lundi, juillet 22, 2024
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La mention du GAFI lors du simulacre de débat électoral en Iran

Lors du deuxième débat politique des prochaines élections présidentielles du régime iranien, Mostafa Pourmohammadi, l’un des candidats à la présidentielle et ancien ministre de l’Intérieur, a fait une révélation surprenante concernant l’opposition de Saïd Jalili à l’adhésion de l’Iran au Groupe d’action financière (GAFI). Pourmohammadi a affirmé que la résistance de Jalili n’était pas fondée sur des préoccupations politiques mais plutôt sur des manœuvres politiques visant à garantir que l’approbation du GAFI n’ait pas lieu sous l’administration de Hassan Rohani.

Pourmohammadi a raconté un incident survenu en 2016, lorsqu’il avait longuement discuté des questions du GAFI au Conseil suprême de sécurité nationale. Il a révélé que Jalili avait déclaré son soutien au GAFI si Pourmohammadi était responsable de sa mise en œuvre, mais s’y était opposé sous d’autres responsables, ce qui implique une position politiquement motivée plutôt qu’une objection de principe. Cette révélation a suscité de nombreuses réactions de la part de diverses personnalités politiques et médias en Iran.

Abdolkareem Hasanzadeh, membre du Parlement du régime, a vivement critiqué Jalili, l’accusant de prendre en otage les moyens de subsistance de millions d’Iraniens à des fins politiques. Hasanzadeh a appelé Jalili à s’expliquer clairement, déclarant qu’un tel comportement transcende une simple conduite contraire à l’éthique et constitue une action impardonnable contre le peuple iranien.

L’ancien ministre des Communications Mohammad-Javad Azari Jahromi a également condamné la position de Jalili, soulignant les graves conséquences économiques d’une non-adhésion au GAFI. Jahromi se demande si Jalili comprend l’impact de ses actions sur les Iraniens ordinaires et si un tel état d’esprit est adapté à la gestion du pays.

La controverse autour du GAFI est profondément enracinée dans la stratégie du régime iranien consistant à exploiter le terrorisme comme outil pour maintenir le pouvoir et obtenir des concessions de la communauté internationale. Le guide suprême Ali Khamenei et les plus hauts responsables considèrent que le financement de groupes militants mandataires est essentiel à leur survie. Approuver le GAFI restreindrait ces canaux financiers, qui sont vitaux pour des groupes comme les Houthis et le Hezbollah, affaiblissant ainsi la capacité de Téhéran à projeter son pouvoir et son influence à travers ces organisations.

En février, le GAFI a annoncé que l’Iran resterait sur sa liste noire pour blanchiment d’argent, exhortant les pays membres à appliquer une diligence raisonnable renforcée à leurs transactions financières avec l’Iran. Le groupe a évoqué les inquiétudes persistantes concernant les risques de financement du terrorisme posés par l’Iran, qui menacent l’intégrité du système financier international.

La révélation de Pourmohammadi a également attiré l’attention d’autres personnalités politiques. Abdollah Ramezanzadeh, l’ancien porte-parole du gouvernement de Mohammad Khatami, s’est demandé si les actions de Jalili constituaient une trahison des intérêts nationaux. Yadollah Eslami, secrétaire général de la Société des parlementaires islamiques, a appelé à ce que Jalili soit poursuivi en justice, qualifiant ses actes de terrifiants et destructeurs.

L’ancien président Hassan Rohani avait précédemment averti que l’absence d’adoption des réglementations du GAFI augmenterait de 20 % le coût des transactions financières pour l’Iran, appelant à des mesures pour contrer l’isolement international du régime. Les critiques du GAFI en Iran soutiennent que son respect entraverait le soutien financier aux groupes mandataires de Téhéran, qu’ils considèrent comme des « mouvements de résistance ».

Le débat sur le GAFI souligne la lutte interne du régime entre éviter un contrôle international et maintenir ses priorités stratégiques. Au cours de la dernière décennie, notamment à la suite des soulèvements nationaux visant à renverser la dictature des mollahs, le guide suprême Ali Khamenei a fermement adopté sa position. S’appuyant sur l’inaction mondiale et la politique de complaisance occidental, Khamenei estime qu’il peut supporter les coûts de l’isolement international et assurer la survie du régime en poursuivant sa stratégie de répression intérieure et de terrorisme internationale. Il suffit donc d’un changement de politique pour lui prouver qu’il a tort.