
Lors de la 35e session du soit disant procès par contumace contre 104 membres du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) et de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/OMPI), le régime iranien a une fois de plus révélé sa préférence pour la mise en scène plutôt que pour la vérité, et pour la répression plutôt que pour la justice. Tenu près de quarante ans après les massacres génocidaires perpétrés par le régime dans les années 1980, ce procès vise moins à établir des responsabilités qu’à détourner l’attention – en tentant de salir l’opposition même qu’il n’a pas réussi à écraser par les exécutions et la censure.
Le procès, qui se déroule à Téhéran, s’appuie non seulement sur des allégations depuis longtemps discréditées, mais aussi sur des témoignages contradictoires et fabriqués de toutes pièces, souvent issus d’anciens membres du régime ou d’agents devenus « transfuges ». Lors d’un échange surréaliste, un témoin a affirmé que des combattants de l’OMPI avaient ouvert le feu sur des civils dans un village du nord, tout en admettant que ces mêmes individus étaient membres du CGRI ou de milices affiliées.
Au cœur de l’accusation du régime se trouve l’accusation selon laquelle l’OMPI se serait livrée au terrorisme et aurait assassiné des civils. Pourtant, ce récit s’effondre sous le poids des conclusions du droit international. Les tribunaux et les autorités du Royaume-Uni, de la France, de l’Union européenne et des États-Unis ont radié l’OMPI des listes d’organisations terroristes après des examens approfondis. Aucun cas n’a été prouvé devant les tribunaux prouvant l’implication du groupe dans des attaques contre des civils. Le régime iranien, malgré ses fanfaronnades, n’a pas réussi à produire de preuves crédibles depuis des décennies.
La peur d’une société rétive, pas de la justice
Ce procès ne porte pas seulement sur le passé : il témoigne de la peur du régime face au présent. Assailli par des crises internes, un effondrement économique et une société en proie à des troubles, Téhéran est terrifié à l’idée qu’une jeunesse marginalisée cherche de véritables alternatives à la dissidence et au changement de régime. L’OMPI, forte de sa structure organisée, de ses racines profondes en Iran et de sa légitimité croissante à l’étranger, représente précisément cette alternative.
C’est pourquoi le régime ne se contente pas de poursuivre les chefs de la Résistance par contumace : il tente désormais d’intimider leurs hôtes occidentaux. Devant les tribunaux, les responsables du régime ont déclaré que des pays européens comme la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni pourraient être tenus pénalement responsables d’avoir autorisé des dirigeants de l’OMPI à résider ou à s’exprimer sur leur territoire. Cet avertissement s’étendait même aux citoyens de ces pays, affirmant que le soutien au groupe « expose à des poursuites ».
Ces menaces sont une réponse directe à la solidarité internationale croissante avec la Résistance iranienne, constatée lors de dizaines d’auditions parlementaires, de forums sur les droits humains et de rassemblements publics dans les pays démocratiques. Le message du régime est clair : tout soutien à l’OMPI, qu’il provienne de Téhéran ou de Toulouse, sera puni.
Un régime jugé par la conscience publique
Malgré tout ce faste et toute cette propagande, c’est le régime iranien lui-même qui est de plus en plus souvent jugé – pour le massacre de 1988, pour les meurtres de 2022, pour les chambres de torture toujours en activité aujourd’hui. Et dans sa tentative désespérée de recycler les accusations, le régime confirme involontairement sa crainte la plus profonde : ne pas avoir réduit au silence son opposition la plus organisée, ni effacé le souvenir de ses crimes.
Un porte-parole de l’OMPI l’a clairement exprimé : « Ce procès ne porte pas sur la culpabilité ou l’innocence. Il s’agit de la survie d’un régime qui sait que son heure est venue. Plus ils nous menacent, plus ils s’exposent. Et plus ils mentent, plus la vérité éclate. »
Au tribunal de Téhéran, le verdict n’a jamais fait de doute. Mais dans les rues d’Iran et dans les couloirs des démocraties occidentales, un jugement différent se dessine, un jugement qu’aucun procès-spectacle ne peut retarder.

