vendredi, janvier 27, 2023

Et pour l’Iran ?

Par Howard Dean et Tom Ridge

Fox News.com , 3 novembre – Mercredi, des démocrates et des républicains au sein de la commission des affaires étrangères de la Chambre ont unanimement approuvé des sanctions plus sévères à l’encontre de l’Iran, mentionnant le complot du régime visant à assassiner l’ambassadeur d’Arabie Saoudite sur le sol américain.

La dernière provocation iranienne signale une intensification alarmante chez un régime terroriste qui a été complice dans le meurtre de soldats américains par le biais de ses agents, les Talibans en Afghanistan et les radicaux chiites en Irak.

Que diable pouvons-nous attendre d’autre de la part du régime sauvage des mollahs ?

En un mot, le massacre total de 3400 opposants iranien sans armes que le gouvernement américain avait juré de protéger… une catastrophe humanitaire qui menace et que nous sommes tenus par l’honneur d’empêcher.

Il n’y a aucun doute que ce 31 décembre sera spécifiquement joyeux cette année ; un moment où les familles, à travers notre pays, pourront accueillir à la maison les derniers fils et filles restés se battre courageusement en Irak.

Mais le 31 décembre marquera également la fin du délai illégal et arbitraire imposé par le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, à la demande de Téhéran, pour la fermeture du camp d’Achraf et la dispersion de ses résidents à travers le pays – où ils peuvent être torturés et tués en silence, loin des yeux de la communauté internationale. Ceci constitue difficilement la conclusion « réussie » d’une intervention militaire de neuf ans en Irak que les Américains voudront se rappeler – ou que le président américain voudra brandir comme sa légitimité dans une difficile campagne de réélection.

Le camp d’Achraf, en Irak, abrite les membres de l’OMPI qui sont des « personnes protégées » en vertu de la Convention de Genève. L’OMPI est le principal mouvement d’opposition iranien et il s’est engagé pour un changement de régime non-violent et un avenir iranien démocratique et sans nucléaire.

Ces 25 dernières années, cette communauté a transformé Achraf d’une étendue de terre aride en une ville moderne, pleine de vie, avec des universités, des bibliothèques et des centres de convention, des parcs, des piscines et des complexes sportifs. Les mollahs en Iran considèrent l’OMPI comme une menace existentielle et ont juré d’anéantir ses membres dans le camp d’Achraf à tout prix.

En 2004, les États-Unis ont donné à chacun d’eux, chaque homme, femme et enfant vivant dans le camp d’Achraf, une garantie écrite de protection jusqu’à ce qu’ils puissent être réinstallés en toute sécurité. Mais depuis le début de 2009, lorsque les États-Unis ont remis le camp aux Irakiens, Achraf est assiégé de manière asphyxiante. Les résidents sont soumis à la torture psychologique et privés des besoins élémentaires dont l’accès aux soins médicaux.

Par deux fois – en juillet 2009 et en avril 2011 – les résidents sans défense d’Achraf ont été sauvagement attaqués par les troupes irakiennes agissant sur ordre de Téhéran. Le résultat a été [en avril] de 36 morts, dont huit femmes, et plus de 300 blessés. Or les troupes américaines étaient dans le pays ! Imaginez ce qui arrivera lorsque la présence militaire américaine en Irak sera terminée.

Cherchant à étendre son influence dans la région, l’Iran exploitera très certainement la décision du président Obama de quitter l’Irak sans aucune présence militaire américaine. Et l’opportunité de forger une alliance plus profonde avec l’Irak trouvera un partenaire enthousiaste en Nouri al-Maliki qui se moque d’une indignation internationale à l’encontre de ses actions par rapport au camp d’Achraf.

Dans un événement inquiétant en début de semaine, des unités de l’armée et de la police irakiennes sont entrées dans le camp d’Achraf à bord de blindés et de camions aux environs de minuit, faisant hurler leurs sirènes et brandissant leurs armes dans une tentative délibérée d’intimider et de terroriser les résidents.

Les précédentes attaques de Maliki contre le camp d’Achraf ont été condamnées sans ambages par le secrétaire d’État, le ministère des affaires étrangères du Royaume Uni, le haut représentant de l’Union européenne, le Congrès américain, le haut commissaire aux Nations Unies pour les droits de l’homme, et des groupes internationaux de droits de l’homme comme Amnesty International.

Le président de la commission des relations étrangères du Sénat, John Kerry, a décrit le raid comme un « massacre », appelant à une enquête approfondie et indépendante, et soulignant que les Irakiens doivent s’abstenir de nouvelles actions militaires contre le camp d’Achraf.

Lorsque, très peu de temps après, le Parlement européen a proposé une solution à long terme et pacifique à la crise dans laquelle les résidents d’Achraf seraient pacifiquement évacués et réinstallés dans les États membres de l’Union européenne et d’autres pays (dont les États-Unis), le ministère des Affaires étrangères irakien a empêché une délégation du Parlement européen de se rendre dans le camp.

En juin, une haute délégation bipartite de la commission des Affaires étrangères de la Chambre s’est également rendue à Bagdad pour voir le camp d’Achraf et enquêter sur le massacre du 8 avril. Les membres du Congrès ont rencontré le premier ministre irakien Nouri al-Maliki. Là encore, l’accès au camp a été refusé. La délégation a alors tenu une conférence de presse dans l’ambassade américaine après cette rencontre et qualifié le raid contre Achraf de « crime contre l’humanité ».

La nécessité d’une intervention des États-Unis, de l’Union européenne et des Nations Unies est urgente. Les contribuables américains, qui financent 27% du budget de l’ONU pour le maintien de la paix, devraient demander que l’organisation internationale déploie immédiatement les forces de casque bleu pour protéger des hommes, des femmes et des enfants sans armes dans le camp d’Achraf.

Dans son discours du Caire en 2009, le président Obama avait promis un nouveau chapitre dans les relations américaines avec le monde musulman. Ne vous y trompez pas, l’inaction américaine face à un massacre du style de Srebrenica au camp d’Achraf laissera une tache indélébile sur les relations des musulmans avec les États-Unis – une tache qui ne sera pas facile à oublier ni à pardonner dans le monde musulman.

L’amendement à la loi de la diminution de la menace de l’Iran de 2011 qui a été unanimement adopté hier par la commission des Affaires étrangères de la Chambre appelle l’administration Obama à faire pression sur l’Irak pour assurer la sécurité des résidents du camp, empêcher leur retour forcé en Iran, et retarder la fermeture du camp jusqu’à ce que le haut commissaire aux Nations Unies pour les réfugiés puisse les réinstaller dans un autre pays.

Les États-Unis ont clairement un devoir moral et légal de tenir les promesses qu’ils ont faites aux résidents du camp d’Achraf en Irak. Agir autrement serait donner une victoire à l’Iran, nuirait sérieusement à la crédibilité américaine à travers le monde et mènerait à un désastre humanitaire qui doit être empêché.

Howard Dean est l’ancien gouverneur démocrate du Vermont. Il a été président du parti démocrate de 2005 à 2009. Tom Ridge est l’ancien gouverneur républicain de la Pennsylvanie. Il a été le premier secrétaire à la Sécurité du territoire dans l’administration du président George W. Bush.

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