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Ed Rendel : il n’est pas trop tard pour juger les auteurs du massacre de 1988 en Iran

« Ce massacre de 1988 doit être examiné et jugé. Les responsables doivent être traités de la même façon que les nazis, et nous n’accepterons rien de moins », a déclaré Ed Rendel, Ed Rendell, président de la Convention du Parti démocrate américain en juillet 2016.

Il intervenait au côtés de Bernard Kouchner, ancien ministre français des AE dans un colloque de la diaspora iranienne d’Europe, le 3 septembre dernier. Ce rassemblement extraordinaire intervenait à l’occasion du lancement d’une mobilisation générale pour réclamer justice pour les victimes du massacre de 1988 en Iran.

L’ancien président du Parti démocrate américain a déclaré :

« En écoutant parler l’ancien ministre des Affaires étrangères, M. Kouchner, cela m’a rappelé la façon dont les pays du monde ont tourné leur dos, non seulement aux violations des droits de l’homme en Iran, mais au combat de l’OMPI. J’ai rejoint la cause en juillet 2010, en tant que sénateur, lors du second massacre à Ashraf. Et cela fait 6 ans maintenant, que nous essayons de notre mieux, avec nos collègues, d’aider l’OMPI à quitter le camp Liberty, et d’être rapatrié vers d’autres pays. Nous avons réussi de justesse à persuader la secrétaire d’État Clinton d’enlever l’OMPI de la liste des organisations terroristes. Une organisation terroriste ? Est-ce que quelqu’un était au courant du massacre de 1988 pour appeler l’OMPI une organisation terroriste ? C’est une honte internationale.

Ce silence est tragique, car il y a tellement de points communs entre ce pour quoi l’OMPI a combattu et ce pourquoi les patriotes américains originels ont combattu. Je pensais au commentaire fait à propos de l’OMPI disant que c’est une école de pensée, une logique. Et on ne peut pas tuer une idée en tuant des gens. Ces gens sont debout pour un idéal. La plupart des révolutions, telles que la Révolution française ou la révolution russe, la plupart des révolutions sont initiées par les oppressés. Les oppressés sont les meneurs de la révolution. Ils se battent pour leurs vies, pour leur liberté, et pour prendre soin de leurs familles. La plupart de ces révolutions sont dus à des problèmes économiques. Et ce sont les oppressés qui mènent la révolution.

Pensez à la révolution américaine. Que dit notre Déclaration d’indépendance ? « Nous engageons mutuellement nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l’honneur. » Combien de révolutionnaires dans l’histoire du monde avaient des fortunes ? Mais les patriotes américains qui se sont réunis à Philadelphie en 1776 étaient les plus riches des colonies, étaient les plus puissants des colonies, et faisaient partie de la « landed gentry » des colonies, et ils connaissaient les enjeux. Quand John Hancock a signé la Déclaration, il était le président du second Congrès continental… et si vous regardez la Déclaration, sa signature est trois ou quatre fois plus large que celle des autres membres. Il a signé le premier. Et lorsqu’il fit cela, un des membres lui demanda : « John, pourquoi avez-vous signé aussi gros ? Pourquoi votre signature est-elle si large ? » Il répondit : « Afin que le roi Georges III puisse la voir et me pendre le premier. »

Ils connaissaient les enjeux. Ils ont engagé leurs vies pour un idéal. Et cet idéal était la liberté. La liberté religieuse, face à l’oppression, face aux impôts sans représentation. C’était un idéal. Et le nôtre, celui fondé par notre beau pays, le même pour lequel vous vous battez depuis si longtemps, et pourtant on commence à peine à faire des progrès. Vous vous battez depuis 51 ans.

L’OMPI a été fondée il y a 51 ans, afin d’amener la liberté et la tolérance dans votre pays. M. Kouchner a raison. Il n’y a pas assez de protestations. Lorsque je me suis rapproché de l’OMPI, le Département d’État m’a indiqué qu’il n’y avait que 2000 partisans de l’OMPI dans le monde. Puis je suis venu à Paris en juillet, et j’ai parlé devant 110 000 personnes. J’ai envoyé une photo au Département d’État.

Où est l’indignation ? Le 1er septembre, nous avons célébré le 5ème anniversaire du massacre d’Achraf. Et vous savez ce qui s’est passé. En tant qu’alliés américains nous avons convaincu Madame Radjavi et les résidents d’Achraf d’aller au camp Liberty, car Liberty était censé être une solution temporaire, et en quelques mois, les gens devaient être envoyés dans d’autres pays. Une solution temporaire. Comme convenu, 100 personnes devaient rester sur place afin de garder les lieux et les biens qui ne pouvaient être emmenés, tout ce qui avait de la valeur, et serait vendu plus tard afin d’aider les familles financièrement lors que leur réinstallation. 51 personnes furent tuées sans pitié dans ce massacre, dont 6 femmes. Et si vous avez vu les photos des gens visés dans la tête – nous avons les corps sur les photos – c’était bouleversant. Nous avons envoyé les photos au Département d’État, presque rien n’a été fait, à part une déclaration condamnant ce massacre.

Madame Radjavi nous a emmené avec les intervenants étrangers, visiter le jardin au siège du CNRI. Les histoires affichées sont effrayantes. Complètement effrayantes. Vous regardez ces visages, ils sont tous si jeunes. A Ashraf et Liberty, il y avait des personnes plus âgées, mais si vous regardez les visages des représentants des 30 000 tués, ils sont si jeunes ; ils avaient leur vie devant eux, et ils ont eu le choix de continuer à vivre en quittant l’OMPI. Mais ils sont restés.

M. Kouchner a dit qu’il n’était pas trop tard pour agir. Certains diront qu’après 28 ans, c’est trop tard. Mais il n’est pas trop tard ! Les nazis ont été jugés très longtemps après, et ils ont eu leur jugement, bien après 28 ans. Il n’est pas trop tard. En particulier lorsque ceux qui contrôlent le gouvernement iranien ont une responsabilité directe avec les faits. Ceci est un test. C’est un test pour la France, c’est un test pour le Royaume-Uni, c’est un test pour les États-Unis, c’est un test pour l’Allemagne et tous les pays du monde qui disent se battre pour les droits de l’homme.

Ce massacre doit être examiné et jugé. Les responsables doivent être traités de la même façon que les nazis, et nous n’accepterons rien de moins. Et maintenant, que faisons-nous ? Vous qui habitez dans les pays européens, vous devez agir plus.

Est-ce que 2700 pendaisons et exécutions depuis que Rohani est aux affaires est un signe de modération ? 4500 personnes sont dans le couloir de la mort. L’Iran exécute plus de personnes que tous les pays du monde réunis. C’est ce qu’on appelle modération ? Qu’est-ce qui serait plus fâcheux que d’entendre que l’actuel ministre iranien de la Justice était un membre de la « commission de la mort en 1988 ? » Le ministre de la justice ! Nous devons instaurer une campagne dans nos pays, avec nos médias pour leur faire comprendre que ce régime n’est pas modéré.

L’un des bénéfices supposés du contrat nucléaire entre l’Iran et les États-Unis était que l’économie reprendrait une fois les embargos levés, et que le niveau de vie s’améliorerait. Rien ne s’est produit. Les citoyens iraniens n’ont pas bénéficié de la levée des sanctions. Nous avons beaucoup de travail devant nous. Et avec de la chance nous obtiendrons une réponse des chefs d’état des pays du monde. Mais nous devons continuer et insister.

On ne peut pas reculer. Comme l’ancien ministre français des Affaires étrangères l’a dit, nous ne pouvons pas laisser les manifestations se réduire, nous ne pouvons pas diminuer la pression sur nos représentants, ni sur les médias. Nous n’arrêterons pas tant que l’Iran ne sera pas libre. Il y a une seule façon par laquelle la liberté viendra au peuple d’Iran, et c’est par le changement de régime.