dimanche, juin 16, 2024
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Les médias iraniens alertent sur les conséquences de la crise économique

Les médias iraniens alertent sur les conséquences de la crise économique

La confluence des crises économiques auxquelles l’Iran est confronté et ses conséquences désastreuses pour le pouvoir en place, continuent de contraindre les médias d’État et les responsables à discuter ouvertement de la détérioration de la situation et à émettre de sévères avertissements avant qu’il ne soit trop tard. Ces aveux contrastent fortement avec le récit de stabilité économique présenté par le gouvernement d’Ebrahim Raïssi.

Ahmad Hatami Yazdi, un expert affilié à l’État, a évoqué la « vague d’inflation sévère » lors d’un entretien avec Khabar Online le 22 avril : « La situation a conduit à une augmentation de la pauvreté et de la misère dans la société et a divisé la communauté en deux classes : les pauvres et les très riches. »

Yazdi a ensuite expliqué la gravité du déclin économique : « Malheureusement, au cours des quatre dernières décennies, la valeur de la monnaie nationale iranienne a diminué de 10 000 fois. C’est en réalité la baisse du pouvoir d’achat pour la population. »

Yadollah Faraji, un militant syndical, a pour sa part souligné la disparité des niveaux de vie: « Lorsque le seuil de pauvreté dépasse 30 millions de tomans, les retraités avec seulement 10 millions peuvent à peine survivre, et même avec 15 millions, ils ne peuvent pas vivre un demi-mois. »

Citant les statistiques du régime, l’économiste Farshad Momeni a révélé la réalité stupéfiante de la pauvreté en Iran. Il a déclaré le 25 avril : « 89 % de la population pauvre d’Iran sont des travailleurs actuels ou anciens. Ce chiffre est alarmant ! Cela signifie qu’ils ne sont pas au chômage mais qu’ils occupent des emplois qui ne leur permettent pas de répondre à leurs besoins fondamentaux en termes de revenus. »

Momeni s’en est également pris à Ebrahim Raïssi : « Nous voyons la vieille rhétorique du président sur les réseaux sociaux, où il veut ridiculiser le gouvernement précédent et s’adresse à l’ancien gouvernement en disant : ‘Vous avez fait quelque chose qui a amené le dollar à atteindre 5 000 tomans’. Mais maintenant, quel est la valeur de la monnaie nationale ? »

Il a mis en garde contre les perspectives désastreuses qui nous attendent : « Dans ces circonstances, des défis, bien au-delà de ce que l’on imagine actuellement, vont surgir. Ils disent que cette tendance indique un enfoncement dans un bourbier. »

Parallèlement, le site Internet public Asr-e Iran a mis en garde contre une flambée de l’inflation dans son édition du vendredi 25 avril : « En l’an 1403 (mars 2024-mars 2025), ne vous attendez pas à une baisse des prix des devises ou des taux d’inflation. La croissance économique n’augmentera pas non plus. Les forces qui accélèrent la croissance des liquidités sont toujours actives dans l’économie iranienne. Notre économie est plongée dans une spirale inflationniste très dangereuse et des chocs externes tels que les fluctuations monétaires ou les conflits régionaux peuvent transformer le cauchemar de l’hyperinflation en réalité.»

D’autre part, il y a eu les recommandations de la Société des eaux et des eaux usées de la province de Téhéran, exhortant les citoyens à stocker un minimum de 75 litres d’eau par personne en prévision d’un « rationnement de l’eau » imminent dans les mois à venir, en raison du vieillissement du réseau d’eau à Téhéran et une diminution de 10% des précipitations par rapport à l’année dernière. »

En outre, les médias d’État ont fait état de la crise persistante de la hausse des prix des loyers sur le marché du logement, annonçant une augmentation des loyers de 42 % pour l’année en cours par rapport au même mois de 1402 (mars 2023-mars 2024).

Le journal « Donya-e-Eqtesad » a commenté cette tendance, affirmant que l’inflation mensuelle est toujours en hausse et que le coût de la location d’une maison dans le pays a augmenté de 1,7% par rapport à la fin de l’année dernière.

Les aveux des médias et des responsables iraniens constituent une reconnaissance brutale des obstacles économiques, marquant un changement notable par rapport au récit habituel de prospérité propagé sous le gouvernement Raïssi. Alors que l’Iran lutte contre l’inflation, la pauvreté, la hausse des prix et le déclin des infrastructures, le guide suprême du régime fait preuve de persévérance dans le maintien de sa politique controversée, en s’appuyant principalement sur une stratégie vieille de plusieurs décennies : réprimer le mécontentement.