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Déclaration de guerre du gouvernement irakien à l’ONU et arrêt de mort pour les résidents d’Achraf

Communiqué de presse – 18 novembre 2001

La grave responsabilité des Etats-Unis, de l’UE et de l’ONU pour empêcher une catastrophe humanitaire à AchrafL’ambassade d’Irak à Bruxelles a notifié au Parlement européen la position du gouvernement irakien sur la question du camp d’Achraf dans un document officiel en 10 points. Le document est malhonnête et illégal dans son intégralité et équivaut à une déclaration de guerre à l’ONU et à la communauté internationale ainsi qu’à un arrêt de mort pour les résidents d’Achraf. Il réitère son intention d’évacuer le camp d’ici la fin de l’année, proclame que les 3400 résidents d’Achraf sont des terroristes, nie qu’ils ont un statut de réfugié ou une protection en vertu des Conventions de Genève et confirme que leur présence continue crée des difficultés avec l’Iran voisin. Il s’oppose clairement aux efforts du HCR pour interroger les habitants et leur donner le statut de réfugié.

 

Le document souligne que «le gouvernement irakien a décidé de fermer d’ici la fin de l’année 2011 le camp Ashraf », et comme « les résidents du camp Ashraf ont refusé d’évacuer, et les pays d’asile n’ont pas accepté de les accueillir  (…) le gouvernement irakien n’a pas eu d’autre choix que d’évacuer le camp sur la base du principe de souveraineté et transférer ses résidents vers d’autres camps en Irak, et faciliter leurs voyage vers l’étranger durant cette année. »

Le document ignore délibérément les efforts considérables du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Irak (MANUI), de l’Union européenne et des États-Unis, qui se sont mis en quatre pour parvenir à une solution pacifique de la question d’Achraf , impliquant la réinstallation de ses habitants, mais qui ont été bloqués à plusieurs reprises à chaque fois par le gouvernement irakien. Le document est un effort flagrant pour préparer le terrain à un massacre des habitants d’Achraf, clairement à la demande du régime iranien. Le HCR, le Parlement européen, le Congrès américain, Amnesty International et d’autres organismes internationaux ont demandé à plusieurs reprises ces derniers mois que la date limite totalement irréalisable de la fermeture d’Achraf à la fin de 2011 soit prolongée jusqu’à ce que le statut de réfugié de ses habitants puisse être affirmé par le HCR, ce qui permettra leur transfert en sécurité vers des pays tiers.

Le document en 10 points montre clairement qu’il s’agit d’une politique dictée par le régime iranien. Il stipule explicitement que l’Irak est attaché à la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats voisins et que « l’existence de cette organisation provoque des problèmes avec l’Iran ». Dans une autre partie du document, il est indiqué : «L’existence de cette organisation en Irak menace la sécurité (…) des pays voisins et donne un prétexte à l’ingérence dans les affaires internes de l’Irak. » L’article 10 du document déclare que « l’Irak est un pays démocratique et pacifique qui souhaite établir de bonnes relations avec ses voisins [l’Iran] ».

Le document indique faussement que la raison de la fermeture d’Achraf tient en ce que « l’Organisation [l’OMPI] a été classée par la communauté internationale comme une organisation terroriste » et «l’existence de cette organisation en Irak est défendue conformément à la Constitution irakienne qui interdit la l’existence d’entités terroristes sur le territoire irakien. »

La lettre dit avec ridicule que « l’Irak traite les résidents du camp en tant qu’individus et conformément aux principes du droit humanitaire international, des règles de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. » Il semble que le massacre de 47 habitants, le fait d’avoir blessé plus de 1000 personnes, le blocus barbare de trois ans d’Achraf et la privation de facilités médicales provoquant la mort douloureuse de malades et de blessés, soient inscrits selon le gouvernement irakien dans principes des droits de l’homme consacrés par le droit international. C’est tout simplement une blague !

La lettre ne laissant aucun doute sur les intentions du gouvernement irakien de massacrer des habitants d’Achraf, Il m’apparaît nécessaire de souligner les points suivants :

1. La communauté internationale, en particulier les Etats-Unis d’Amérique, l’Union européenne et les Nations Unies, doivent mobiliser tous leurs efforts pour empêcher un autre bain de sang prévisible et une répétition de Srebrenica à Achraf. Le gouvernement irakien, dont les mains sont tachées du sang des réfugiés iraniens désarmés et sans défense, est arrivé au pouvoir avec l’aide des gouvernements américain, britannique et d’autres pays occidentaux. Ces pays, par conséquent, portent une responsabilité morale importante dans la prévention de cette catastrophe imminente

2. La communauté internationale, en particulier les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne, doivent soutenir pleinement la mission de l’ONU et du HCR pour l’affirmation du statut de réfugié des résidents d’Achraf et leur réinstallation dans des pays tiers. Ils doivent forcer le gouvernement irakien à reporter son échéance jusqu’à la fin de ce processus. Les Etats-Unis en particulier, doivent éviter une grande tragédie, en empêchant le gouvernement irakien de mettre en œuvre les ordres de la dictature fasciste en Iran qui cherche l’anéantissement d’Achraf. Si une telle tragédie devait se produire, les États-Unis en porteraient la responsabilité.

3. L’Union européenne et sa Haute Représentante, Catherine Ashton, doivent adopter une position claire en condamnant la date butoir irakienne et tout déplacement forcé des résidents d’Achraf en Irak. Ses États membres doivent accepter immédiatement une partie des résidents d’Achraf, en particulier les malades et les blessés, et les personnes qui ont été demandeurs d’asile ou qui ont des relations familiales dans les pays européens. Ce serait un signe tangible que le processus d’évacuation aurait commencé et rendrait toute invasion du camp par les autorités irakiennes plus difficile à accomplir sous le regard des médias du monde entier.

4. Toutes les promesses du gouvernement irakien n’ont aucune valeur. Quelques heures avant le début de la tuerie d’avril 2011, les résidents d’Achraf avaient reçu un message via l’ambassade américaine du Premier ministre irakien donnant l’assurance qu’il n’y aurait pas de violence. Quand les habitants d’Achraf seront dispersés en petits groupes, les forces irakiennes et iraniennes et la force terroriste Qods les tortureront et les assassineront sans que le monde le sache. Dans de telles circonstances, si le monde se tient à l’écart et permet aux choses de suivre leur cours sans intervenir, les résidents d’Achraf, dont plus de 1000 femmes, feront face à une mort certaine.

Struan Stevenson, député européen
Président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak

 

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