lundi, juillet 22, 2024
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Iran : Hausse des prix et crise économique sur fond de manœuvres politiques

Le Centre des indices économiques iranien a signalé une hausses substantielles des prix de divers produits alimentaires essentiels par rapport à la même période de l’année dernière.

L’une des augmentations les plus notables est la hausse de 90 % du prix du thon en conserve, qui est passé de 44 000 tomans à 84 616 tomans pour une boîte de 180 grammes. De même, le prix des raisins secs a grimpé de 67%, passant de 115 000 tomans à 217 000 tomans le kilo. Le prix d’une boîte de 450 grammes de lait en poudre a également connu une augmentation significative, passant de 66 000 tomans à 110 000 tomans, tandis que le prix des champignons est passé de 75 000 tomans à 123 000 tomans par kilogramme.

Ces fortes augmentations s’inscrivent dans une tendance plus large à la hausse des prix des denrées alimentaires, le Centre statistique soulignant que les prix de diverses légumineuses ont également connu de fortes hausses. Par exemple, le prix des haricots pinto a augmenté de 29 % pour atteindre environ 107 000 tomans par kilogramme, tandis que celui des haricots rouges a grimpé de 50 %, dépassant les 100 000 tomans par kilogramme. Les lentilles et les pois cassés ont également connu des hausses de prix significatives de 35,4% et 32,8% respectivement, atteignant 90 000 tomans et 85 000 tomans par kilogramme.

En plus de ces chiffres, les données du centre révèlent que l’inflation des produits alimentaires et des boissons a atteint plus de 45 % en février 2024, la viande rouge étant en tête avec un taux d’inflation stupéfiant de 93 %. Cette poussée a contribué à ce que le taux d’inflation annuel global pour cette catégorie dépasse le taux d’inflation total moyen.

Alors que les prix des denrées alimentaires montent en flèche, le régime iranien profite du simulacre d’élections à venir pour détourner l’attention de ces crises économiques. Le guide suprême Ali Khamenei et les médias d’État ont largement fait la promotion de l’élection, éclipsant les graves problèmes de moyens de subsistance qui ont conduit à un mécontentement généralisé du public. Les réseaux sociaux sont devenus une plateforme permettant aux citoyens d’exprimer leurs frustrations, se moquant souvent de la propagande électorale.

Un rapport du journal public Iran Dideban du 2 juin souligne que les prix de l’agneau ont de nouveau augmenté, ce qui en fait actuellement l’aliment le plus cher. De plus, les prix des produits de base tels que les nouilles, le riz et les produits laitiers, ainsi que 22 autres produits alimentaires, ont connu une hausse ce mois-ci.

Le même jour, le site Internet officiel Entekhab a rapporté qu’en raison de la réduction du pouvoir d’achat, la consommation par habitant de lait et de produits laitiers en Iran a chuté à la moitié des normes mondiales.

Au-delà de la hausse du coût de la nourriture, les prix de l’immobilier continuent de peser sur la population. Cette pression économique est aggravée par la stagnation des salaires et une inflation persistante. Ajoutant l’insulte à l’injure, le régime vante fréquemment l’héritage de l’ancien président Ebrahim Raisi, connu pour sa politique dure, ce qui irrite encore davantage les Iraniens.

La détresse économique et les manœuvres politiques ont accru la colère du public, de nombreux citoyens nourrissant des sentiments révolutionnaires alors qu’ils comprennent qu’il n’y a pas d’autre voie qu’un changement radical.