lundi, novembre 28, 2022
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Certains voient dans un groupe de guérilla l’unique espoir de l’Iran

Nasser Sharif, Certains voient dans un groupe de guérilla l’unique espoir de l’IranDe Vk Jolly

The Orange County Register – Nasser Sharif sait comment se débarrasser du régime clérical de son Iran natal : laisser un groupe actuellement sur la liste terroriste des Etats-Unis s’en charger, par la force si nécessaire.

Alors que les Etats-Unis et l’Iran sont opposés dans le conflit autour des ambitions nucléaires de Téhéran, Sharif, co-propriétaire d’un salon de beauté à Corona del Mar en Californie, frappe aux portes de ses députés.

Il est à la recherche de partenaires pour ce qu’il considère comme un futur Iran démocratique en promouvant les Moudjahidine du peuple en tant que véhicule de cette liberté gagnée.

Chaque fois qu’il en a l’occasion, Sharif déclare son soutien pour le groupe de guérilla dont les membres sont actuellement sous protection américaine A la Cité d’Achraf, au nord de Bagdad. Il juge que ce groupe constitue la principale alternative évidente aux mollahs à la tête de l’Iran.

« Nous pensons que c’est notre seul espoir de renverser le gouvernement iranien », dit-il.

Sharif, 44 ans, s’est rendue avec sa femme et des centaines d’autres à Lafayette Park à Washington et devant le Federal Building de Los Angeles. Il a manifesté contre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad devant le bureau des Nations Unies.

Lui et d’autres partisans de ce groupe, connu sous le nom de OMPI, ont lancé une campagne ici et à l’étranger afin de gagner de nouveaux alliés. Et malgré son statut de terroriste, un groupe de pression bien organisé affilié à l’OMPI est parvenu à attirer l’attention de certaines personnes au Congrès.

Le groupe, qui s’est allié à Saddam Hussein pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak, veut que son nom soit retiré de la liste des organisations terroristes étrangères du département d’Etat. Mais tout le monde n’est pas d’accord sur le fait que ces Combattants du Peuple détiennent la clé d’un changement de régime, ou même qu’ils seraient mieux que le gouvernement actuel.

« Les gens ne veulent pas choisir entre un gouvernement en Iran qu’ils n’aiment pas et une organisation terroriste qu’ils détestent », a expliqué Trita Parsi, présidente du Conseil national iranien américain, organisation à but non lucratif basée à Washington, dont l’objectif est de promouvoir la participation dans la vie civique. « En fin de compte, un terroriste est un terroriste. »

Mais avec le durcissement de la rhétorique face à la progression de l’Iran vers le développement nucléaire, les partisans avancent que l’ennemi d’un ennemi peut être utile, même s’il n’est pas exactement un ami. Le groupe, disent-ils, est en faveur d’élections libres en Iran depuis des années et déposerait ses armes et participerait au processus politique si cela devait arriver.

Les partisans disent aussi que l’OMPI était le premier à tirer la sonnette d’alarme à propos des projets nucléaires de l’Iran, dont l’existence d’une usine d’enrichissement d’uranium à Natanz en 2002. Les critiques cependant émettent des doutes à ce sujet.

Le département d’Etat américain a déclaré ceci à propos du groupe :

« Pendant les années 1970, le MEK a tué des soldats et des civils américains travaillant sur des projets de défense à Téhéran et ont soutenu la prise de l’ambassade des Etats-Unis en 1979 à Téhéran. »

Depuis, leurs actions sont dirigées contre le régime iranien et ses installations sur toute la planète.

Dans une lettre datée du 6 janvier à la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, le député républicain Tom Tancredo du Colorado, ainsi que Brad Sherman, démocrate de Sherman Oaks, lui ont demandé comment faire disparaître le nom de l’OMPI de la liste des terroristes.

« Que les allégations d’activités antiaméricaines passées soient exactes ou non, l’OMPI n’est pas Al Qaïda, selon nous, et ne constitue pas non plus une menace similaire pour la sécurité nationale américaine », ont écrit les députés.

Ils ne sont pas allés jusqu’à demander à Rice de retirer le statut de terroriste du groupe, qui date d’une initiative fâcheuse de l’administration Clinton d’apaisement du régime iranien en 1997.

Interviewé par téléphone, Tancredo a déclaré que le fait que l’OMPI contrôle ou non les rênes du pouvoir en Iran n’était pas son problème.

« On doit chercher des alliés et des amis partout où l’on peut, et on a ici un groupe de gens qui savent comment s’y prendre et qui veulent renverser le régime », a-t-il dit.

Le fait que les membres de ce groupe soient sous garde américaine à la Cité d’Achraf est « on ne peut plus bizarre », selon Tancredo.

« Je ne peux l’expliquer si ce n’est par le fait qu’il existe un accord général entre l’armée et le département d’Etat sur le fait que la raison pour laquelle ils apparaissent sur la liste terroriste n’a rien à voir avec la menace potentielle qu’ils représentent pour les Etats-Unis », a-t-il dit.

Le porte-parole du département de la Défense a affirmé que les 3400 membres du camp d’Achraf avaient le statut de « personnes protégées » en vertu de l’article 27 de la quatrième Convention de Genève depuis 2004.

« Ils ont totalement coopéré et se sont volontairement désarmés », a rappelé le lieutenant colonel Barry Venable.

Le département d’Etat n’a pas répondu aux questions concernant le projet de retirer l’OMPI de la liste de la terreur ou ce que deviendraient les habitants de la Cité d’Achraf. Nous n’avons eu aucune réponse à un appel téléphonique passé à la mission iranienne aux Nations Unies.

Certains expatriés d’Orange County qualifient les membres de l’OMPI de « mollahs à cravates ».

Les origines du groupe remontent aux années 1960. Décrits par les diplomates comme étant un mélange de marxisme et d’Islam, l’organisation a été expulsée d’Iran après la révolution islamique de 1979.

Soutenu par l’ennemi des ayatollahs, Hussein, le leader du groupe Massoud Radjavi, a formé un conseil à Téhéran. Le quartier général du conseil a été transféré plus tard en France, où Radjavi était exilé.

Selon le site Internet de l’aile politique de l’OMPI, le Conseil national de la Résistance iranienne, Radjavi est le président du conseil et sa femme, Maryam, a été élue en 1993 présidente de la République. Alors qu’elle est toujours en France, le lieu où se trouve son mari (qui a été expulsé du pays) est inconnu.

Le groupe a été décrit par certains comme une secte, allégation niée par ses partisans. Le New York Times a rapporté que « certains détracteurs disent que les Radjavi font un lavage de cerveau à leurs fidèles, les forcent à abandonner leurs conjoints et enfants et emprisonnent ou tuent ceux qui leur résistent ».

Ce qui rend les Moudjahidine difficilement déchiffrables, c’est le fait que le groupe présente au moins deux facettes, d’après le Times. « L’une mène une opération très disciplinée depuis l’intérieur de l’Irak avec sa propre armée, son code vestimentaire, calendrier, rituels, presse typographique, camps d’entraînement militaire, cliniques et ce qu’il appelle ‘camps de rééducation’ ».

« L’autre, d’après le Times, a des bureaux dans les capitales du monde entier sous l’aile politique du groupe représentée par des personnes sophistiquées et multilingues en costumes-cravates. »

Le statut de l’OMPI pourrait reposer sur le résultat d’une lutte entre le département d’Etat et le Pentagone, a déclaré l’expert régional Juan Cole.

« L’OMPI a des partisans puissants, comprenant des néo conservateurs, au Pentagone et ces derniers luttent contre le Département d’Etat pour retirer l’étiquette d’organisation terroriste de l’OMPI », selon Cole, professeur d’histoire du Moyen-Orient à l’Université du Michigan, en réponse à nos question envoyées par e-mail.

Cole ne pense pas que le groupe soit une alternative viable aux leaders religieux et affirme qu’une alliance américaine avec celui-ci ne ferait qu’aliéner les Iraniens qui abhorrent ses membres et les considèrent comme des traîtres.

« L’OMPI est détesté … à l’intérieur de l’Iran », a-t-il dit. « Ils se sont basés dans un Irak baathiste et font exploser les choses à l’intérieur de l’Iran. Ils n’ont aucun soutien populaire. »

Concernant les allégations des partisans du groupe selon lesquelles ils ont fourni aux USA des informations crédibles à propos de la capacité nucléaire de l’Iran, Cole a répondu : « L’OMPI a certainement fait un énorme battage autour du programme nucléaire iranien auprès du Pentagone, jouant un rôle similaire à celui d’Ahmad Chalabi et de ses mensonges à propos de l’Irak ».

Chalabi, ancien leader exilé, a été accusé d’avoir disséminé des informations non fondées sur la présence d’armes de destruction massive dans les mois qui ont précédé l’invasion menée par les Etats-Unis en 2003.

La communauté iranienne locale connaît des hauts et des bas depuis janvier 2002, lorsque le président Bush a caractérisé l’Iran d’un des trois pays de l’ « axe du mal », aux côtés de la Corée du Nord et de l’Irak.

Peu sont en faveur d’une frappe militaire américaine contre l’Iran, pensant qu’il vaut mieux soutenir un mouvement démocratique à la place. Tandis que certains restent ambivalents sur le rôle de l’OMPI, la plupart ne le sont pas.

« Ils ont commis des actes terroriste en Iran qui ont tué un grand nombre de gens, et je n’ai aucune sympathie quelle qu’elle soit pour ce groupe », a déclaré Ali Farahani, 40 ans, originaire de Téhéran, et habitant à Irvine, représentant commercial pour une société de distribution.

Les partisans du groupe avancent qu’ils visaient les installations militaires et les dirigeants, non les civils.

Le groupe a conclu une trêve avec Hussein car il sentait que la guerre contre l’Iran n’était dans l’intérêt d’aucun pays, d’après Sharif. Et parce que le régime iranien considère l’OMPI comme une menace, ses membres sont exécutés dans le pays aujourd’hui encore, a-t-il ajouté.

Mike Vali, qui est arrivé la première fois aux Etats-Unis en 1978 pour ses études, dit qu’il connaît la terreur que le régime inflige aux activistes de la démocratie.

Le régime a tué 10 de ses proches, dit-il. Mais l’enlèvement de son cousin de 15 ans qui distribuait des prospectus pour promouvoir la démocratie, reste gravé dans la mémoire de Vali.

Son cousin, dit-il, était en train de dormir lorsque des membres des Gardiens de la Révolution d’Iran l’ont enveloppé dans une couverture au beau milieu de la nuit à Téhéran. Il a été plus tard fusillé, selon Vali.

Vali n’a pas voulu donner le nom de son cousin car il craint pour la sécurité de ses proches. Nous n’avons pas pu vérifier de manière indépendante l’exactitude des informations fournies par Vali.

Vali et Sharif disent que l’OMPI est soutenu par les exilés, ainsi que par beaucoup de personnes en Iran. Et ils ont ajouté que les mollahs étaient activement engagés dans la diabolisation de ce groupe.

« Les allégations sur le fait que (l’OMPI) soutient les ennemis ne sont que des mensonges » inventés par les services de renseignement iraniens, accuse Vali, 44 ans.

Même dans un climat post-11 septembre, Sharif ne pense pas que vendre un groupe paraissant sur la liste terroriste américaine soit une tâche difficile. Après tout, le monde est conscient maintenant que la menace provenant des extrémistes islamiques est réelle.

A l’occasion d’une interview récente au Register, il est venu armé de plusieurs références Internet, rapports de pays européens et d’un document d’une conférence nationale à Washington, soutenant l’OMPI.

Selon la ligne de l’OMPI : la guerre n’est pas la réponse pour stopper les mollahs, ni la politique d’apaisement. L’Iran n’a pas besoin d’être une puissance nucléaire. Les Iraniens peuvent reprendre le contrôle de leur pays avec l’aide de groupes de résistance.

« Si vous retirez l’OMPI de la liste (du terrorisme) en tant que principal groupe d’opposition, vous redonnez espoir aux gens », a-t-il dit.

Sharif est un partisan de l’oMPI depuis qu’il a quitté le lycée à Téhéran.

Trois de ses amis ont été arrêtés pour des activités pro démocratiques, a-t-il rapporté.

De peur d’être lui aussi poursuivi en justice, Sharif a fui en Turquie au début des années 1980. Plus tard, il a obtenu l’asile politique en Allemagne, puis en 1990, a déménagé aux Etats-Unis.

« Je travaille, je pense à l’Iran. Je vais dormir, je pense à l’Iran », dit Sharif. « Tout ce qui m’est possible de faire pour obtenir un Iran démocratique, je le fais. Je ne peux pas oublier mes compatriotes. »

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