jeudi, décembre 8, 2022
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Analyse – Le soulèvement populaire en Iran : le début de la fin (5e partie)

TéhéranL'Iran a atteint un point de non retour

CNRI – Le 4 juillet, le « Comité pour la sauvegarde de votes», affilié à M. Moussavi a publié un rapport sur de nouveaux cas de fraudes astronomiques dans le cadre de l'élection présidentielle du régime iranien. Le rapport s’y réfère pertinemment comme un « complot organisé pour frauder ». Parmi les cas mentionné on peut citer les suivants :

1. Le représentant du guide suprême, Ali Khamenei, au sein des gardiens de la révolution a envoyé une lettre aux forces armées du régime transmettant les directives de Khamenei, en ajoutant : « Le point de vue sans équivoque de son Excellence, l'ayatollah Khamenei, est la ré-élection de l'honorable président, M. Ahmadinejad. Il est obligatoire que les respectables commandants des forces terrestres adoptent les directives répétées du Guide suprême et donne des ordres en conséquence au personnel sous leur commandement, en particulier les frères conscrits appelés ».

2. De nombreux gouverneurs généraux, gouverneurs et gouverneurs de région ont été nommés de façon très sélective, de manière à ce que qu’avant les élections, 25 gouverneurs aux antécédents militaires ont été mis en place.

3. Au total, environ 22 à 32 millions de bulletins de vote ont été fournis à l’autorité responsable de la supervision de l'élection. Au premier tour, bien que le chiffre de 45,2 millions ait été annoncé comme nombre total des électeurs dans le pays, environ 59,6 millions de bulletins de vote portant des numéros de série ont été imprimés. Puis, un jour avant le vote, conformément à la directive d’Ahmad Jannati, le chef du Conseil des gardiens, des millions de nouveaux bulletins de vote ont été imprimés à la Banque centrale, sans numéro de série. En outre, «50.000 tampons supplémentaires avec des dizaines de millions de bulletins de vote supplémentaires, renforcent le soupçon que des millions de faux bulletins de vote ont bourré les urnes. »

4. Environ 9,7 millions de personnes dans les villes et les villages ont reçu chacun 80.000 Tomans (environ $ 80) en échange de ce qu’on appelle des «actions de justice » pour vendre leurs voix.
D’autres cas :

• Paiements en espèces, distribution de pièces d'or et de coupons d’une valeur de 60 à 80 dollars.
• Distribution gratuite de pommes de terre dans diverses parties du pays, et distribution de riz, de farine et d'huile de cuisson dans les quartiers pauvres.
• Distribution d'argent par les gouvernorats et comités d'aide, en particulier dans les villages.

5. Le remplacement de la hiérarchie des postes politiques et de l'élection au sein du ministère de l'Intérieur par des chefs de service ayant le même point de vue, et écarter tous les cadres expérimentés, mener la même politique pour pourvoir les postes dans les comités exécutifs. Mettre en place des employés dans les bureaux de vote afin d'éviter à des "étrangers" d'y entrer. Par ailleurs, tous les employés et les experts du bureau des élections au ministère de l'Intérieur ont été subitement changé, de même que les fonctionnaires du dépouillement des votes au site Web du ministère de l'Intérieur.

6. La mise en place d’une organisation close et unifiée au sein du ministère de l'Intérieur, des sièges électorales et des comités exécutifs ; la mise sur pied d'une structure unifiée dans les rangs du ministère de l'Intérieur, du siège des élections aux niveaux les plus bas, de telle sorte que le jour de l’élection, seul M. Mahsouli (ministre de l'Intérieur), Danechjou (chef de quartier général des élections), et un autre individu ont été autorisés à entrer au siège de la Compilation des Votes, tandis que les représentants des autres candidats ne pouvaient même pas s’approcher de cette pièce.

7. Une large participation des pasdarans, des Forces de Sécurité de l'Etat (FSE), et des représentants du guide suprême dans divers organes, y compris Saïdi, chef du bureau du guide suprême au sein des pasdaran, et son adjoint, Zolnour.

8. Implication étendue des Gardiens de la Révolution et des dizaines de milliers de miliciens du Bassij en tenue civil payé pour assister à des réunions de campagne d’Ahmadinejad; obliger les gens à voter pour Ahmadinejad par le biais d'intimidation le jour du scrutin dans les bureaux de vote. Le jour de l’élection, les membres du Bassidj étaient largement présents dans les bureaux de vote pour remplir des bulletins de vote. (en Iran il faut écrire à la main le nom du candidat choisi sur le bulletin)

9. Achat et vente de certificats de naissance et de procurations; utilisation de faux certificats de naissance ou de certificats d’autrui pour voter; remise de plusieurs bulletins de vote à une seule personne; absence de tampon sur les certificats de naissance; autorisation de voter sans montrer de certificat de naissance ; permettre aux personnes de moins de 18 ans de participer au vote ; Remplir, verrouiller et étamper les urnes avec des bulletins de vote pré-déterminés ; changer l'emplacement et le nombre des urnes ; absence de contrôle sur un tiers des urnes, c'est-à-dire 14.000 urnes mobiles, ce qui est révélateur de « la volonté résolue de procéder à de vastes fraudes ».

10. Dans des centaines de bureaux de vote, le nombre de votants a été estimé entre 95% à 140% du nombre d'électeurs. Les statistiques pour les villes de 24 provinces (publiées le 15 juin sur le site officiel du ministère de l'Intérieur) étaient en contradiction avec les statistiques publiées le 23 juin, également sur le site officiel du ministère de l'Intérieur Le taux de participation dans 60 villes et 192 circonscriptions a été aussi élevé de 100% à 211% du nombre d’électeurs. Dans 125 villes, plus de 95% des électeurs ont voté. Dans 307 urnes Ahmadinejad a reçu 99% des voix, et dans 2233 urnes ses voix dépassaient 95%, ce qui « indique un modelage uniforme des bulletins de vote avec la plus grande incompétence. »

Menacer Moussavi

Le 4 juillet 2009, le quotidien officiel Kayhan, affilié au guide suprême, accusait Moussavi d’être responsable de «crimes», d’avoir mené «une mission dictée par les forces étrangères » et d’avoir jouer le rôle de la «cinquième colonne» de l’ennemi. Kayhan a demandé Moussavi de « se repentir et de demander pardon ou de faire face à une punition définitive pour le meurtre d’innocents, d’instigation au désordre et au chaos, d’avoir encouragé les voyous à nuire à la population et de causer des dommages aux biens publics, d’avoir ouvertement coopéré avec les forces étrangères et joué le rôle de la cinquième colonne des Etats-Unis ».

Le régime clérical illégitime est pris dans un cercle vicieux qui témoigne de sa fin. Khamenei aurait au moins dû se rappeler que Moussavi était au nombre de ceux qui pendant près d'une décennie ont véhiculé les mêmes accusations contre l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) et de la Résistance iranienne. Cependant, la Résistance iranienne ne cherche pas à présent à accuser M. Moussavi. Au contraire, à un moment où Khamenei le menace à cause des révélations qui ont été faites, de par ses principes, la Résistance iranienne :

A) Condamne toute forme d'agression contre Moussavi, sa famille et ses amis, même dans le cadre de ce régime. Met en garde le régime sur d’éventuel procès ou châtiment, en soulignant que la responsabilité de toute forme d'abus, d'arrestation, ou acte de terrorisme incombera à Khamenei en personne.

B) Avertit au sujet de la sécurité de M. Moussavi et demande au Secrétaire général de l'ONU et au Conseil de sécurité d'envoyer immédiatement une délégation à Téhéran et de contraindre le régime à annuler les élections illégitimes et à accepter des élections libres sous l’égide de l'ONU, conformément à la souveraineté nationale du peuple iranien.

C) Fait appel à l'ONU, à une mission d’enquête internationale, aux juristes, aux organisations internationales des droits de l'homme, et à tous les gouvernements qui refusent de reconnaître les résultats du simulacre d'élection en Iran, de saisir le Conseil de sécurité sur cette élection, la répression et le massacre des innocents en Iran.

Examiner le cas de l’Iran au Conseil de sécurité servira à coup sûr la paix et la sécurité internationale, car cela contribuera à empêcher le fascisme religieux en Iran d'obtenir l’arme nucléaire, d'exporter le terrorisme et de s’ingérer en Irak, au Liban et en Palestine.

 

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