dimanche, novembre 27, 2022
AccueilActualitésActualités: NucléaireDécouverte d’uranium hautement enrichi dans une usine en Iran

Découverte d’uranium hautement enrichi dans une usine en Iran

Découverte d’uranium hautement enrichi dans une usine en IranDe Elaine SCIOLINO

The New York Times, 31 août – (Extrait) L’agence de surveillance nucléaire mondiale a renforcé jeudi les suspicions autour du programme nucléaire de l’Iran, annonçant que les inspecteurs avaient découvert de nouvelles traces d’uranium hautement enrichi dans une usine iranienne.

Les inspecteurs avaient trouvé à deux reprises dans le passé de l’uranium tel que celui-ci, dont le niveau d’enrichissement permettrait d’alimenter des bombes. L’Agence internationale de l’Energie atomique a conclu qu’au moins certains de ces échantillons provenaient d’équipements contaminés que l’Iran avait obtenu auprès du Pakistan.

Mais dans ce cas, les empreintes nucléaires des particules ne correspondent pas aux autres échantillons, a affirmé une personne au fait des inspections, remettant ainsi en question leur origine.

Dans son rapport de six pages remis jeudi au Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’agence n’a su préciser d’où venaient ces particules et si elles avaient un lien avec un programme nucléaire secret.

L’Iran affirme que son programme nucléaire a pour unique objectif la production d’énergie, qui nécessite de l’uranium enrichi à un degré bien plus bas que l’échantillon décrit dans le rapport.

Sans surprise, le rapport confirme que l’Iran continuait de produire de l’uranium enrichi, mais uniquement à petite échelle et à un degré relativement faible, dans sa vaste usine de Natanz.

La fin de l’ultimatum du Conseil de Sécurité pour que l’Iran gèle ses activités liées à l’enrichissement était fixée à jeudi. Le refus de l’Iran de se soumettre signifie qu’il risque une action punitive, probablement des sanctions économiques et politiques, imposées soit par le Conseil dans son intégralité, soit par un groupe plus petit de pays menés par les Etats-Unis.

Dans un discours à la convention nationale de l’American Legion à Salt Lake City, le président Bush a répété son avertissement au gouvernement iranien, déclarant que la guerre au Liban et le soutien de l’Iran au Hezbollah « révélaient on ne peut plus clairement que le monde faisait désormais face à une menace grave provenant du régime clérical d’Iran ».

Il a conclu, tout en affirmant qu’il était engagé à trouver une solution diplomatique au conflit avec l’Iran : « l’attitude de défi de l’Iran ne doit pas rester sans conséquences et nous ne devons pas permettre à l’Iran de développer l’arme nucléaire ».

Le chef de la politique étrangère de l’Union Européenne, Javier Solana, et le négociateur nucléaire de l’Iran, Ali Larijani, doivent se rencontrer en Europe la semaine prochaine pour une ultime tentative de trouver une solution à cette impasse. Ensuite, les grandes puissances mondiales vont se réunir en Europe afin de discuter du cas de l’Iran. Mais la Russie et la Chine sont contre les sanctions et l’Iran fait fi de toutes les menaces, jurant de continuer ses activités nucléaires tout en demandant à négocier.

Comme dans le passé, l’agence nucléaire a dépeint une image confuse et incomplète de l’état d’évolution du programme nucléaire iranien, soulignant les obstacles rencontrés par les inspecteurs dont l’accès aux sites nucléaires iraniens leur a été refusé plus tôt cette année.

D’un côté, le rapport indique clairement que, comme la personne au fait des inspections l’a déclaré, « les inspecteurs n’ont découvert aucune preuve concrète de la nature militaire du programme nucléaire iranien ».

D’un autre côté, le rapport rappelle la confusion, les réponses évasives, la divulgation partielle d’informations et la coopération minimale avec l’agence selon les obligations internationales de l’Iran et donne le détail de nouvelles activités suspectes.

Depuis février, lorsque l’agence a renvoyé le dossier de l’Iran devant le Conseil de Sécurité, l’Iran a réduit de manière drastique l’accès aux inspecteurs internationaux. Cette décision a limité voire bloqué les inspections de centaines de sites atomiques, programmes et personnel du pays, le résultat étant plus d’incertitude et moins d’informations concernant les progrès de l’Iran dans la manipulation de l’uranium et du plutonium, éléments essentiels pour la production d’électricité comme pour la fabrication de bombes.

L’élément le plus notable dans le rapport est la découverte de particules d’uranium hautement enrichi dans un conteneur dans une usine de stockage de déchets à Karaj, près de Téhéran.

Les particules ont été prélevées sur le conteneur pour des tests il y a un an, mais l’agence n’a obtenu les résultats il y a seulement quelques semaines en raison de la capacité limitée de son laboratoire de contrôle.

Fin 2003, la découverte de traces d’uranium hautement enrichi en Iran avait provoqué l’inquiétude de la communauté internationale quant aux intentions nucléaires du pays et soulevé des questions sur la provenance de cette matière. L’autre découverte de matière radioactive plus tôt cette année n’a fait que redoubler les craintes.

Mais la révélation de jeudi est différente, selon les diplomates. « C’est le premier cas n’ayant aucun lien connu », a déclaré un diplomate européen dont l’identité ne peut être révélée en raison des règles diplomatiques. « Mais nous devons être prudents parce qu’avec le temps, on peut trouver une explication convaincante à ces choses, tout du moins en théorie. »

Robert Joseph, sous-secrétaire d’Etat pour le contrôle des armes et la sécurité internationale, a parlé avec prudence de cette nouvelle découverte, mais a affirmé « Nous devons rester préoccupés par le fait que l’Iran est peut-être en train de conduire des expériences et d’entreprendre la construction de machines centrifugeuses dans le dos des inspecteurs de l’AIEA ».

L’uranium hautement enrichi, contenant 80 pourcent de l’isotope d’uranium-235, élément rare, est considéré comme étant capable d’alimenter une bombe et de constituer le cœur de l’arme nucléaire.

L’Iran affirme que son programme atomique a pour objectif d’enrichir de l’uranium à un niveau inférieur à 5 pourcent pour la production d’électricité nucléaire, mais les Etats-Unis qualifient cet effort de couverture pour l’acquisition d’un arsenal nucléaire.

L’agence a écrit à l’Iran demandant une explication sur l’origine de ces particules hautement enrichies, mais n’a reçu aucune réponse.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe