mardi, novembre 29, 2022

Caveat Emptor !

Par le député britannique Brian Binley 

The Hill, le 26 juillet – La situation que je présente ci-dessous peut vous sembler imaginaire, mais c’est la dure réalité d’un groupe d’exilés iraniens qui ont fait confiance aux Etats-Unis et risquent désormais d’être massacrés.

Imaginez un instant que vous êtes un résident du camp d’Achraf en Irak, l’un des quelque 3.400 opposants iraniens sans défense qui ont été classés comme des  « personnes protégées » en vertu de la Quatrième Convention de Genève par les Etats-Unis en 2004 – seulement après de nombreux rapports de divers organismes américains des renseignements et d’investigation.

Considérez ensuite que le gouvernement du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, qui a des liens sans pareil avec le Corps des gardiens de la révolution (CGR) de l’Iran et le guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei, a attaqué à deux reprises votre camp – une fois en juillet 2009 et à nouveau en avril 2011 – tuant environ 50 hommes et femmes non armés et blessant des centaines d’autres résidents non armés. Par la suite, al-Maliki et son gouvernement ainsi que ses proches collaborateurs ont explicitement exprimé leur désir d’anéantir les résidents d’Achraf et de fermer le camp d’ici la fin de 2011.

A présent, les résidents d’Achraf, qui sont, entre autres, confrontés à un blocus inhumain de leur camp et n’ont pas le droit de procurer à leurs blessés et malades même un accès minime aux soins médicaux, reçoivent maintenant les conseils d’une personne aussi importante que l’ambassadeur des Etats-Unis Lawrence Butler, secrétaire adjoint au sein du bureau des Affaires du Proche Orient. Il propose que le camp des résidents soit déplacé ailleurs en Irak. La question qui se pose est : « Faut-il suivre ses conseils ou non ? »

Considérons la proposition de Butler. Oui, vous avez bien entendu ! Sa suggestion est destinée à contrer celle du Parlement européen qui réclame le transfert volontaire des résidents d’Achraf dans d’autres pays, où ils seraient protégés des attaques criminelles de Maliki et de ses forces, qui agissent apparemment sous l’injonction de Khamenei et d’autres mollahs de Téhéran.

Alors, comment un déplacement d’Achraf vers d’autres lieux secrets à l’intérieur de l’Irak  apportera plus de sécurité aux résidents d’Achraf ? L’ambassadeur des Etats-Unis n’a pas de réponse à cela, ou peut-être ne s’inquiète-t-il pas assez des milliers de vies humaines pour parvenir à une proposition rationnelle. Ecoutons le général Hugh Shelton, ancien chef d’Etat-major des  armées, qui était à Washington le 17 juillet et a déclaré à propos du plan Butler ce qui suit :
« Son idée que les résidents d’Achraf soient transférés quelque part ailleurs en Irak sans aucune assurance ni même aucun souci de leur sécurité ou même fournir une justification pour expliquer en quoi c’est une bonne idée, à part de dire que ça les éloignera de la frontière, est épouvantable. Cela m’a incité à me demander : mais que boit cet homme ? ».

Un tel transfert est en effet le meilleur moyen de terroriser les résidents d’Achraf pour qu’ils soient tués par les forces de Maliki, qui ont montré qu’elles étaient capables du meurtre prémédité d’hommes et de femmes désarmés.

Evidement, ni vous ni personne d’autre n’accepteraient les conseils de l’ambassadeur, en particulier si vous considérez que la résolution a été adoptée à l’unanimité par la commission des Affaires étrangères de la Chambres des Représentants des Etats-Unis sous la forme d’un amendement au HR 2583 de la loi d’autorisation des relations étrangères de l’année fiscale 2012. La résolution, présentée par le député Ted Poe (Républicain -Texas), stipule que les Etats-Unis, parmi d’autres actes de soutien aux résidents d’Achraf, doivent « prendre toutes les mesures nécessaires et appropriées en conformité avec les accords internationaux pour soutenir les engagements des Etats-Unis d’assurer la sécurité et la protection physiques des résidents du camp d’Achraf ; et de prendre toutes les mesures nécessaires et appropriées pour empêcher le transfert forcé des résidents d’Achraf à l’intérieur de l’Iran et de faciliter la solide présence de la Mission d’assistance des Nations Unies (MANUI) en Irak au camp d’Achraf ».

Comment peut-on concevoir de conseiller aux résidents d’Achraf  d’accepter l’idée de leur transfert à l’intérieur de l’Irak quand une importante commission du Congrès des Etats-Unis a rejeté à l’unanimité cette même notion comme représentant un danger pour la sécurité et la protection physiques des résidents d’Achraf ?

Le président du parlement irakien, Isama al-Nujaifi, a déclaré sans équivoque au Parlement européen le 13 juillet : « Nous soutenons la solution européenne de réinstaller les résidents dans des pays tiers, et s’ils peuvent être transférés en Europe, ce sera une solution logique. Un projet proposé par les Américains de les déplacer à l’intérieur de l’Irak a été rejeté par toutes les parties et nous considérons cela comme inacceptable. Nous soutenons la solution des pays tiers. Nous espérons que les droits humains de ces réfugiés politiques seront respectés et nous regrettons ce qui leur est arrivé ».

Le projet de l’ambassadeur Butler de déplacer les résidents dans des zones inconnues sous le contrôle de Maliki risque de créer encore plus d’horreurs et doit être rejeté immédiatement.

Les Etats-Unis ont signé un accord avec tous les résidents d’Achraf de les protéger jusqu’au règlement final de leur situation ; ainsi, ils ont de manière irréfutable et indéniable une responsabilité légale, morale et politique.

Le Département d’Etat doit tenir compte de l’appel bipartite de la commission du congrès et continuer à garantir la protection des résidents d’Achraf ou soutenir le plan du Parlement européen pour les transférer dans des pays tiers.

La secrétaire Clinton et sûrement le président Obama ne veulent pas contribuer à leur massacre.

Si le Département d’Etat croit que l’option irresponsable défendue par l’ambassadeur Butler pourrait permettre aux Etats-Unis de se laver les mains de leur responsabilité de protéger les résidents d’Achraf, ils font une grave erreur de calcul et les sonnettes d’alarmes pourront claironner : « Caveat Emptor ! » (que l’acheteur soit vigilant !)

Brian Binley est un membre du parlement du Royaume Uni.

http://thehill.com/blogs/congress-blog/foreign-policy/173511-caveat-emptor

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