mardi, février 7, 2023
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Ce que je veux pour ce pays, c’est la liberté – Pascal Terrasse

CNRI – « Quand je vois votre Présidente dire qu’une intervention militaire de pays étranger en Iran serait une mauvaise chose, je partage en effet cet engagement-là, c’est évidemment très important », a déclaré Pascal Terrasse, député de l’Ardèche, le 20 février dans une conférence à la salle Colbert de l’Assemblée nationale. Video

Organisée à l’initiative du Comité parlementaire pour un Iran démocratique, la conférence sur « les perspectives en 2013 au Moyen-Orient et en Iran, le rôle de la France », a rassemblé de nombreux députés de tous bords, notamment Bruno Leroux, président du groupe SCR, et des personnalités de premier plan. Elle a également invité Mme Radjavi la présidente de la résistance iranienne, à venir s’exprimer.

 

Voici les moments forts de l’intervention de Pascal Terrasse :

Je suis évidemment très heureux d’avoir entendu des personnalités très différentes. D’abord un démocrate à qui je voudrais apporter le salut fraternel des socialistes français. Il n’en demeure pas moins que le résultat obtenu par Obama lors des dernières élections pour beaucoup de socialistes, en tout cas français, était vu comme un élément aussi positif dans la politique étrangère des États-Unis et en particulier de votre formation politique, puisque évidemment les États-Unis jouent un rôle majeur dans l’organisation de la démocratie des pays qui aspirent à devenir libres.

Et c’est le cas notamment du combat que mène Maryam Radjavi depuis un certain nombre d’années. Nous étions très peu à l’époque, puisque cela fait maintenant près de dix ans que je suis à vos côtés, et au départ il y avait très peu de personnes qui pensaient que le Conseil national de la Résistance iranienne puisse être reconnu pour ce qu’il est, c’est-à-dire la manifestation d’un groupe qui a pour mission de porter la parole de la laïcité, des droits de l’homme, de la démocratie dans un pays que nous aimons évidemment tous.

Je le dis ici parce que c’est important. Toutes les personnes qui sont ici dans cette salle sont des amis de l’Iran, qui est un grand pays, qui est un pays avec une culture qui est absolument extraordinaire. Toutes les personnes qui sont dans cette salle comme moi sont des amis des Iraniens. Et quand je vois votre Présidente dire qu’une intervention militaire de pays étranger en Iran serait une mauvaise chose, je partage en effet cet engagement-là, c’est évidemment très important.

Je crois que pour faire évoluer et pour faire prendre conscience au fond des réalités sur votre pays, dans votre pays, il faut impérativement que la résistance à l’extérieur soit organisée, c’est votre cas et on le sait depuis de nombreuses années. Mais il faut également que cette résistance s’organise à l’intérieur. Et je sais qu’elle est très nombreuse, et qu’elle est parfois d’ailleurs étouffée et que certains de vos amis, de vos camarades y laissent leur vie chaque jour, et je pense en ce moment-là à eux en particulier, c’est à eux que je veux aussi rendre hommage.

Il y a aujourd’hui du côté des autorités internationales, on l’a vu avec le représentant sénateur démocrate qui était ici, mais d’autres pays de l’Union Européenne avec des engagements très forts à l’égard de l’Iran pour une pression qui irait vers plus de démocratie. C’est notre engagement, ça mettra du temps, inévitablement. Il faut que nous y travaillions, les choses avancent doucement. Je pense, et puisqu’on est dans un colloque, dans un débat, que cette transition démocratique ne se fera pas sans une réconciliation. Je le crois et j’en suis convaincu.

On sait ce qui se passe actuellement au Mali. On a réglé partiellement le problème au Mali entre le nord et le sud, mais on sait tous en réalité que l’évolution, l’évolution de ce pays d’un point de vue des institutions se fera par des relations approfondies entre les ennemis. On voit ce qui se passe en particulier, puisque c’est un pays dont j’ai la charge ici à l’Assemblée Nationale en tant que secrétaire parlementaire de la francophonie, en Côte d’Ivoire où il y a eu des conflits majeurs dans ce pays. On sait que ça passe aussi là par la réconciliation inévitablement entre ces parties prenant belligérantes qui se sont à un moment donné affrontées. Donc, je crois que l’étape d’après, puisque la reconnaissance aujourd’hui du CNRI sur la scène internationale est acquise, doit passer à un moment donné par une discussion avec celles et ceux qui pouvaient être en place et qui seraient prêts au fond à faire en sorte que l’Iran puisse aboutir à un pays où la démocratie soit celle que vous souhaitez, un pays des droits de l’homme, un pays qui a toute sa place dans le concert international des pays libres, des pays où il fait bon vivre, des pays où les hommes et les femmes puissent s’épanouir en toute liberté. Voilà le message que je voulais vous faire passer, en tout cas, merci.

Et je dirais un mot, parce que je n’ai pas pu le faire la dernière fois, mais je le dis ici. Lors de mes dernières élections législatives, et certains le savent ici, j’ai été personnellement attaqué par des sites internet, par des actions violentes qui ont touché ma personne et ma famille, il y a quelques mois. Sur le principe que je serais le soutien à un mouvement intégriste, islamiste et terroriste. Celles et ceux qui ont porté ces messages, on le sait, sont proches en particulier des milieux d’extrême droite français, avec toutes les informations que l’on a pu recueillir, on le sait très bien. Moi, excusez-moi, je n’ai aucune relation avec les autorités iraniennes aujourd’hui, moi je ne participe pas aux fêtes et aux petits fours offerts par l’ambassadeur d’Iran ici en France.

Moi ce que je veux pour ce pays, c’est la liberté, et donc dans le combat que j’ai mené aux législatives, paradoxalement, au fin fond de mon Ardèche, le problème de l’Iran a été aussi dans ma campagne électorale, pour vous dire. J’ai été aussi heureux d’accueillir de nombreuses femmes du CNRI dans un lieu où la résistance a été organisée par une protestante à l’époque, Marie Durand, qui est restée trente ans embastillée dans la tour de Constance, qui avait ses convictions, qui étaient celles de la religion réformée, ce qu’on appelle les protestants, mais qui a cru à la liberté, qui a cru aux forces des droits de l’homme à l’époque, comme on le disait, et les députés qui se sont succédé après Marie Durand même si elle n’a pas été élue, ont porté dans mon département ces valeurs de liberté et donc je suis aussi très heureux et content, d’être à vos côtés pour porter ces valeurs de liberté..