L’escalade des violations des droits de l’homme et la «politique de la mort » pratiqué par l’Iran n’a de répit malgré l’accord nucléaire avec les grandes puissances, a écrit lundi Hamid Yazdan Panah, un avocat irano-américain et militant des droits humains, sur Reuters’ The Great Debate :
« L’accord sur le nucléaire entre l’Iran, les Etats-Unis et les autres grands acteurs du monde a suscité des éloges et une fanfaronnade considérable. L’accord a été salué comme une victoire pour la paix et un point tournant pour l’Iran. Certains ont même prétendu que l’accord va inaugurer une nouvelle ère de modération et de développement de la société civile iranienne.
Les faits sur le terrain brossent pourtant un tableau très différent, surtout en termes des droits humains. Actuellement, le régime iranien détient le palmarès mondial du nombre des exécutions proportionnellement à sa population.
Depuis l’élection du président Hassan Rouhani en 2013, les questions des mouvements d’opposition et des droits humains ont été balayées sous le tapis tandis que les rapports sur les droits de l’homme dans le pays confirment la vraie nature du régime. Le Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme en Iran, Ahmad Shaheed, a noté dans un rapport que «la situation générale a empiré en matière de droits de l’homme ».
Amnesty International a récemment dénoncé la « frénésie des exécutions » en Iran où selon elle près de 700 personnes condamnées à la peine capitale ont été exécutées depuis le début de l’année.
« A ce rythme choquant, l’Iran va dépasser le nombre des exécutions recensées dans le pays » pour toute l’année 2014. Ce pic, a indiqué Saïd Boumedouha, adjoint pour le programme d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, « brosse un tableau sinistre de l’appareil de l’Etat qui commet des meurtres à grande échelle ». « Les autorités iraniennes doivent avoir honte d’exécuter des centaines de personnes sans tenir compte de toute procédure légale à la base », a indiqué M. Boumedouha.
Les massacres ne prennent pas seulement des vies humaines, ils ont aussi traumatisé et terrorisé la population. Les exécutions publiques sont monnaie courante en Iran et le spectacle horrible est un rappel constant à ceux qui osent défier ce régime.
Les personnes exécutées sont souvent des gens marginalisées dans la société iranienne. Cela inclut les migrants sans papiers et les réfugiés en provenance de l’Afghanistan voisin, ainsi que les minorités ethniques et religieuses qui font face aux privations des droits en Iran. En 2014, l’Iran a pendu un mineur afghan âgé de 17 ans, Jannat Mir, pour une infraction présumée liée à la drogue. L’Iran reste l’un des seuls pays au monde à exécuter des mineurs délinquants.
L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime a donné plus de $ 15 millions à l’Iran depuis 1998 pour lutter contre la drogue. La plupart de cet argent provient des pays européens en dépit de l’opposition de ces pays à la peine de mort. Maya Foa, directeur de l’ONG Reprieve, a appelé à un changement de politique en la matière, en déclarant: «Malgré la monté en flèche des exécutions en Iran, les pays européens comme la France et l’Allemagne continuent à financer des raids brutaux par la police iranienne qui envoie régulièrement les gens à mort pour des infractions non violentes. Ceux qui prétendent qu’un accord nucléaire avec l’Iran représente un espoir pour les droits humains, ne précisent jamais par quel mécanisme ce changement est censé se produire», a-t-il ajouté
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