CNRI – « Je vous mentirais si je ne vous avouais pas ma tristesse profonde, quand j’ai été réveillé dimanche matin (1er septembre), quand j’ai vu les images de tous ces visages qui m’étaient si familiers… », a confié, ému, Paulo Casaca, ancien député européen le 6 septembre à Auvers-sur-Oise.
Il s’exprimait dans la cérémonie d’hommage aux 52 opposants iraniens assassinés au camp d’Achraf le 1er septembre par les forces irakiennes. Il était aux côtés de Maryam Radjavi, de personnalités et de centaines d’Iraniens et d’amis de la résistance.
« Et je dois naturellement parler de Hossein Madani. Hossein Madani était la personne qui était le visage d’Achraf pour tous les visiteurs. Il était aussi pour moi, il était beaucoup plus que ça. C’était lui, en 2004, la première fois où pour des raisons diverses je n’avais pas réussi à entrer, c’était lui déjà qui m’avait rattrapé dans le désert. C’était lui qui avait passé des nuits à me parler, à m’expliquer, à me faire comprendre des choses que moi-même, plus âgé que lui, je n’avais pas réussi à comprendre. Il était quelqu’un d’absolument exceptionnel, c’était une figure intellectuelle sans parallèle.
« Et je vous mentirais si je ne partageais pas avec vous la tristesse des familles, des mères, des fils, des pères et de tous les amis.
« Mais je vous mentirais aussi si je ne vous avouais pas que lorsque j’ai vu ces survivants, les 42, avoir le courage de prendre tout cela en main, que le lendemain, ils ont fait face aux gendarmes et aux policiers irakiens qui s’apprêtaient à les battre. Et ils étaient 42… Mais j’en suis sûr, s’il n’y avait eu qu’une seule femme iranienne, qu’un seul homme iranien, des Moudjahidine du Peuple, elle ou il aurait fait exactement la même chose.
« Mes chers amis, soyons clairs, il n’y a pas de gens aussi courageux, aussi déterminés, aussi valeureux que ces gens, ces Iraniens qui sont à Achraf et à Liberty. Leur force est énorme. Et nous avons le devoir d’avoir le courage d’affronter non seulement ces crimes terroristes d’État, mais aussi le courage d’affronter le mensonge, qui est peut-être la chose la plus difficile. Mais on doit en avoir le courage.
« Et je dois vous dire que vous tous, si vous allez à toutes les missions diplomatiques, soit à Genève, soit à Paris, soit à Berlin, n’importe où, aux journaux, si vous frappez à la porte des ministères publics de vos pays pour dire « J’ai une plainte à faire contre l’ambassade de ce pays, de l’Irak qui a promu un assassinat, l’ambassade de ce pays de l’Iran qui publiquement a revendiqué ces assassinats. J’ai une plainte à faire contre les États-Unis qui ont promis de protéger et qui n’ont rien fait. J’ai une plainte à faire contre les Nations Unies qui ont menti, qui ont dit des choses absolument invraisemblables. » Si vous le faites, comme mères, comme fils, comme maris, vous avez une force que personne ne sera capable de briser. Je suis sûr que vous y arriverez.
« On y arrivera. On ne sera jamais réduit au silence. On peut tuer une, deux, trois personnes, mais comme vous l’avez très bien dit, il n’est pas possible de tuer une idée. C’est absolument impossible. On réussira. »

