lundi, novembre 28, 2022
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L’infection de masse de la population carcérale et inquiétudes sur les mauvais traitements et négligences dans les prisons iraniennes

Samedi, le président du régime iranien, Hassan Rohani, a reconnu que dans une prison iranienne, 100 détenus sur 120 avaient été infectés par Covid-19 avant même que les autorités aient pu s’apercevoir que le coronavirus avait été introduit dans la prison. C’est un aveu choquant de la part d’un régime qui a été par réflexe malhonnête à propos de presque tous les aspects de la pandémie qui touche le pays.

Dans les jours qui ont précédé le discours de Rohani sur la situation des prisons, le ministère de la Santé a indiqué que le nombre de morts avait dépassé les 6 000 en Iran. Mais ce nombre est largement sous-estimé, certaines sources indiquent que le nombre réel de morts est plusieurs fois plus élevé. Lundi, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a indiqué que le nombre de morts avait atteint 40 700 dans 316 villes iraniennes.

Le CNRI a sonné l’alarme sur l’état déplorable des prisons iraniennes.

Le pouvoir judiciaire du régime iranien a affirmé à plusieurs reprises avoir libéré jusqu’à 100 000 prisonniers sous caution dans le cadre d’un effort pour ralentir la propagation de la maladie. Mais en même temps, les autorités ont nié que l’épidémie dans les prisons constituait un problème grave.

Les déclarations de Rohani samedi confirment indirectement cette triste réalité. Elle a également indirectement mis en doute le récit officiel sur la situation de la population carcérale. Si un seul vecteur de coronavirus a pu propager l’infection à 100 personnes avant même que l’épidémie ne soit reconnue, il va de soi que l’établissement en question est resté gravement surpeuplé à un moment où le pouvoir judiciaire a déclaré avoir libéré le tiers de la population carcérale du pays.

Avant même que le monde entier ne soit en proie à une pandémie, le surpeuplement des prisons iraniennes était particulièrement décrié. La proximité des lieux était connue pour exacerber les effets d’un mauvais assainissement, du manque d’accès aux soins médicaux et de toute une série d’autres conditions difficiles résultant parfois d’une simple négligence et parfois d’une volonté malveillante à des sanctions extrajudiciaires.

Le refus des services médicaux est régulièrement identifié comme une tactique utilisée par les autorités pour faire pression sur les prisonniers politiques et autres détenus jugés indisciplinés ou problématiques. De nombreuses personnes sont décédées des suites de ces événements, tandis que d’autres ont subi des effets permanents sur la santé, notamment une insuffisance organique et une amputation à la suite de cancers non traités et d’autres affections.

On peut facilement imaginer à quel point ce type de négligence est devenu répandu au milieu de l’épidémie de coronavirus. À mesure que l’on dispose de plus d’informations sur les effets de cette maladie, il est clair qu’elle fait plus de victimes. Même les plus jeunes patients sont connus pour avoir subi des AVC et des hémorragies provoqués par Covid-19, et parmi ceux qui se sont rétablis, beaucoup vont souffrir de problèmes pulmonaires.

Ce mépris pour son propre peuple ne surprend guère ceux qui ont conscience de la nature et l’histoire du régime iranien.

De l’aveu même du régime, les prisonniers politiques ou « cas de sécurité nationale », n’étaient pas inclus dans les accords de congé annoncés pour la première fois en mars. Certains militants n’ont pas tardé à déclarer qu’ils n’avaient vu aucun signe des libérations massives annoncées par les autorités. Dans une lettre ouverte annonçant une grève de la faim, les détenus du pénitencier du Grand Téhéran ont indiqué que peu de prisonniers avaient reçu un avis officiel de transfert ou de libération.

Depuis l’annonce des congés, plusieurs prisons ont été le lieu d’évasions motivées par des inquiétudes concernant Covid-19. Amnesty International a confirmé qu’au moins 36 détenus ont été tués lors des représailles du régime, sans parler de ceux qui sont morts de maladie et d’abus.

Tout cela souligne la nécessité urgente pour les observateurs internationaux des droits de l’homme d’accéder à l’Iran et d’évaluer l’état des prisons. Téhéran a toujours refusé de donner suite à ces demandes, et cela ne devrait pas changer au milieu de la pandémie. Mais la crise mondiale ne doit pas détourner les défenseurs des droits de l’homme de la mission de faire pression sur le régime iranien sur ces questions. Si ce régime est capable de s’en tirer en mentant à une aussi grande échelle sur la situation des prisonniers, avec quels autres tromperies pourra-t-il s’en tirer à l’avenir?

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