
La campagne « des mardis contre les exécutions » a annoncé la poursuite de son mouvement de protestation à l’échelle nationale pour la 122e semaine consécutive, mettant en garde contre une vague croissante d’exécutions en Iran et appelant les instances internationales à prendre des mesures urgentes contre le recours du régime iranien à la peine de mort.
Dans un communiqué publié le mardi 26 mai, les membres de la campagne ont confirmé que des détenus de 56 prisons à travers l’Iran s’étaient joints à des grèves de la faim coordonnées pour protester contre les exécutions récentes et le nombre croissant de condamnations à mort prononcées à l’encontre de prisonniers politiques et de manifestants.
Selon ce communiqué, plusieurs prisonniers ont été exécutés ces derniers jours, parmi lesquels les prisonniers politiques et détenus kurdes Ramin Zalleh et Karim Yaghoubpour, ainsi qu’Abbas Akbari Faizabadi, qui aurait été arrêté lors du soulèvement de janvier 2026.
« La vague d’exécutions politiques se poursuit », a déclaré la campagne.
Le communiqué a également fait état de l’exécution de Mojtaba Kian pour des accusations d’espionnage, soulignant que de telles accusations sont couramment utilisées sans garantir aux accusés l’accès à un procès équitable ou à des protections juridiques.
Les organisateurs de la campagne ont indiqué qu’au moins 72 personnes ont été exécutées en Iran depuis le début du Nouvel An persan, dont plus de 25 prisonniers politiques ou détenus pour des motifs liés à la sécurité.
« Des dizaines, voire des centaines d’autres prisonniers sans nom ni identité sont sous le coup d’une condamnation à mort dans diverses prisons », a averti le communiqué.
La campagne a par ailleurs exprimé son inquiétude face à plusieurs condamnations à mort récemment confirmées, notamment celles prononcées contre le prisonnier politique Manouchehr Fallah à la prison de Lakan (Rasht), Rouhollah Karaki à la prison de Sheiban (Ahvaz), ainsi que les accusés liés à l’affaire dite de « Ekbatan Town » : Milad Armoun, Navid Najjaran, Mehdi Imani et Seyed Mohammad Mehdi Hosseini.
Le communiqué avertit que la vie de ces prisonniers est « gravement menacée ».
Le texte a également mis l’accent sur le rôle des femmes détenues et des militantes au sein du mouvement contre les exécutions. La campagne a rendu hommage aux femmes incarcérées dans les prisons iraniennes — et plus particulièrement à celles du quartier des femmes de la prison d’Evin — qui, selon les informations recueillies, scandent des slogans contre la peine de mort chaque mardi, en dépit des sanctions que leur infligent les autorités pénitentiaires.
« Le régime ne tolère même pas la voix des femmes, car la misogynie constitue l’un des piliers fondamentaux de l’establishment au pouvoir, et ce, depuis le tout premier jour », a affirmé le communiqué. La campagne a signalé que des détenues participant à des manifestations hebdomadaires se seraient vu refuser le droit de visite ainsi que tout contact téléphonique avec leurs familles.
La déclaration a également établi un lien entre le mouvement actuel et les manifestations anti-régime de plus grande envergure survenues en Iran au cours des dernières années, notamment les manifestations de décembre 2017 – janvier 2018, le soulèvement de novembre 2019, le soulèvement de 2022 et les manifestations de décembre 2025 – janvier 2026.
Les membres de la campagne ont affirmé que les femmes figuraient, de manière constante, parmi les « principales forces sociales » de ces mouvements ainsi que de la lutte plus vaste contre les exécutions et la répression politique.
La déclaration a par ailleurs fait référence aux critiques internationales croissantes concernant le bilan de l’Iran en matière d’exécutions. Elle a cité les récentes condamnations émises par le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, ainsi que par Amnesty International et le Parlement européen.
Selon la campagne, les institutions internationales ont exhorté les gouvernements à subordonner leurs relations politiques avec l’Iran à l’arrêt des exécutions et à la fin de la répression.
« Nous appelons une fois de plus les instances internationales de défense des droits de l’homme, ainsi que les consciences éveillées, à empêcher la poursuite de ces exécutions inhumaines en mettant en œuvre des mesures efficaces », indique la déclaration.
La campagne « des mardis contre les exécutions » a confirmé que les détenus participant à la 122e semaine de grève de la faim sont incarcérés dans des dizaines d’établissements pénitentiaires à travers le pays, notamment les prisons d’Evin, de Ghezel Hesar, du Grand Téhéran, de Qarchak, de Sheiban, d’Adelabad et d’Urmia, ainsi que dans des prisons situées dans des villes telles que Mashhad, Sanandaj, Zahedan, Tabriz, Ardabil, Rasht et Kermanshah.
Cette grève de la faim coordonnée, organisée ce mardi, constitue l’un des mouvements de protestation carcérale organisés les plus durables en Iran, axé spécifiquement sur l’opposition aux exécutions et la défense des détenus sous le coup de la peine capitale.

