
Alors que les manifestations se poursuivent à travers le pays, des détenus de 55 prisons iraniennes entament des grèves de la faim coordonnées contre les exécutions de masse et la répression d’État.
Alors que les manifestations se poursuivent à travers le pays, des détenus de 55 prisons iraniennes entament des grèves de la faim coordonnées contre les exécutions de masse et la répression d’État.
La campagne iranienne des mardis contre les exécutions en Iran, menée par des détenus, a marqué sa 102e semaine consécutive le 6 janvier 2026, avec des grèves de la faim coordonnées dans 55 prisons du pays, dans un contexte de forte augmentation des exécutions et de manifestations de masse continues à travers le pays.
Dans sa dernière déclaration, la campagne établit un lien direct entre la hausse des exécutions et la tentative du régime de réprimer une société qui réclame un changement fondamental. Les prisonniers qualifient le régime iranien de « gouvernement de la mort » et rapportent que plus de 2 200 personnes ont été exécutées rien qu’en 2025, dont 19 prisonniers politiques et idéologiques.
Le communiqué affirme : « En ce début d’année 2026, nous entamons la cent deuxièmes semaines de la campagne « Non aux mardis de la mort », tandis que le gouvernement de la mort a pendu, au cours de l’année écoulée [2025], plus de 2 200 de nos concitoyens, dont 19 prisonniers politiques et idéologiques.»
Prisonniers politiques en danger immédiat
La campagne alerte sur la poursuite des condamnations à mort. Cette semaine, Seyed Mohammad Mousavi, prisonnier politique originaire de Shadgan et détenu à la prison de Sheiban à Ahvaz, a été condamné à mort, rejoignant ainsi, selon le communiqué, « des dizaines d’autres prisonniers politiques dont la vie est en danger ».
Les prisonniers rapportent également que depuis le début de Dey (22 décembre 2025), les autorités du régime iranien ont exécuté 167 personnes, dont une femme, soulignant ainsi l’accélération du rythme des exécutions d’État.
Grèves de la faim dans un contexte de manifestations nationales
La 102e semaine de grèves de la faim coïncide avec le dixième jour consécutif de manifestations nationales, déclenchées par le profond effondrement économique et la répression politique en Iran. Le communiqué souligne que la principale revendication des manifestants est le remplacement du système autoritaire actuel, au pouvoir depuis 47 ans.
La campagne déclare : « Nous sommes en grève de la faim cette semaine tandis que le peuple iranien, pour protester contre la situation économique et politique catastrophique, manifeste, se rassemble et fait grève pour le dixième jour consécutif. Sa principale revendication est le changement de ce gouvernement autoritaire. »
Exprimant leur solidarité avec le soulèvement, les prisonniers déclarent : « Nous saluons et honorons la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie dans ce soulèvement national et annonçons notre solidarité avec le peuple iranien héroïque et épris de liberté. Nous resterons à ses côtés jusqu’au bout.»
La répression ne fera pas taire les revendications
Cette déclaration dénonce ouvertement le recours à la violence, aux arrestations, à la torture et aux aveux forcés par le régime, affirmant que ces tactiques n’ont pas réussi à faire taire le mouvement :
« Ni les tirs directs contre les jeunes, ni l’arrestation d’étudiants, ni la torture et les aveux forcés des manifestants ne peuvent faire taire la voix de la justice.»
Les prisonniers inscrivent la lutte actuelle dans une longue confrontation avec la dictature et concluent par une vision claire de l’issue :
« Sans aucun doute, la fin de ces luttes – après des années d’oppression et de tyrannie – sera la réalisation de la liberté, de l’égalité et de la démocratie pour tous les Iraniens.»
Grèves de la faim dans 55 prisons
Le mardi 6 janvier 2026, les détenus participant à la campagne ont entamé des grèves de la faim dans 55 prisons, dont des établissements majeurs comme Evin, Qezel Hesar, la prison du Grand Téhéran, Gharchak, Sheiban Ahvaz, Sepidar Ahvaz, Adel Abad Shiraz, Zahedan, Mashhad, Tabriz, Urmia, Sanandaj, Ilam, et des dizaines d’autres à travers le pays.
L’ampleur et la continuité de la campagne – qui dure depuis plus de deux ans – ont fait des « Mardis contre les exécutions » l’une des formes de résistance organisée les plus durables au sein du système pénitentiaire iranien.
Une voix derrière les barreaux
Alors que les exécutions s’intensifient et que les manifestations prennent de l’ampleur, la déclaration affirme clairement que les prisons iraniennes ne sont pas des lieux de soumission passive, mais des fronts actifs dans la lutte plus large pour le changement. En synchronisant les grèves de la faim avec les manifestations de rue, la campagne envoie un message clair : la violence d’État ne peut restaurer la légitimité et la peur n’a plus aucun pouvoir.
La 102e semaine de la campagne des mardis contre les exécutions constitue à la fois une dénonciation de la politique d’exécution du régime iranien et une affirmation que la résistance – à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons – se poursuit sans relâche.

