jeudi, juin 20, 2024
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Les accords obscurs du régime iranien avec la Chine

Les accords obscurs du régime iranien avec la Chine

Le régime des mollahs en Iran fait l’objet d’une surveillance étroite en raison de ses contrats secrets de plusieurs millions d’euros avec des entreprises chinoises, soulevant des inquiétudes quant à la corruption et au manque de transparence. Malgré son placement sur la liste noire de GAFI et les sanctions internationales, qui ont coupé Téhéran du système financier mondial, le régime iranien trouve des moyens de canaliser des fonds vers les entreprises chinoises par le biais d’accords de troc élaborés.

La controverse a commencé avec la révélation d’un contrat secret de deux milliards d’euros entre la mairie de Téhéran et une entreprise de construction chinoise pour l’achat de bus électriques. Le chef du conseil, Mehdi Chamran, a défendu l’accord, affirmant que les détails étaient « confidentiels et que leur divulgation pose un problème de sécurité ». Cependant, le contrat a même été critiqué par les élus municipaux pour son opacité et sa pertinence.

D’autres contrats controversés incluent un accord de 400 millions d’euros pour des « équipements intelligents et des caméras de contrôle de la circulation » d’une entreprise chinoise, sonnant l’alarme sur les risques potentiels pour la sécurité dus à l’accès des entreprises étrangères à des « données sensibles ». Cet équipement sera très probablement utilisé pour renforcer la surveillance des citoyens iraniens, en particulier des dissidents politiques.

Le projet d’achat de 150 000 motos électriques et de 27 500 nouveaux taxis, d’une valeur de 225 millions d’euros chacun, auprès du constructeur automobile GAC Aion, a également été critiqué pour ne pas avoir suivi un processus d’appel d’offres conventionnel. Ces accords mettent en évidence la préférence du régime pour des accords secrets avec des entreprises chinoises afin d’éviter toute surveillance et toute sanction internationales.

L’implication de diverses agences gouvernementales iraniennes dans le processus d’approbation, notamment le président du régime Ebrahim Raïssi, les ministères de l’Industrie, des Affaires étrangères, de l’Intérieur et du Pétrole, ainsi que la Banque centrale, suggère un processus décisionnel à l’échelle de l’État. Cela indique en outre que l’autorisation pour l’ensemble du projet a été accordée par le bureau du guide suprême Ali Khamenei, car le gouvernement de la ville de Téhéran n’a pas accès à une telle quantité de devises fortes.

Selon un éditorial du journal Hamshahri de la municipalité de Téhéran, la stratégie du régime consistant à utiliser les ressources en devises disponibles en Chine est profondément influencée par l’impact global des sanctions internationales contre l’Iran. L’accès du pays au système financier mondial étant sévèrement restreint, le régime s’est tourné vers des accords de troc avec la Chine pour financer ces transactions.

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La dépendance du régime à l’égard des entreprises chinoises est motivée par la nécessité d’utiliser les ressources en devises disponibles en Chine, car Téhéran n’est pas en mesure de recevoir de l’argent directement en raison de la liste noire du GAFI et des sanctions internationales. En troquant les exportations de pétrole contre les fonds nécessaires, le régime des mollahs est en mesure de financer ces contrats opaques, qui servent à remplir les poches de son entourage tout en opprimant davantage le peuple iranien.

La corruption est un défi de longue date en Iran, le pays se classant 147e sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption 2022 de Transparency International. L’élite du régime continue de s’enrichir grâce à ces accords douteux, tandis que le peuple iranien souffre des conséquences économiques des sanctions, de la corruption systémique et de la mauvaise gestion.

Les accords clandestins avec la Chine soulignent les efforts persistants du régime pour échapper aux sanctions internationales et détourner des fonds vers ses loyalistes. En échangeant des exportations de pétrole contre des finances essentielles, le régime des mollahs entretient ces transactions obscures, enrichissant finalement son cercle restreint au détriment d’une répression accrue de la population iranienne. L’absence de transparence, la complicité de hauts responsables et l’utilisation des revenus pétroliers pour alimenter ces accords soulignent la nécessité urgente d’identifier et de combler toute faille dans le cadre des sanctions internationales, coupant ainsi les bouées de sauvetage cruciales du régime.