grandes potentialités, sombre dans la récession. En effet, avec l’inflation et le chômage dans une spirale ascendante, le climat de l’économie iranienne est plus que morbide. Le 27 octobre, le centre des statistiques iraniennes a chiffré le taux d’inflation à 19,6 %, une des plus élevées dans le monde.
La devise nationale qui s’était dépréciée de 80 % sous Ahmadinejad, n’a regagné que 7 % de sa valeur (le dollar américain valait, le 1er novembre, 32 500 rials). Avec une population active de 24 millions, le taux de chômage est de 30,0 % (38,8 % chez les 15-29 ans). Par ailleurs, la production du brut peine à reprendre et n’a pu dépasser le million de bpj malgré les efforts du gouvernement et la baisse de 25 % du prix de pétrole, les estimations d’un revenu de 30 milliards de dollars seront douloureusement ressenties pour le budget.
Le caractère « idéologique » du système iranien rend difficile de parier sur ses capacités de réforme politique et économique. La réforme de l’économie passe par la remise en cause de l’emprise des Pasdaran, tout comme la réforme de la politique iranienne passe par la remise en cause de l’emprise du Guide suprême religieux. Une éventualité inconcevable pour le régime islamiste qui rend inextricable la problématique iranienne et dissuade tout placement dans son avenir.

