
GENEVE (le 9 janvier 2017) – Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme en Iran, Mme Asma Jahangir, a exprimé aujourd’hui son inquiétude face à la situation sanitaire critique de plusieurs prisonniers d’opinion qui sont actuellement en grève de la faim.
Au cours des dernières semaines, au moins huit prisonniers d’opinion en Iran ont été en grève de la faim pour contester la légalité de leur détention et leur vie est actuellement menacée. Parmi eux se trouvent M. Saeed Shirzad, M. Ali Shariati, M. Mohammad-Reza Nekounam, M. Hassan Rastegari-Majd, M. Mehdi Koukhian, M. Nizar Zakka et M. Mohammed-Ali Taheri.
Un autre prisonnier d’opinion, M. Arash Sadeghi, a été en grève de la faim depuis le 24 octobre 2016. La semaine dernière, il a mis fin à sa grève de la faim, après que son épouse (Mme Golrokh Ebrahimi-Iraee) a été libérée sous caution.
« M. Sadeghi et Mme Ebrahimi-Iraee sont tous les deux des défenseurs des droits de l’Homme. Ils ont été emprisonnés uniquement parce qu’ils avaient pacifiquement exercé leur droit à la liberté d’expression et d’association », a déclaré l’expert de l’ONU.
Le Rapporteur spécial a noté qu’en dépit de son état de santé critique, M. Sadeghi se voit refuser le transfert vers des établissements médicaux spécialisés et qu’il serait maintenu dans sa cellule.
« J’appelle les autorités iraniennes à faire en sorte que M. Arash Sadeghi ait accès, en toute urgence, aux soins de santé spécialisés dans un hôpital en dehors de la prison, conformément aux normes internationales en matière de droits de l’Homme et à l’éthique médicale », a-t-elle souligné.
« Je suis profondément préoccupée par la détention des défenseurs des droits de l’Homme en Iran qui ont été accusés sur la base d’infractions définies de façon vague et qui ont été lourdement condamnés lors de procès non conformes aux normes judiciaires », a déclaré Mme Jahangir.
« Ils n’ont plus d’autre choix que de mettre leur vie en danger pour contester la légalité de leur détention », a-t-elle ajouté.
L’expert de l’ONU a précisé que cette situation perdure quelques jours seulement après que le président Rohani a signé la Charte des droits des citoyens, laquelle consacre le droit à la vie, à la liberté d’opinion, d’expression et de réunion en Iran.
Mme Jahangir a déclaré : « J’exhorte le gouvernement iranien à libérer immédiatement et inconditionnellement tous ceux qui ont été arbitrairement arrêtés, détenus et poursuivis pour avoir exercé leur droit à la liberté d’opinion et d’expression et pour avoir tenté de promouvoir pacifiquement le respect des droits de l’Homme dans le pays. »
Les prisonniers en grève de la faim
L’expert de l’ONU a reçu des informations sur la situation sanitaire critique qu’affronte actuellement Ali Shariati, un prisonnier en grève de la faim depuis le 31 octobre 2016. M. Shariati purge une peine de cinq ans de prison pour son activisme pacifique, notamment sa participation à une manifestation non-violente pour condamner les attaques à l’acide visant des femmes en Iran.
Des craintes ont également été exprimées concernant : Saeed Shirzad (un activiste des droits de l’enfant qui a été condamné à cinq ans de prison en 2015 et qui est en grève de la faim depuis le 7 décembre 2016) ; Mohammed-Ali Taheri (un prisonnier en grève de la faim depuis le 28 septembre 2016 et dont on est sans nouvelle depuis son transfert vers l’hôpital militaire Baghiatollah).
L’expert de l’ONU a également attiré l’attention sur la situation d’Hassan Rastegari-Majd que les autorités carcérales ont placé en isolement afin de le punir pour sa grève de la faim prolongée.
L’appel de Mme Jahangir a été soutenu par M. Michel Forst (le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’Homme) et par M. Roland Adjovi (le Président et le Rapporteur du Groupe de travail de l’ONU sur des détentions arbitraires).

