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Appel renouvelé de la Résistance iranienne à une enquête indépendante des Nations Unies sur le massacre du 1er septembre à Achraf

Massacre à Achraf – n ° 102

Mensonges scandaleux du représentant de Maliki pour échapper aux conséquences du crime contre l’humanité à Achraf et préparer le terrain à une plus grande atrocité

Le 26 novembre, Haidar al-Akaili, membre de la soi-disant commission d’enquête de Maliki sur le massacre du 1er septembre, a proféré une série de mensonges éhontés pour tenter de parer à l’indignation internationale et la montée des condamnations. Il cherche aussi à couvrir les appels internationaux à la libération des sept otages et au jugement des auteurs et des commanditaires de ces atrocités, dans le but d’ouvrir la voie à de futurs crimes. Citant Akaili qui appartient au soi-disant ministère des droits humains de Maliki, Reuters écrit :

• « La chose principale que les enquêtes ont révélé jusqu’à présent, c’est que les forces de sécurité irakiennes n’étaient pas impliqués dans cette attaque et c’est un groupe militant inconnu qui était derrière. »
• Démentant que les sept otages d’Achraf sont entre les mains des forces irakiennes, Akailli déclare : « Des photos des personnes présumées disparues ont été distribuées dans les aéroports et aux postes de contrôle et nous n’avons reçu aucune nouvelle d’elles. »
• Il a évoqué la possibilité d’un différend dans le camp et que certains assaillants étaient de l’intérieur. Un autre scénario serait que les sept personnes disparues étaient derrière l’attaque, a-t-il dit.
• Des membres de l’OMPI qui ont vu l’attaque ont fait preuve d’un «grave manque» de la coopération avec les autorités chargées de l’enquête.
• Publiant les déclarations d’Akailli, Reuters ajoute : «Les autorités irakiennes ont délivré 148 mandats d’arrêt pour des membres de l’OMPI pour des crimes commis contre des Irakiens depuis 1991 (…), selon des autorités. »

La Résistance iranienne estime nécessaire de rappeler les points suivants concernant les mensonges ci-dessus :

1. Dans ses communiqués antérieurs, y compris le n° 86 du 1er novembre 2013, le Conseil national de la Résistance révélait que la soi-disant enquête de Maliki servait à dissimuler les atrocités et disait : « Le résultat de « l’enquête de Maliki » est pétri de mensonges à la Goebbels, dans le seul but de laver les mains sanglantes de Maliki. Par pure démagogie, il vise à interchanger les places du bourreau et de la victime et de faire avaler le scénario ubuesque de Ghassem Soleimani, commandant de la Force terroriste Qods, aux Américains, faisant des otages et des 42 membres de l’OMPI survivants du massacre, les auteurs de l’agression du 1 septembre. »

2. L’enquête dont se prévaut le gouvernement irakien est dénuée la moindre valeur juridique et politique. Nulle part au monde le coupable ne mène une enquête. Les déclarations d’Akaili démontrent bien cette position de la Résistance iranienne. Même si le gouvernement irakien continuait cette enquête pendant 50 ans, cela ne le mènerait nulle part parce que ce gouvernement est lui-même le principal auteur de ces atrocités. La seule solution réside dans une enquête internationale indépendante que la Résistance iranienne a demandée à plusieurs reprises dans les lettres aux autorités de l’ONU et des États-Unis.

3. Dans une lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU, au Secrétaire d’Etat américain, au HCR et à d’autres responsables américains et des Nations Unies en date du 30 septembre, le représentant des habitants de Liberty écrit : « Si l’objectif d’une enquête sur un grand crime comme celle du 1er septembre est d’identifier les auteurs et les traduire en justice afin d’en empêcher la répétition, alors comment voulez-vous que le gouvernement irakien soit chargé d’une telle enquête ? Faire confiance à l’enquête du gouvernement irakien se traduira par la clôture du dossier, permettant aux criminels de s’en tirer avec leur crime, de laver les mains sanglantes de Maliki, et enfin d’encourager ce gouvernement à répéter ces crimes. Les enquêteurs du pouvoir irakien sont les mêmes personnes qui, le 1er septembre déclaraient qu’il y avait eu un affrontement entre les habitants d’Achraf et qu’ils s’étaient entretués ! » Il avait ensuite demandé à l’ONU d’assumer « la responsabilité de l’enquête sur le massacre et les exécutions collectives du 1 septembre et de refuser de laisser ce grand crime contre l’humanité tomber dans l’oubli et les principaux coupables s’échapper ; ouvrant ainsi la voie à un plus grand massacre au camp Liberty. »

4. Quant aux sept otages, il n’est guère besoin de distribuer leurs photos dans les aéroports et les postes de contrôle, il suffit simplement que le gouvernement irakien ouvre les portes de ses centres de détention secrets et de ses caches affiliées au Premier ministère. Amnesty International, dans une action urgente le 19 novembre, a déclaré : « On sait désormais que les sept exilés iraniens enlevés le 1er septembre se trouvent aux mains des forces de sécurité irakiennes dans un lieu de détention officieux du centre de Bagdad. Ils risquent se subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, et pourraient être renvoyés de force en Iran. Selon des sources fiables, les sept personnes concernées ont été transférées sous haute sécurité dans un lieu de détention officieux situé sur l’ancien aéroport d’Al Muthana, dans le centre de Bagdad, à la fin du mois de septembre. »

5. A plusieurs reprises, et la dernière fois le 19 novembre, le HCR a annoncé dans un communiqué : « Le HCR et la Mission d’assistance des Nations Unies en Irak (MANUI) demandent également au gouvernement irakien de prendre toutes les mesures possibles pour assurer la sécurité des habitants. Le HCR et la MANUI restent gravement préoccupés par le sort de sept personnes manquantes ayant résidé dans le camp du Nouvel Irak qui ont disparu le 1er septembre et appellent les autorités à les localiser, à assurer leur bien-être et à les sauvegarder contre tout retour forcé. »

6. Dans la première enquête indépendante sur le massacre d’Achraf, après avoir mené des entretiens avec tous les témoins du massacre et les officiers militaires américains déjà en charge de la protection d’Achraf, Perseus Strategies, un institut de Washington, a annoncé le 30 octobre que le gouvernement irakien était directement impliqué dans le massacre. Ce rapport a été rédigé après une recherche exhaustive, y compris des entrevues avec les 42 survivants du camp d’Achraf qui ont échappé à ce crime contre l’humanité.

7. Malgré le fait que le HCR déclare clairement dans de son communiqué du 19 novembre 2013 que depuis le début (en 2011) seulement 300 personnes ont été transférées vers des pays tiers, Akaili dit que jusqu’à présent 1000 ont été réinstallées par l’ONU. Le but de cet énorme mensonge est d’être suivi par un autre où il déclare que 1600 habitants refusent d’avoir des entretiens avec le HCR. Par le biais de cette démagogie, il tente de jeter le blâme de l’échec du projet de réinstallation sur les habitants du camp Liberty et l’OMPI. Or le HCR écrit dans sa mise à jour du 19 novembre : « Encouragé par la volonté des habitants du camp de coopérer avec le processus d’entretiens, le HCR a renforcé les effectifs de son fonctionnement dans le but de compléter les évaluations restantes pour ceux dont les cas n’ont pas encore été préparés. »  Selon les rapports de l’ONU, plus de 2100 habitants, soit 75 % d’entre eux ont été interrogés à ce jour et le reste est en train d’être interviewé.

8. Les 148 mandats d’arrêt lancé contre les habitants du camp Liberty sont des ordonnances forgées dénuées de la moindre valeur juridique et servent uniquement à blanchir les atrocités du gouvernement irakien et le rapt des Achrafiens qui sont tous des personnes protégées en vertu des conventions internationales. Chacune et chacun des habitants du camp de Liberty ont été examinés par neuf organismes américains pendant seize mois et les responsables américains ont ensuite annoncé que rien n’était retenu contre eux.

Par ailleurs, dans un document daté du 2 juillet 2004, ils ont confirmé que tous les Achrafiens sont couverts par la quatrième Convention de Genève. Les habitants, leurs représentants et avocats ont déclaré que si en effet le gouvernement irakien avait des documents crédibles et des preuves sur l’ingérence des membres de l’OMPI dans la répression de la population irakienne, alors il aurait pu facilement déposer plaintes auprès des organismes et tribunaux internationaux, y compris la justice espagnole qui a cité à comparaitre Maliki, son commandant des forces terrestres et d’autres de ses collaborateurs criminels pour crimes contre l’humanité et crimes contre la communauté internationale. Toutefois, le gouvernement irakien n’a jamais fait une chose pareille parce que ces documents et preuves n’existent pas. Au contraire, les documents et les preuves de la Résistance iranienne, qu’il s’agisse du bilan de 27 ans de présence de l’OMPI en Irak, ou à l’égard des crimes de gouvernement de l’Irak contre les membres de l’OMPI à Achraf, sont si puissants qu’ils peuvent facilement conduire à la condamnation des autorités du gouvernement irakien et de leurs maîtres du régime fasciste religieux en Iran.

9. Le manque de coopération des témoins dans l’enquête est un pur mensonge. Comme le dit le communiqué n° 65, « le 25 septembre un groupe de trois individus s’est rendu à Liberty, de la part du général irakien Jamil Chemari pour enquêter sur l’attaque du 1er septembre et interroger certains des 42 témoins transférés d’Achraf à Liberty. Deux d’entre eux, le colonel Abdul-Amir al-Chemari et général Khalis al-Tamimi, un des adjoints de Jamil al-Chemari, tous deux faisaient partie des commandants de l’attaque du 1er septembre. Bien que les avocats des habitants aient récusé cette enquête comme illégale, pour éviter toute excuse et allégation de manque de coopération, un des témoins a déposé pendant 4 heures et demie son témoignage. Mais une fois terminé, le groupe en question n’a même pas voulu remettre au témoin une copie de sa déposition. Les représentants des habitants ont souligné à ce groupe que les 42 survivants étaient prêts à déposer leurs témoignages en présence du représentant de l’ONU ou de l’ambassade des USA et à condition qu’une copie de leur déposition soit remise à chacun d’entre eux pour éviter toute manipulation du témoignage.»

10. Dans les attaques de juillet 2009 et avril 2011, le gouvernement irakien avait aussi tenté de faire passer les Achrafiens pour les auteurs du crime. Tahar Boumedra, directeur du bureau des droits humains de l’ONU et conseiller de la MANUI pour le dossier d’Achraf (2009-2012) a témoigné au parlement britannique le 11 décembre 2012 que : « (Après l’attaque du 8 avril 2011) je suis allé à Achraf. J’y ai compté les corps et je suis retourné à Bagdad.  Nous sommes allés avec l’ambassadeur américain Butler voir le directeur de cabinet de Maliki et son conseiller à la sécurité nationale, son conseiller politique, plus le bureau des droits humains au sein du cabinet du premier ministre. Je leur ai montré le rapport et je leur ai dit qu’il y avait 36 corps, que 36 personnes avaient été tuées. Ils se sont regardés comme si j’inventais une histoire (…) Ils n’ont pas voulu le regarder. J’ai demandé une enquête. Ils m’ont dit qu’ils allaient la faire à leur manière. Et quelle est leur manière d’enquêter ? Je me suis assis avec eux dans le bureau du premier ministre et ils m’ont montré des photos de grenades, de quelques armes légères, de pistolets et de Kalachnikovs. Ils m’ont montré ces photos comme une preuve qu’il y avait des armes au camp d’Achraf et que ces armes avaient été utilisées par les Achrafiens pour s’entretuer. Je savais que ces images n’avaient pas été bien faites, que c’était des images qu’on pouvait trouver dans n’importe quelle source, mais peu importe.  Ces photos ont été utilisées et distribuées aux ambassades à Bagdad, avec des communiqués. Ces communiqués étaient ceux des forces de sécurité impliqués dans l’incident, dans l’attaque et c’était ça l’enquête faite par le gouvernement irakien. »

11. Le 19 septembre, au siège de l’ONU à Genève, Maryam Radjavi présidente élue de la Résistance iranienne a déclaré : Il existe des heures de film de l’assaut des forces de Maliki et des agents du régime à Achraf qui ont été prises par des téléphones portables et des cameras. J’ai parlé personnellement au téléphone avec les témoins. Les cameras de ceux qui ont été arrêtés et puis exécutés les mains liées ont été confisquées. Une de nos demandes, c’est que le gouvernement irakien nous rende les portables et les cameras confisqués. » De toute évidence, une telle preuve est tout à fait essentielle à toute enquête impartiale.

12. Le 11 septembre, 35 hauts responsables américains, dont 10 généraux, 5 officiers responsables de la protection du camp d’Achraf, d’anciens présidents du Congrès et d’anciens candidats présidentiels, d’anciens ministres et ambassadeurs, ont écrit une lettre ouverte au Secrétaire d’Etat John Kerry pour lui dire que « demander au gouvernement irakien qui a commis ces atrocités, de mener une enquête impartiale et de rendre ces résultats publics est absolument ridicule. Mais nous n’avons pas cette prétention à l’objectivité. Le Premier ministre Maliki ignore simplement les requêtes et accepte la faiblesse des réponses des USA et de l’ONU comme un feu vert pour commettre d’autres atrocités. »

13. La Haute représentante de l’UE pour la Politique étrangère a déclaré dans un communiqué le 2 septembre : « Il faut clarifier les circonstances dans lesquelles cet incident violent a eu lieu et ceux qui seront trouvés responsables doivent pleinement en répondre (…) je soutiens pleinement la décision de la MANUI, sous son mandat humanitaire, de mener une évaluation indépendante et transparente de cet événement tragique. J’appelle toutes les parties et particulièrement le gouvernement irakien à faciliter les efforts d’investigations de la MANUI. » .

14. Le 6 septembre, la secrétaire d’Etat adjointe américaine Beth Jones a écrit de la part du Secrétaire d’Etat John Kerry à Mme Radjavi : « Nous soutenons la MANUI et ses efforts pour conduire une enquête indépendante sur ce terrible événement et étayer ce qui est arrivé. Nous avons appelé le gouvernement irakien à pleinement soutenir ces efforts. ».

Soulignant les engagements répétés et écrits des Nations Unies et du gouvernement des États-Unis pour assurer la sûreté et la sécurité des habitants du camp Liberty jusqu’au transfert du dernier habitant hors d’Irak , la Résistance iranienne appelle une fois de plus le Secrétaire Kerry et le Secrétaire général Ban Ki-moon à lancer une enquête indépendante de l’ONU afin de priver le régime iranien et son subordonné le premier ministre irakien de la possibilité de justifier le crime contre l’humanité du 1 septembre et la préparation d’un prochain crime encore plus grand. Les mensonges proférés hier par Akaili, le représentant du gouvernement irakien, font retentir l’alarme et demandent une attention particulière de la communauté internationale.

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 27 novembre 2013

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