mardi, novembre 29, 2022
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Gérard Deprez, membre du Parlement européen : la situation des droits de l’Homme se détériore en Iran malgré l’optimisme européen

Gérard Deprez, Membre du Parlement Européen : la situation des droits de l’Homme se détériore en Iran malgré l’optimisme Européen

Aucun accroissement commercial ni aucun accroissement économique ne peut compenser la souffrance et les pertes en vie causées par le régime brutal d’Iran. L’Occident doit exiger des changements avant d’approfondir ses relations avec Téhéran, écrit Gérard Deprez, un membre chevronné du Parlement Européen.

M. Deprez est vice-président du Mouvement Réformateur du Parti libéral belge et préside le groupe « Amis d’un Iran libre » au Parlement Européen.

Dans un article rédigé pour le journal Euractiv le vendredi 1er juillet, il a déclaré :

La semaine dernière, j’ai, avec 270 d’entre mes collègues du Parlement Européen issus de tous groupes politiques, comprenant 6 vice-présidents du Parlement, signé une déclaration conjointe décriant la situation des droits de l’Homme en Iran. Nous avons exhorté les gouvernements Européens à exiger des améliorations à cette situation avant d’étendre davantage leurs relations avec Téhéran, et exprimé notre préoccupation en ce qui concerne le nombre croissant des exécutions en Iran depuis que le soi-disant « modéré » président Hassan Rohani a pris fonction il y a 3 ans.

Dans ses derniers rapports à la Commission des droits de l’Homme de l’ONU, Dr Ahmed Shaheed, Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme en Iran, a souligné que près de 1000 personnes ont été mises à mort dans les prisons iraniennes pendant l’année 2015 seulement. Il a précisé que cela représente la pire période d’exécutions en 27 ans, au sein d’une nation qui exécute constamment plus de personnes par tête d’habitant que toute autre.

La tendance continue jusqu’à ce jour, même après la mise en œuvre de l’accord nucléaire iranien. Cela continue alors que certains politiciens Européens considèrent toujours l’administration Rohani comme modérée, et comme une source potentielle de réformes internes dans les mois et années à venir.

Les sources de l’opposition iranienne ont renchéri les statistiques de Shaheed en soulignant que le président Rohani a supervisé un total d’environ 2.500 exécutions au cours de ses trois années de mandat. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme axées sur l’Iran ont continué à signaler des exécutions au cours des dernières semaines et ont fait remarquer, par exemple, qu’au moins 73 personnes ont été pendues en mai, certains même devant des foules publiques où il y avait de jeunes enfants.

De tels spectacles brutaux ne sont que l’une des façons dont le régime iranien maintient son engagement envers des valeurs manifestement médiévales, indépendamment du fait que les observateurs Occidentaux maintiennent la surveillance et la pression sur le comportement de l’Iran ou font son éloge pour sa « modération.» Les mesures répressives contre les femmes et les minorités religieuses ont continué à s’intensifier. La déclaration conjointe des députés Européens met en relief non seulement la portée globale des exécutions, mais également le fait que l’Iran est premier au monde en ce qui concerne les exécutions de délinquants juvéniles. Les victimes des pendaisons iraniennes comprennent les prisonniers politiques condamnés de « crimes » comme « inimitié contre Dieu », qui ne consisterait en rien de plus que le fait d’offrir de l’argent aux médias liés à l’OMPI de l’opposition, ou par ailleurs de se prononcer contre les violations du régime.

Même ceux qui échappent à la corde pourraient être punis avec soit des peines de prison excessivement longues ou des formes de violence légalement mandatée qui pourraient être choquants pour toute personne civilisée. Selon le dernier rapport d’Amnesty International, les dirigeants fondamentalistes continuent de s’accrocher à la doctrine littérale du « œil pour œil » et ont très récemment exécuté des châtiments qui impliquent l’aveuglement des prisonniers ou l’amputation de leurs membres.

Les peines de flagellation ne sont pas seulement avidement infligées par les tribunaux révolutionnaires d’Iran ; ils semblent être de plus en plus populaires comme un des moyens pour tenter pour « corriger » le comportement d’une population rétive, en particulier les femmes, qui en ont ras-le-bol des codes vestimentaires islamiques imposés, une censure globale des médias, et la criminalisation de tout ce qui ressemble à la société occidentale. Vers la fin du mois de mai, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme a condamné « la flagellation scandaleuse de près de 35 jeunes hommes et femmes en Iran » qui avaient été arrêtés à une fête de remise de diplômes et presque immédiatement victimes de 99 coups de fouet chacun pour avoir enlevé leurs foulards et dansé avec le sexe opposé.

Pour ceux qui ont attendu des signes de réformes venant de l’intérieur du régime iranien, cette attente a sûrement assez duré. Les anciennes déclarations de modération ont été complètement contredites en paroles et en actes par le régime en général, et par l’administration Rohani en particulier. Les lois conduisant aux exécutions sus mentionnées et à la violence physique ont toutes été adoptées avec enthousiasme par le président iranien qui les a décrites comme « la loi de Dieu » et « les lois du Parlement, qui appartiennent au peuple.»

En réalité, le parlement iranien n’appartient à nul autre qu’à la théocratie au pouvoir en Iran. Les récentes victoires politiques de la faction de Rohani ne sont rien d’autre que des victoires d’une aile extrémiste sur une autre. Tous les réformistes authentiques ont été évincés de la course bien avant que les iraniens n’obtiennent une occasion pour peser sur l’avenir du pays. Et plus que cela, bon nombre des adversaires acharnés de la théocratie répressive et du fondamentalisme ont été entièrement évincés du pays depuis des années.

Le 9 Juillet, de nombreux législateurs d’Europe, des États-Unis, et du monde entier se joindront au rassemblement international de l’opposition iranienne à Paris sous la direction de Maryam Rajavi pour mettre l’accent sur notre engagement à soutenir l’aspiration du peuple iranien à un changement démocratique.

Notre message est que le peuple iranien ne peut se permettre les politiques Européenne et Américaine qui continuent d’éviter de mettre la pression sur le régime en ce qui concerne la situation des droits de l’Homme. Aucun accroissement économique ni aucun rapport commercial avec l’Iran ne peut compenser la souffrance et les pertes en vie qui persisteront si le régime est autorisé à consacrer sa nouvelle richesse aux mêmes vieilles violations des droits de l’Homme.

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