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Irak: Appel à la retenue au camp d’Achraf alors que les forces gouvernementales se massent

Amnesty International  le 15 avril 2011

Amnesty International a mis en garde les autorités irakiennes contre toute action militaire inutile qui mettrait la vie des civils en danger, en plein milieu d’informations sur une escalade militaire dans un camp pour exilés iraniens au nord de Bagdad.

Amnesty International a reçu des informations sur de nouveaux mouvements de troupes et de constructions militaires se déroulant à l’intérieur du camp, quelques jours seulement après qu’une attaque contre le camp par les forces de sécurité irakiennes le 8 avril ait fait plus de 30 morts parmi les résidents du camp et de nombreux blessés.

«Les résidents du camp d’Achraf observent avec peur et inquiétude les troupes irakiennes qui semblent se préparer à un nouvel assaut contre eux et leurs foyers », a déclaré Malcolm Smart, directeur d’Amnesty International pour Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« Le gouvernement irakien ne doit pas laisser se répéter les attaques meurtrières de la semaine dernière et s’assurer que les forces irakiennes s’abstiennent de toute action militaire susceptible de menacer davantage la vie des civils. »

« Les forces irakiennes sont censées être stationnées au Camp pour protéger les habitants, pas pour les attaquer ou les intimider et limiter leurs déplacements. »

Le camp d’Achraf, situé dans la province de Diyala à environ 60 km au nord de Bagdad, abrite quelque 3.400 exilés et réfugiés iraniens, pour beaucoup membres et sympathisants des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), un groupe d’opposition iranien interdit en Iran.

Selon les porte-parole de l’OMPI, le 14 avril, plusieurs bataillons de génie irakiens ont complété un remblai de 6 kilomètres de long à l’extrémité nord de la route principale du camp d’Achraf.

Le remblai coupe le camp d’est en ouest et serait assez large pour permettre à des véhicules militaires de patrouiller sur toute sa longueur. Des tours de contrôle ont également été mises en place le long du remblai.

« Compte tenu de la nature et de la portée de ces nouvelles installations militaires, nous sommes très préoccupés par ce que les forces de sécurité irakiennes peuvent être en train de planifier », a déclaré Malcolm Smart.

« Une force excessive ne doit pas être utilisée contre des résidents du camp d’Achraf, qui ne sont pas armés et parmi lesquels il y a de nombreuses femmes et des enfants. »

Le 8 avril, 34 résidents du camp ont été tués lorsque les forces de sécurité irakiennes ont tenté de prendre davantage le contrôle du camp. Beaucoup de morts, six femmes et 28 hommes, sont morts de blessures par balles infligées par les forces de sécurité irakiennes faisant usage de balles réelles. D’autres semblent avoir été délibérément écrasés par des véhicules militaires.

Des responsables irakiens affirment que leurs forces ont pris des mesures pour réprimer une «émeute» dans le camp et démentent que leurs troupes aient ouvert le feu en dépit de preuves solides du contraire.

Le 14 avril, les autorités irakiennes ont libéré six hommes qu’elles avaient arrêtés pendant l’opération militaire du 8 avril. Peu de temps après leur libération, les hommes ont déclaré à Amnesty International qu’ils avaient été battus et menacés d’expulsion vers l’Iran au cours de leur détention. Parlant à Amnesty International depuis le camp le 14 avril, l’un des hommes a dit que des soldats irakiens étaient alors en train d’encercler le camp.

Amnesty International a appelé à plusieurs reprises les autorités irakiennes à ne pas expulser ou rapatrier les résidents du camp d’Achraf, dont certains sont des réfugiés qui seraient exposés au risque grave de torture et d’autres graves violations des droits humains, y compris l’exécution, s’ils devaient être renvoyés de force en Iran.

(traduction de l’original en anglais)

 

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