vendredi, février 3, 2023
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Christiane Perregaux: Qui a la responsabilité de protection?

Les pays responsables de ces réfugiés, c’est – à – dire tous ; Tous ceux qui ont signé les traités basiques des Droits Humains.
3500 Iraniens sont en situation précaire dans deux camps : Achraf et Liberty ; sous la menace quotidienne de la police et l’armée irakienne, à la solde des Mollah d’Iran. Les pays libres se doivent d’accueillir ces familles.
Une conférence s’est déroulée le 2 mars sur ce thème au Palais des Nations à Genève. Voici les interventions. Christiane Perregaux

J’ouvre la conférence « la responsabilité de l’ONU pour assurer la protection des demandeurs d’asile du camp d’Achraf ».
Cette conférence est organisée par le mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, par l’International Educational Development, par la fondation France Libertés et par l’association Women’s rights international association.
J’aimerais en ce début d’après-midi tout d’abord saluer les habitants d’Achraf et les 400 personnes du camp Liberty dont la situation est extrêmement difficile et dangereuse aujourd’hui. Nous leur exprimons dès le début de cette conférence toute notre solidarité active. Je salue également les parents des habitants d’Achraf qui sont parmi nous aujourd’hui et qui sont quotidiennement au Sit-in sur la place des nations  tout près. Sit in qui en est à son 300e jour aujourd’hui. Je vous salue toutes et tous, défenseurs des droits de l’homme, amis et amies d’Achraf. Je vous salue et je vous demande de relayer , de diffuser toutes les informations  et les appels de cette conférence.

Avant de donner la parole au premier intervenant, j’aimerai cette après-midi commencer par rendre hommage à une grande amie d’Achraf. J’aimerai rendre hommage à Danielle Mitterrand qui soutenait Achraf. Elle devait être ici le 21 septembre lorsque nous avons eu une conférence avec Mme Mariam Radjavi. Hospitalisée, elle  n’a pas pu être là et le secrétaire général de France Libertés, M. Michel Joly, a lu un texte de Danielle Mitterrand. Ce texte sur Achraf est si fort que j’avais aussi envie de vous le relire en ce début d’après-midi.

Voici ce texte, il s’intitule « les murs d’Achraf ».
« Pendant l’occupation nazie en France, nous étions des milliers, jeunes opprimés, séquestrés et silencieux, qui rêvions notre avenir dans une Europe sans frontières où chacun se reconnaîtrait selon sa culture et sa langue, en attachement et fidélité au territoire qui l’a vu naître.
Certes, nous n’étions pas enfermés dans un camp, mais nous devions comme nos frères et sœurs d’Achraf vivre au jour le jour avec la peur que chaque jour soit le dernier. Nous étions alors des terroristes. C’est à cette période que j’ai compris que les murs les plus contraignants et les plus violents ne sont pas les murs de béton, de pierre ou de fer des prisons, mais ce qu’une dictature vous force à porter en vous-même, ces murs d’humiliation, de renoncement et d’épuisement ; ces murs qui vous privent jusqu’à votre identité.
On a inventé pour Achraf toutes sortes de nouveaux murs immatériels. Tout d’abord le mur de l’oubli, puis celui du mensonge, puis celui du silence, puis celui du blocus alimentaire et sanitaire. Enfin, le mur de décibels et puis le mur de l’écoute et du brouillage électronique.
Le progrès technique a toujours enflammé l’imagination des bourreaux. De l’autre côté de ces murs invisibles, la mort rôde en permanence autour du camp et parfois elle y pénètre avec une violence incroyable. Celle d’une chasse à l’homme où tous les coups sont permis ; tuer et laisser mourir ; abandonner des blessés et prélever les otages innocents et impuissants.
Quand le calme revient, il ne reste plus aux survivants qu’à pleurer leurs morts et les mettre en terre.
C’est ainsi que l’on croit pouvoir venir à bout de la résistance d’un peuple. Mais à Achraf, l’espoir revient vite car malgré les murs, chacun sait que cet espoir est partagé par des milliers de frères et de sœurs réfugiées à travers le monde : vous en êtes ici, chère Myriam Radjavi, la représentante. C’est ainsi que l’on croit pouvoir venir à bout de la résistance d’un peuple. Mais à Achraf, l’espoir revient vite car malgré les murs, chacun sait que cet espoir est partagé par des milliers de frères et de sœurs réfugiées à travers le monde : vous en êtes ici, chère Myriam Radjavi, la représentante. »
Chaghayegh Rajabi est une jeune fille de 13 ans qui vit dans le camp d’Achraf. Son père a été exécuté à la prison  d’Evine il y a 4 ans et sa sœur faezeh, âgée de 19 ans, a été tuée dans le massacre du 8 avril dans le camp d’Achraf.
« Et voilà ce qui distingue le bourreau de la victime, le geôlier de son prisonnier : les uns préparent l’avenir tandis que les autres détruisent le présent. Préparer l’avenir, chers et tendres amis d’Achraf, c’est le prix de votre sacrifice mais ce n’est pas le seul : il faut compter aussi avec l’exemple que vous donnez à tous les opprimés, et le message d’espoir écrit avec votre sang que vous adressez à l’humanité.
Je vous remercie. » Danielle Mitterrand.
Aujourd’hui nous sommes encore ici pour la protection des réfugiés d’Achraf et de ceux du camp Liberty. Comment est-ce possible que les accords de Noël dernier passés avec l’UNAMI, avec le HCR, avec le  haut commissariat aux droits de l’homme ne soient pas respectés ? Comment est-ce possible que les entretiens individuels que le HCR doit mener avec tous les réfugiés n’aient pas commencé. Les nouvelles sont angoissantes quand on sait que le camp Liberty est une véritable prison.
Pourtant ce n’est pas d’un camp prison dont les Achrafiens ont besoin, mais d’un camp de réfugié avec tous les droits que donne ce statut. L’eau manque ainsi que l’électricité. Les infrastructures du camp sont dans un état de délabrement désastreux. Les réfugiés d’Achraf ne demandent que de pouvoir vivre dans des conditions décentes et que leurs droits soient respectés. La charte des droits de l’homme est aussi pour eux. Il faut le répéter pendant ce mois de mars où se tient le conseil des droits de l’homme.

L’objectif irakien annoncé est de casser l’opposition iranienne. Le gouvernement irakien l’a explicitement affirmé à son ami d’aujourd’hui, le régime iranien. Mais sommes-nous face à un nouvel espoir? Qu’en est-il de la position de Mme Clinton  et de la radiation immédiate de la liste terroriste américaine de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran ? Je n’en dirai pas plus pour laisser les intervenants développer les questions qui nous préoccupent aujourd’hui et les appels que nous voulons lancer depuis  ici. Ensuite la salle aura la parole.

 

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