
L’appareil clérical de Téhéran se désagrège rapidement sous la pression de crises qui se cumulent, poussant le pays vers un soulèvement appelé à être bien plus radical et décisif que les troubles de janvier 2026. Le régime doit faire face simultanément à un effondrement économique catastrophique, à une population civile de plus en plus combative et à des luttes intestines sans précédent. Alors que les institutions étatiques ne parviennent plus à fournir les biens de première nécessité, la population iranienne délaisse la revendication de réformes systémiques pour s’organiser activement en vue d’un changement total de régime.
Au cœur de cette explosion imminente se trouve une spirale économique mortifère incontrôlable. Selon le Centre de statistiques d’Iran, l’inflation des prix alimentaires a atteint le chiffre vertigineux de 135 % en glissement annuel en juin 2026, ce qui signifie que les prix des denrées alimentaires ont été multipliés par près de deux fois et demie par rapport à l’année précédente. L’inflation annuelle globale a atteint 62 %, plaçant l’Iran juste derrière le Venezuela et le Soudan dans le classement mondial de l’inflation. La Banque centrale d’Iran a été contrainte d’imprimer de la monnaie sans contrepartie pour combler des déficits budgétaires massifs causés par l’effondrement des revenus pétroliers ; il en a résulté une augmentation de 53 % de la masse monétaire, reportant directement le fardeau des sanctions sur les citoyens ordinaires. Par ailleurs, le journal *Donyaye Eghtesad* a rapporté qu’un foyer moyen de quatre personnes consacre désormais environ 77 % de ses revenus à la seule acquisition de denrées alimentaires essentielles.
Cet effondrement économique a frappé les femmes iraniennes avec une violence particulière, provoquant leur exclusion forcée du marché du travail. L’agence de presse étatique ILNA a signalé que le taux d’activité économique des femmes a chuté de 17 % à seulement 12 % au cours de l’année écoulée, en grande partie en raison de suppressions d’emplois systémiques découlant d’une vision traditionnelle jugeant l’emploi féminin « non essentiel ». Entre les hivers 2025 et 2026, 200 000 emplois occupés par des femmes ont disparu. À cela s’ajoute le fait que les coupures d’Internet imposées par l’État ont démantelé le marché numérique — notamment l’enseignement en ligne et le commerce virtuel — transformant la censure d’Internet en une perte totale de revenus pour les femmes qui dépendaient du travail indépendant en ligne.
Lutte intestine autour des négociations avec les États-Unis
Le besoin désespéré de remédier à l’asphyxie économique a déclenché de violentes luttes intestines au sein des hautes sphères du régime, en particulier concernant les négociations avec les États-Unis. Dans le contexte des pourparlers nucléaires avec Washington, les factions extrémistes ont rejeté avec véhémence toute possibilité d’engagement. Le 26 juin 2026, le média d’État KhabarOnline a publié une attaque virulente du député Mahmoud Nabavian contre l’équipe de négociation du régime, affirmant : « Tenir des séances de négociation alors que l’autre partie continue de violer ses engagements manque de justification rationnelle, enhardira l’ennemi et transformera la victoire de l’Iran dans la guerre en une défaite. »
Cette lutte de pouvoir met en lumière la manière dont les deux factions rivales exploitent activement les déclarations de Mojtaba Khamenei pour servir leurs positions opposées. Gholam-Ali Haddad-Adel, figure influente du régime, a publiquement défendu les pourparlers le 25 juin 2026, arguant que Mojtaba avait explicitement autorisé des discussions directes. Mettant en garde les voix dissidentes, Haddad-Adel a déclaré : « Lui-même [le Guide suprême] dit : « J’ai donné l’autorisation »… il est clair que vos critiques ne sont pas alignées sur l’opinion du Guide de la Révolution. »
Parallèlement, les retombées géopolitiques continuent de pénaliser la population. Le 23 juin 2026, le ministre de l’Industrie, des Mines et du Commerce a admis que la stratégie du régime visant à perturber le commerce maritime dans le détroit d’Ormuz avait contraint le pays à recourir en urgence à des corridors terrestres. Cet échec logistique a entraîné une flambée des coûts de transport, dont la charge financière a été directement répercutée sur les consommateurs iraniens sous la forme de prix exorbitants pour les marchandises.
Une population qui se radicalise et exige un changement radical
Alors que l’élite au pouvoir se déchire, la population délaisse la désobéissance civile au profit de l’affrontement militant. Au matin du 27 juin 2026, des insurgés armés ont lancé une attaque coordonnée contre un poste de contrôle de sécurité sur l’axe Baneh-Saqqez, …laissant au moins sept membres des forces de sécurité morts ou blessés, comme l’a confirmé le diffuseur public officiel IRIB.
Parallèlement, la contestation civile s’intensifie face aux mesures draconiennes de l’État. Le 27 juin 2026, à Téhéran, Karaj et Borujerd, des étudiants et des doctorants ont bravé un important dispositif de sécurité pour protester contre de sévères sanctions disciplinaires — notamment des exclusions prononcées par contumace — en scandant : « L’étudiant meurt mais n’accepte pas l’humiliation ». Deux jours plus tôt, le 25 juin 2026, des agriculteurs de Garmsar et d’Aradan s’étaient mobilisés contre des pénuries d’eau dévastatrices et la destruction de leurs cultures ; l’un des manifestants a alors déclaré : « Aujourd’hui, Garmsar et Aradan incarnent Karbala. Un groupe d’agresseurs nous a coupé l’eau… Le message fondamental de l’Achoura est l’exigence de justice ».
Le régime voit ses options de survie s’épuiser rapidement. Entre la pauvreté galopante, l’effondrement des infrastructures de base — à l’instar de la coupure d’eau de six jours à Bomehen — et une direction profondément divisée, toutes les conditions sont réunies pour une rupture structurelle majeure. La contestation généralisée qui gagne les milieux étudiants, les secteurs agricoles sinistrés et les zones urbaines marginalisées indique clairement que le prochain soulèvement national ne remettra pas seulement en cause telle ou telle politique de l’État, mais l’existence même du système clérical.

