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La campagne des mardis contre les exécutions en Iran se poursuit pour sa 109e semaine dans 56 prisons iraniennes

La campagne des mardis contre les exécutions en Iran se poursuit pour sa 109e semaine dans 56 prisons iraniennes

La campagne des mardis contre les exécutions en Iran campagne a entamé sa 109e semaine consécutive. Mardi 24 février 2026, des détenus de 56 centres de détention à travers l’Iran ont lancé une grève de la faim coordonnée. Cette campagne coïncide avec les commémorations du 40e jour en hommage aux victimes du soulèvement de janvier 2026 – des cérémonies qui, selon les organisateurs, sont devenues « un symbole de la poursuite du soulèvement et de la solidarité publique ».

Dans plusieurs villes, les rassemblements commémoratifs se sont transformés en expressions de défiance ouverte. Des slogans anti-régime et un rejet explicite de la dictature ont souligné ce que les participants ont décrit comme une transformation du deuil en résistance. La déclaration souligne que « la mémoire et les noms des victimes de la répression se sont transformés en… » Une force inspirante pour renverser le régime et instaurer la justice, la liberté et l’égalité.

Solidarité avec les étudiants et mise en garde contre la répression

La campagne a affirmé son soutien au peuple iranien et aux familles des victimes, adressant des messages de soutien aux étudiants de tout le pays. Dans un message direct, les organisateurs ont déclaré : « Nous leur témoignons notre solidarité et adressons nos salutations aux étudiants des universités Sharif, Téhéran, Amirkabir, Art et Nationale (Melli) de l’université de Mashhad.»

Le communiqué a salué les étudiants qui « font preuve de courage face aux oppresseurs dans les universités » et L’organisation a exhorté le public à préserver les institutions universitaires comme centres de résistance : « Nous demandons au public de continuer à faire de l’université un bastion de fermeté et de résistance contre toute forme de dictature et de fondamentalisme, en accompagnant et en soutenant les étudiants en lutte et révolutionnaires.»

Elle a également lancé un avertissement clair « contre la répression des étudiants », reflétant les inquiétudes croissantes concernant les mesures de sécurité renforcées dans les espaces universitaires.

Condamnations à mort et accusations de « Moharebeh »

La campagne a accusé les autorités du régime d’intensifier la répression par des procès expéditifs et des accusations fabriquées de toutes pièces contre les personnes détenues lors des récentes manifestations. Selon le communiqué, de nombreux accusés se voient refuser leurs droits fondamentaux : « Ils sont privés du droit de choisir un avocat commis d’office et de se défendre eux-mêmes, et sont soumis à des tortures insoutenables.»

Plusieurs cas ont été mis en avant comme emblématiques de la répression actuelle. Mohammad Amin Biglari, âgé de dix-neuf ans, aurait été condamné à mort par la juge Salavati, de la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Un homme de cinquante-cinq ans… Mohammad Abbasi a reçu une peine similaire du même tribunal. Tous deux étaient accusés de « Moharebeh » (« inimitié envers Dieu »), un crime capital fréquemment utilisé dans les affaires politiques.

Le communiqué fait également état de la mort suspecte d’Abdullah Paraki en détention après son arrestation par les services de renseignement dans le comté de Mehrestan.

Par ailleurs, la condamnation à mort de Mehrab Abdullahzadeh, un des détenus du soulèvement de 2022, a été confirmée à la prison d’Urmia, mettant sa vie en danger immédiat.

Forte augmentation des exécutions

La campagne a présenté des statistiques alarmantes concernant les exécutions. Elle a déclaré : « Le régime despotique des mollahs a exécuté plus de 350 personnes au cours du mois de Bahman (du 21 janvier au 19 février), soit cinq fois plus qu’au mois de Bahman l’année dernière.»

De plus, « depuis le début du mois d’Esfand (à partir du 20 février), 33 prisonniers ont également été exécutés », ce qui témoigne de ce que les militants décrivent comme une escalade systématique de la peine capitale comme outil de contrôle politique.

Appel à l’action internationale

S’adressant à la communauté internationale, la campagne a lancé un appel direct aux institutions mondiales et à l’opinion publique : « Nous appelons les communautés internationales et de défense des droits humains, ainsi que toutes les consciences, à se faire la voix des prisonniers et du peuple iraniens et à ne pas permettre que la vie des enfants de ce pays soit ôtée par des oppresseurs criminels.»

Les familles des détenus ont également été exhortées à prendre la parole : « Faites entendre votre voix ; « C’est le seul moyen de faire face aux pressions de cette souveraineté dictatoriale. »

109 semaines de résistance dans 56 prisons

Le 24 février 2026, des détenus de 56 établissements pénitentiaires – dont Evin, Ghezel Hesar, le Grand Téhéran, Adelabad Shiraz, Vakilabad Mashhad, Urmia, Sanandaj, Zahedan et des dizaines d’autres – ont entamé une grève de la faim, marquant la 109e semaine du mouvement.

Ce qui a commencé comme une protestation contre la peine capitale s’est transformé en un mouvement national durable, rassemblant détenus, étudiants, familles de victimes… et à des pans plus larges de la société. Comme le souligne le communiqué, la campagne s’inscrit dans une lutte plus vaste pour « la justice, la liberté et l’égalité », plaçant ainsi le combat contre les exécutions au cœur de la confrontation permanente de l’Iran avec le régime autoritaire.