CNRI – Après avoir été soumis à la répression et la terreur pendant plus de 30 ans, le peuple iranien est dans la rue une fois de plus pour se débarrasser de l'emprise de la dictature en Iran. Il apprend ces jours-ci que le renversement du régime ne sera pas une simple répétition de la chute du chah. Il y a beaucoup de différences significatives. Le régime du chah a réduit la répression à la demande de Jimmy Carter, alors président des États-Unis. Ce fut suffisant pour provoquer la fin de son régime dans les 27 mois qui suivirent.
Mais l’étendue des crimes de la dictature religieuse et la haine que lui voue la population sont bien plus important qu’au temps du chah. Par conséquent, même si le régime réduisait la répression et la terreur, à peine d’un iota, et cessait la torture dans ses prisons, il ne durerait pas 27 mois, mais serait renversé en moins d'une semaine.
Selon l'AFP du 23 juillet, le Premier ministre britannique a exprimé son soutien aux droits des manifestants en Iran. Il s'agit d'une attitude positive, mais le peuple iranien, ces jours-ci n’est pas impliqué dans un affrontement verbal contre le régime clérical. Son conflit est réel et le prix à payer est très tangible. Les Iraniens sont tués tous les jours dans les prisons, ils sont arrêtés et torturés, mais refuse d'abandonner leur lutte. Par conséquent, ils attendent de ceux qui les soutiennent de faire payer au régime un prix aussi tangible tant que la répression continue en Iran.
L'expérience des dernières décennies a montré que ce régime est totalement dépendant de la répression, du massacre et de la torture. Par conséquent, la communauté internationale ne sera jamais en mesure de forcer les mollahs à renoncer à la répression par le biais de simples condamnations verbales. La communauté internationale porte une lourde charge pour payer le prix réel, c'est à dire de ne pas tenir compte des intérêts économiques, de refuser de céder à l'intimidation du régime, de s’opposer au régime pour ses violations étendues des droits de l'homme. Elle doit également traduire les dirigeants du régime devant un tribunal international pour qu’ils répondent de leurs crimes contre l'humanité.
Bien que le carcan de la terreur en Iran n'ait pas été totalement brisé, la poursuite des divisions et des ruptures au plus haut niveau du régime clérical a encouragé la poursuite des protestations et des révoltes en Iran, ce qui rend la situation irréversible. Nous ne connaîtrons plus jamais les conditions prévalant avant le 13 juin. Ce qui a vraiment été brisé ces jours-ci en Iran c’est le pouvoir du guide suprême. Les gens en Iran ont ressenti l’ombre obscure du guide suprême au-dessus de leur tête durant les trois dernières décennies. Le guide suprême est un dirigeant politique absolu qui se place au-dessus du président, du gouvernement et du Parlement. Il est celui qui peut entrer idéologiquement dans les affaires les plus privées de chaque citoyen iranien et prendre des décisions à ce sujet. Il occupe apparemment une position "sacrée" et aucun citoyen iranien n’a le droit de s'opposer à lui, même en pensée et encore moins en pratique. Au cours des dernières révoltes, le peuple iranien a utilisé cette faille au sommet du régime pour briser ce statut et a payé de son sang tout au long du chemin. Les cris de « Mort à Khamenei » par le peuple et la demande des autres membres du clergé de le révoquer en sont les impacts.
Cela comporte également un message et une leçon pour la communauté internationale. Le message c’est que les Iraniens, qui ont montré la capacité et le courage de bouleverser ce statut-quo, ne devraient pas être ignorés dans les cercles de la politique étrangère en Occident. Les gouvernements, qui, malgré les demandes du peuple iranien de renverser ce régime, parlent de dialogue et de donner une chance au régime jusqu'à la fin de 2009, ressemblent à des joueurs de football hors du terrain, qui n'ont pas d'objectif et courent en vain après une balle.
Mais quelle est la leçon à tirer? La leçon que le peuple iranien donne à la communauté internationale, et en particulier aux dirigeants occidentaux, est la suivante : Le régime des mollahs a réussi à instiller la peur dans le peuple iranien par le biais du guide suprême. Les Iraniens ont pu voir les injustices commises par le guide suprême, mais n’ont pas osé exprimer leur opposition pendant 30 ans. Cependant, quand ils ont trouvé le courage de crier le slogan « Khamenei est un assassin, son pouvoir est illégitime », ils se sont rendus compte qu'ils auraient dû s’en prendre au guide suprême beaucoup plus tôt.
La communauté internationale a également été sous l’envoûtement du guide suprême des mollahs. Elle a perdu sa volonté et elle est incapable de s’opposer à ses mesures illégales et d'intimidation. La répression des manifestations populaires a choqué le monde entier, mais les dirigeants occidentaux en sont encore à envisager la convocation de leurs ambassadeurs en signe de protestation ou la rupture de leurs relations diplomatiques avant la fin de la répression. Ils en sont encore à se demander si cela reviendrait à de l'ingérence dans les affaires intérieures de l'Iran ou non.
Le régime des mollahs n’a aucun respect pour les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sur son programme nucléaire et, plus récemment, Khamenei et Ahmadinejad ont parlé avec arrogance de poursuivre le programme nucléaire du régime. Toutefois, aucun dirigeant des pays occidentaux n’a la volonté de déclarer que sa patience est à bout et que si le régime n'est pas prêt à abandonner son programme nucléaire alors il faut adopter une politique de fermeté à son encontre sans perdre plus de temps. Qu’il faut adopter des sanctions encore plus étendues et qu’il devrait en outre être isolé sur la scène internationale pour être paralyser.
En vérité, de quoi ont peur les dirigeants occidentaux ? Peut-être ont –ils peur des prétentions du régime sur sa capacité à mobiliser les musulmans dans le monde, de sa capacité à prendre des otages et de la rupture des relations économiques. C'est là que les dirigeants occidentaux doivent prendre exemple sur le peuple iranien et refuser de se laisser intimider par un guide suprême faible qui a seulement été capable de survivre en répandant la peur.

