vendredi, décembre 2, 2022
AccueilActualitésDominique Hollard: "J'étais alors en face de documents transmis par la police...

Dominique Hollard: « J’étais alors en face de documents transmis par la police politique du régime iranien »

Dominique HollardCNRI – L’historien Dominique Hollard participait le 28 octobre à une réunion à l’Assemblée national, organisée par le Comité parlementaire pour un Iran démocratique. Il a partagé avec l’audience son expérience concernant le dossier judiciaire de la Résistance iranienne et l’instrumentalisation scandaleuse de la justice française et du gouvernement de l’époque par la dictature iranienne.

Voici le texte de son intervention:

« Je voudrais très brièvement partager avec vous des souvenirs directement en prise avec le sort fait à la résistance iranienne par les autorités françaises.

Il y a bientôt une dizaine d’années, j’ai été convoqué par la brigade financière de Nanterre pour une audition concernant ma participation à une collecte organisée par l’association Iran Aide. Après m’avoir présenté la commission rogatoire du juge Bruguière, l’officier de police m’a dépeint la situation telle qu’il la concevait alors. L’OMPI m’a été présentée comme une organisation violente qui avait commis des actions terroristes armées en Iran.

J’ai alors fait observer à ce policier ce que certains appellent terrorisme, d’autres peuvent le nommer résistance et que d’ailleurs une partie de ma famille avait, dans les Vosges durant la seconde guerre mondiale, précisément été frappée par les nazis comme terroristes pour des faits de résistance.

Le policier m’a également présenté divers documents rédigés en persan, dont des organigrammes avec des photos de membres de l’OMPI, dont certains sont ici ce soir. En fait, je suis convaincu que j’étais alors en face de documents transmis par la police politique du régime des mollahs. Lorsque j’ai fait observer à l’officier de police qu’on ne pouvait pas considérer les membres de la police iranienne au même titre que des policiers d’États démocratiques, j’ai senti chez lui un trouble honnête et il m’a avoué, selon ses propres termes, s’être posé beaucoup de questions au début de l’enquête.

Au final j’ai refusé, l’audition terminée, de porter plainte contre l’OMPI comme on m’y engageait fortement. Ainsi j’ai pu à ma modeste échelle, toucher dans cette affaire un fait d’une extrême gravité : la police et la justice française ont été instrumentalisées au profit d’une dictature sanglante au mépris de toutes les valeurs de la république que vous représentez.

C’est entre autres sur la base de marchandage pétrolier que l’affaire s’est nouée. Mais il y a plus. Cette lamentable compromission illustre, à mon sens, la vigueur et l’impact en France des services du régime théocratique qui possède des relais dans notre administration, et même, vous le savez, parmi nos élus. C’est le grand complot dénoncé par le préfet Yves Bonnet qui a été ainsi mis en œuvre. Il me semble donc essentiel aujourd’hui, pour tous ceux qui ont été inquiétés par ces procédures, que la lumière soit faite sur le passé et pourquoi pas, par des formes de mission, d’étude ou d’enquête parlementaire.

Et quand au présent, une vigilance lucide doit tenir en alerte tous ceux qui connaissent l’importance essentielle pour l’avenir de la paix et de la démocratie dans le monde que représente l’installation à Téhéran d’un nouveau pouvoir représentant les aspirations profondes légitimes du peuple iranien à la liberté et à la prise en main de son propre destin. »

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe