mercredi, février 8, 2023
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Il est temps de protester contre l’injustice faite au peuple iranien – Maryam Radjavi

CNRI – « Les gouvernements européens doivent répondre de leurs actes devant leur propre peuple. Pourquoi se soumettent-ils aux mollahs pour des intérêts économiques ? Les mollahs ont rejeté trois résolutions du Conseil de sécurité. L’UE, cependant, continue à poursuivre le dialogue avec les mollahs. Un dialogue sur quoi ? Pour que les mollahs aient plus de temps pour obtenir la bombe nucléaire ? », a demandé Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne lors d’une visite le 1 octobre à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à Strasbourg.

Voici le texte de son intervention devant le groupe PPE-DC qui l’avait invitée à venir s’exprimer :

Monsieur le Président,
distingués parlementaires,

Je suis enchantée d’être parmi les représentants des peuples d’Europe. Je vous remercie Monsieur le Président de me donner l’occasion de m’exprimer ici.

Les objectifs du Conseil de l’Europe représentent les véritables désirs des peuples européens: “Soutenir les droits de l’homme, l’état de droit et le pluralisme démocratique”. Je crois que tous les êtres humains partagent ces mêmes objectifs. Dans le monde aujourd’hui, ces valeurs sont indispensables à la paix et la sécurité.

Je voudrais vous parler aujourd’hui de ma patrie, l’Iran. Un pays avec une civilisation antique et une riche culture, mais enchaîné par une dictature religieuse. Pendant les 26 dernières années, 120.000 personnes ont été exécutées pour demander la liberté.

Depuis juillet, le régime a annoncé 170 exécutions, dont 30 % ont été effectuées en public. Pourquoi les victimes sont-elles pendues en public ? Les leaders du régime ne savent-ils pas que ces scènes vont attiser la colère publique ? Oui, ils le font, car ils en ont besoin pour survivre.

Monsieur le Président,
 
Nous sommes rassemblés à un moment des plus critiques. L’an dernier, en ces lieux, j’avais dit que le monde se trouve à un carrefour dangereux. D’une part, la dictature religieuse est sur le point d’obtenir la bombe atomique et de l’autre, il y a la possibilité qu’une guerre éclate dans la région.

J’avais dit que le danger de l’ingérence et du terrorisme des mollahs en Irak était cent fois plus dangereux que sa menace atomique.

J’avais mis en garde contre l’exportation de l’intégrisme, du terrorisme et des crises dans la région. Aujourd’hui je voudrais vous dire que la situation est bien plus critique. L’Irak est de facto occupé par le régime des mollahs.

Le régime iranien se trouve au coeur d’une crise de la région : bellicisme au Liban, chaos en Palestine et propagation du terrorisme en Afghanistan et l’incitation à la guerre civile, font tous partie de la même stratégie. Les mollahs ont été si encouragés qu’ils se disent prêts à remplir le vide en Irak. Le président du régime a dit récemment concernant la question nucléaire : « chaque fois que l’Iran a fait un pas en avant, les puissances étrangères ont fait un pas en arrière.”

Les gouvernements européens doivent répondre de leurs actes devant leur propre peuple. Pourquoi se soumettent-ils aux mollahs pour des intérêts économiques ? Les mollahs ont rejeté trois résolutions du Conseil de sécurité. L’UE, cependant, continue à poursuivre le dialogue avec les mollahs. Un dialogue sur quoi ? Pour que les mollahs aient plus de temps pour obtenir la bombe nucléaire ? Nous avons de nouvelle information comme quoi, tout en négociant, le régime des mollahs a construit de nouveaux sites clandestins.

Les gouvernements européens se trompent de penser que le régime iranien pourrait jouer un rôle constructif dans la région et dans le monde. Ils se trompent de penser qu’ils peuvent contenir le terrorisme et l’intégrisme des mollahs. Avec la politique de complaisance, ils préparent le terrain à une guerre catastrophique.

Je voudrais vous demander : quelles sont les options ? Faut-il accepter les mollahs armés de la bombe atomique comme le nouveau pouvoir régional ? Ou est-ce qu’une autre guerre catastrophique doit éclater dans la région ? L’intervention militaire étrangère n’est pas la solution de la crise iranienne.
Considérer la fermeté envers les mollahs comme du bellicisme ne revient qu’à répéter la propagande des mollahs et leur tromperie politique. Continuer à négocier avec les mollahs, ne leur donne que l’occasion d’acquérir la bombe atomique.

Dans mon discours de décembre 2004 au Parlement européen, j’avais dit : "Le monde ne doit pas avoir à choisir entre la complaisance et l’intervention militaire. Il y a une troisième voie, apporter un changement démocratique en Iran en s’appuyant sur le peuple iranien et sa résistance.

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

En plus de la répression impitoyable dans le pays, l’obstacle au changement en Iran, c’est la politique de complaisance de l’Europe. Cette politique résulte de trois facteurs : les intérêts économiques, l’incapacité de connaître la nature du régime et la croyance dans le mythe de la modération, et le rôle clé du peuple iranien et de sa résistance.

La reddition des gouvernements occidentaux devant l’exigence des mollahs d’inclure l’OMPI, la principale composante de la Résistance, dans la liste du terrorisme, est au coeur de cette politique. Cette étiquette permet au régime iranien de justifier l’exécution de ses opposants, mais surtout elle a enchaîné l’acteur principal du changement en Iran.

En décembre dernier, la Cour européenne de justice a annulé la décision du Conseil de l’Union européenne d’inclure l’OMPI dans la liste du terrorisme. Le Conseil a refusé d’appliquer le jugement de la Cour. La plupart des juristes éminents, comme Lord Slynn of Hadley, ancien juge à Cour européenne de Justice, ont estimé que ce maintien de l’OMPI dans la liste était illégal.

Maintenir aujourd’hui l’OMPI dans la liste est un crime contre le peuple iranien. C’est refuser au peuple iranien la chance d’un changement démocratique. Mais pas seulement ; les agents du régime iranien en Irak utilisent l’étiquette du terrorisme pour exercer davantage de pression sur les membres de l’OMPI résidant à Achraf en Irak. D’autre part, 5,2 millions d’Irakiens ont exprimé leur soutien à l’OMPI comme un barrage à l’intégrisme des mollahs.

Au Royaume-Uni, 35 membres des deux Chambres ont engagé une procédure judiciaire contre le ministre de l’Intérieur pour avoir proscrit l’OMPI. Pendant l’audience au tribunal, un responsable du ministère des Affaires étrangères a reconnu que “des considérations de politique étrangère ont joué une partie dans des décisions touchant la proscription de l’OMPI.” Il a ajouté que des ministres et des responsables iraniens avaient “choisi de discuter de l’OMPI avec leurs contreparties du Royaume-uni et d’autres Etats membres de l’UE en d’innombrables occasions”.

Des discussions sur quoi ? La répression de l’opposition sous prétexte de terrorisme ? L’Union européenne doit mettre fin à ce scandale politique.

Monsieur le Président,

Permettez-moi de citer un ou deux mots d’une de vos déclarations précédentes : “le Conseil de l’Europe est une communauté de valeurs, d’un peuple politiquement responsable qui ne peut pas rester silencieux quand il est temps de se prononcer, ni rester passif quand l’action est nécessaire.”

Monsieur le Président,

Aujourd’hui, ce moment est venu. Il est temps maintenant de parler contre cet accord honteux avec le régime des mollahs.

Il est temps maintenant de protester contre la violation de la loi et l’injustice faite au peuple iranien.

L’Union européenne doit respecter la loi et retirer l’OMPI de la liste du terrorisme. Des sanctions générales doivent être imposées au régime iranien. L’Europe doit se tenir aux cotés du peuple iranien et son désir de  paix et de liberté.

Je suis venue dans la Maison de la Démocratie en Europe pour chercher la fin de cette injustice contre le peuple iranien. Je vous de dénoncer cette violation de l’état de droit par le conseil de l’Union européenne. J’attends de vous de demander à l’UE d’appliquer le jugement prononcé par la cour.

Et finalement je voudrais dire que nous continuerons notre combat pour la démocratie et la paix, pour l’égalité des genres, pour éliminer la discrimination contre les minorités ethniques et religieuses, un combat pour mettre fin à l’intégrisme islamique et l’usage abusif de l’Islam.

Nous croyons en la séparation de la religion et de l’État. Nous avons déclaré que nous abolirons la peine de mort dans l’Iran de demain. Nous respecterons les conventions internationales. Nous croyons à l’économie de marché. Nous voulons un Iran non nucléaire. Nous voulons des relations avec tous les pays. Nous voulons un Iran libre et démocratique.

Dans cette voie, je recherche l’aide de tout le peuple épris de liberté et de vous tous.