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Au moins 52 exilés iraniens exécutés dans un camp irakien, déclare l’ONU

Par Ernesto Londono

Washingtonpost.com, 4 septembre – Au moins 52 membres d’un groupe d’opposition iranien exilé en Irak ont été exécutés ce week-end, ont déclaré mardi les Nations Unies, suscitant de fortes condamnations des sympathisants à Washington, qui ont appelé les États-Unis à trouver un refuge pour les membres du groupe.

L’attaque de dimanche contre un camp au nord de Bagdad constituait le dernier ciblage des membres des Moudjahidine du Peuple, un groupe autrefois aligné avec Saddam Hussein, dont les membres avaient déposé les armes suite à l’invasion de l’Irak menée par les États-Unis en 2003 après avoir reçu les assurances de l’armée américaine qu’ils seraient protégés. Depuis le retrait de l’armée américaine en 2011, leur sort a constitué l’une des intrigues les plus dramatiques et violentes de l’époque post-américaine en Irak.

Le gouvernement à dominance chiite d’Irak qui déteste depuis longtemps le groupe, est largement suspecté d’implication ou d’acquiescement dans la série d’attaques contre le groupe – également connu comme l’OMPI – pour lesquelles personne n’a été tenu responsable. Celle de dimanche était particulièrement brutale, d’après les photos qui montraient des corps de plusieurs hommes abattus de dos et dans la tête, certains avec les mains liées.

Gyorgy Busztin, l’émissaire de l’ONU à Bagdad, s’est rendu dans le camp dans la province de Diyala un jour après le massacre et a parlé aux survivants. Dans une déclaration, il a exprimé « son indignation face au massacre sauvage des résidents du camp » et appelé le gouvernement irakien à lancer une enquête et « reconnaître sa responsabilité pour la sûreté des résidents du camp ».

Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki a ordonné une enquête sur les assassinats, selon des informations à Bagdad.

L’ancien gouverneur de la Pennsylvanie Ed Rendell, qui fait partie des éminents Américains qui défendent la cause des Moudjahidine, a déclaré qu’il était horrifié que les Nations Unies et les États-Unis n’aient pas fait davantage pour faire sortir les Iraniens d’Irak.

« Nous sommes la risée quand il s’agit de nous montrer à la hauteur de nos obligations morales, » a affirmé Rendell. « C’est notre obligation juridique et morale de les protéger. » (…)

Le gouvernement à Bagdad a cherché pendant des années à expulser le groupe du camp d’Achraf, mais cet objectif est devenu possible seulement après que l’armée américaine se soit retirée d’Irak fin 2011. Presque tous les membres du groupe ont été transférés dans une ancienne base militaire américaine à Bagdad appelé camp Liberty, où ils ont subi des attaques un certain nombre de fois.

Les membres tués ce week-end étaient parmi la centaine restée dans la province de Diyala.

Le Département d’État a appelé dimanche « les autorités irakiennes à agir avec urgence pour assurer immédiatement l’assistance médicale aux blessés et sécuriser le camp contre toute nouvelle violence ou atteinte aux résidents ».