CNRI – « Nous Français, notre devoir, pour être à la hauteur de ceux qui nous ont précédés, des meilleurs, c’est d’être solidaires avec tous ceux qui souffrent et qui se battent pour la liberté, et aujourd’hui être solidaires des habitants du camp Liberty, c’est amener une petite contribution à ce devoir de solidarité », a déclaré Jean-Pierre Brard, ancien député-maire.
Il participait le 19 janvier dans une cérémonie de vœux au siège de la Résistance iranienne à Auvers-sur-Oise, en présence Maryam Radjavi, au cours de laquelle une déclaration de 14.000 maires et élus français, en soutien à la protection des résistants iraniens, a été rendue publique.
Dans son intervention, Jean-Pierre Brard a ajouté:
Je me rappelle, lorsque nous avons constitué le Comité Parlementaire pour un Iran Démocratique et Laïc, comme cela a été difficile parce que les Moudjahidine du Peuple étaient dénigrés comme étant de dangereux terroristes. Nous, nous savons ce que c’est que des terroristes. Les Nazis disaient des résistants qu’ils étaient des terroristes. Et bien, vous êtes au niveau justement de ceux qui nous ont précédés. Vous êtes des résistants. Et vous traiter de terroristes, c’était l’hommage du vice à la vertu,
Nous n’oublierons pas de quelle façon indigne notre gouvernement vous a traitée, lorsque vous avez été arrêté, emmené, comme une criminelle, pour des délits qui, évidemment, n’avaient jamais existé.
Alors, je suis très content de voir que ce combat des parlementaires dans le pluralisme continue et qu’aujourd’hui, c’est une majorité de députés et de sénateurs qui soutient, Madame la Présidente, votre cause.
Et de ce point de vue, il a été question tout à l’heure d’inaction. Moi, je n’utiliserai pas le mot « inaction ». Je dirai « complicité ». Complicité avec la main du crime. Que ces complicités soient aux États-Unis ou à l’ONU, et on sait le rôle qu’a joué pour Achraf le représentant de l’ONU, monsieur Kobler qui était avec les mollahs contre la résistance, et qui a couvert tous les mauvais coups.
Et au nom de quoi ? Parce que pour certains, avant les droits de l’homme, il y a le business, il y a Total, il y a Renault, il y a Areva et bien d’autres qui avaient des choses à faire en Iran, mais avec les mollahs.
Et nous, Français, avec nos amis, nos frères de combats iraniens, nous avons des devoirs. Nous sommes en 2014. C’est le centenaire de 1914. Rappelez-vous. Nous n’y étions pas ni les uns ni les autres, mais c’est notre histoire commune. Et il y a un homme qui, pour nous, est un exemple : Jean Jaurès. Le 31 juillet 1914, il était assassiné, parce qu’avec ses frères allemands, ils se battaient pour la paix. Et la veille de son assassinat, il était à Bruxelles avec Rosa Luxembourg pour s’opposer à la guerre. Et il faisait partie de ces hommes, comme vous Madame la Présidente, comme tous vos frères et sœurs de combat, qui sont prêts à verser leur sang pour la liberté de leurs compatriotes.
Il ne faut jamais l’oublier. Jean Jaurès.
Madame la Présidente, vous avez parlé tout à l’heure de la laïcité. Avec Aristide Briand, Jean Jaurès est le père de cette grande loi de 1905 qui organise la séparation de l’État et des religions. Non pas au nom de la liberté religieuse d’abord, mais au nom de la liberté de conscience. C’est-à-dire penser ce que l’on veut, y compris croire ce que l’on veut, mais non pas être obligé de croire quelque chose.
La loi de 1905 justement ne joue pas avec la liberté de conscience.
Et, Madame la Présidente, c’est particulièrement courageux de la part de votre mouvement, l’Organisation des Moudjahidine du Peuple, de vous prononcer clairement non seulement pour l’égalité des hommes et des femmes, mais aussi pour la laïcité.
Et pour en terminer avec Jean Jaurès, au moment de l’Affaire Dreyfus, parce que au sein de son propre parti, son combat était contesté, Jean Jaurès a eu cette formule extraordinaire : « Une injustice, ne concernât-elle qu’un homme, reste une injustice et doit être combattue. »
Alors, nous, Français, nous avons des devoirs particuliers. Si nous voulons être fidèles à nos pères de la Révolution française, à nos pères de la Commune de Paris, du Front Populaire, de la Résistance, il faut en être les héritiers véritables. Il faut être prêt à se battre aux côtés de tous ceux qui se battent pour la liberté. Jaurès a versé son sang. Nelson Mandela qui vient de mourir a dit : « Pour mon peuple, je suis prêt à verser mon sang. » Et vous, Madame la Présidente, en Iran, 120000 des vôtres ont déjà versé leur sang pour la liberté de votre peuple.
Et nous, Français, notre devoir, pour être à la hauteur de ceux qui nous ont précédés, des meilleurs, pas de ceux qui étaient avec Pétain, mais ceux qui étaient avec de jeunes généraux de la révolution, avec ceux qui étaient avec Guy Môquet, avec ceux qui étaient à Chateaubriand lorsqu’ils ont été fusillés, notre devoir, c’est d’être solidaires avec tous ceux qui souffrent et qui se battent pour la liberté.
Et de ce point de vue, Madame la Présidente, aujourd’hui être solidaires de l’OMPI, comme nous avons été solidaires de l’ANC, c’est être dignes de nos pères, c’est d’en être les héritiers. Et aujourd’hui être solidaires des habitants du camp Liberty, c’est amener une petite contribution à ce devoir de solidarité.
Soyez remerciée, Madame la Présidente, pour ce que vous faites, parce que, en vous battant pour la liberté en Iran, vous vous battez pour la liberté des hommes et des femmes aux quatre coins de la planète. Et vous êtes digne de ce grand peuple avec sa vieille histoire qui, des anciens Perses jusqu’à aujourd’hui, participent à l’écriture de l’histoire de l’humanité.

