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Brown sous le feu de la critique pour une interdiction illégale d’opposants iraniens

Par Christophe Booker

The Sunday Telegraph, 23 décembre – Gordon Brown était dans une situation embarrassante la semaine dernière à cause d’un acte vraiment extraordinaire d’illégalité à répétition commis par son gouvernement. À Bruxelles il a été personnellement accusé par de hauts membres du Parlement européen d’acte d’infraction flagrante à la justice britannique et européenne – dans une tentative futile de satisfaire une tyrannie criminelle qui a récemment intensifié sa campagne de terreur contre sa population et qui fournit également des armes en Irak et en Afghanistan pour tuer des troupes britanniques.

Par Christophe Booker

The Sunday Telegraph, 23 décembre – Gordon Brown était dans une situation embarrassante la semaine dernière à cause d’un acte vraiment extraordinaire d’illégalité à répétition commis par son gouvernement. À Bruxelles il a été personnellement accusé par de hauts membres du Parlement européen d’acte d’infraction flagrante à la justice britannique et européenne – dans une tentative futile de satisfaire une tyrannie criminelle qui a récemment intensifié sa campagne de terreur contre sa population et qui fournit également des armes en Irak et en Afghanistan pour tuer des troupes britanniques.

Cela faisait suite au dernier épisode de l’histoire choquante sur la manière dont le gouvernement britannique méprise la loi dans toutes les directions en refusant de retirer de sa liste des organisations terroristes les Moudjahidine du peuple d’Iran (l’OMPI), membre du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), le mouvement qui mène une lutte pacifique pour remplacer la dictature iranienne par un gouvernement laïc, démocratique.

Le 30 novembre, dans une action portée par 25 députés et pairs, la Cour Suprême a ordonné au ministre de l’Intérieur de déposer un ordre préliminaire au Parlement pour enlever l’OMPI de la liste. La cour a jugé que la décision d’inscrire sur la liste noire l’OMPI était "perverse" et "illégale", puisque ce n’était pas une organisation terroriste. Elle avait seulement été proscrite aux côtés d’Al-Qaïda, comme l’a admis Jack Straw, à la demande de Téhéran.

Le ministère de l’Intérieur avait annoncé son intention de faire opposition à la décision de justice et le 13 décembre M. Brown a dit aux parlementaires du comité de liaison de la Chambre des Communes que son gouvernement ignorerait le verdict, comme le ministère des Affaires étrangères en avait informé Téhéran. Mais le 14 décembre, la haute cour de justice a refusé la demande de recours en la disqualifiant.

La seule justification que le gouvernement pourrait maintenant avancer pour désobéir à la justice serait que l’UE, sur l’instigation britannique, avait placé l’OMPI dans sa propre liste des organisations terroristes interdites.

Mais en décembre dernier cette décision a aussi été jugée "illégale" par la justice européenne. Dans un acte sans précédent de défi, le Conseil des ministres de l’UE a décidé pour la deuxième fois cette année d’ignorer cette décision, de nouveau sur ordre britannique.

Si le gouvernement britannique a fait appel devant la Cour européenne de justice contre la décision de la Haute cour de  justice, il doit s’attendre à peu de sympathie, puisque la CEJ a déjà jugé que l’interdiction de l’OMPI est contraire à la loi de l’UE. Notre gouvernement a ainsi été sous tous les aspects pris de court dans son illégalité imprudente.

À Bruxelles mardi, Mme Maryam Rajavi, la dirigeante du CNRI, s’est présentée devant les eurodéputés à l’invitation d’un éventail de  membres de premier plan du Parlement européen, y compris trois vice-présidents.

"Ne laissez pas l’histoire vous juger comme Neville Chamberlain", a-t-elle dit, interpellant directement M. Brown pour qu’il arrête de mépriser la justice en mettant hors-la-loi une organisation qui bénéficie de l’appui immense de la masse des Iraniens opprimés et qui a d’abord alerté le monde des plans de leur régime pour développer des armes nucléaires (des plans insiste-t-elle qu’il est loin d’avoir abandonné).

"Regardez le carnage causé par les mollahs en Irak, en Afghanistan, au Liban et en Palestine", a poursuivi Mme Radjavi. "Ne savez vous pas qu’un jour le gouvernement britannique devra répondre aux peuples du monde pour préparer le terrain de la Troisième guerre mondiale ?"

Plus de 700 eurodéputés et parlementaires de toute l’UE ont soutenu l’appel de Mme Rajavi à ce que l’ONU se penche sur le bilan détaillé et épouvantable des droits de l’homme du régime actuel de Téhéran, allant des exécutions massives d’opposants politiques aux "pendaisons publiques de jeunes et même de femmes à des grues" juqu’aux "lapidations" et "terribles tortures".

L’énigme réelle – comme le souligne Mme Radjavi – est de savoir à qui a profité "le fait que la Grande-Bretagne soit devenue le principal partisan du régime des mollahs, le parrain du terrorisme" ? C’est une question à laquelle M. Brown doit vraiment nous répondre et aussi au monde.