vendredi, décembre 9, 2022
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Analyse – Le soulèvement populaire en Iran : le commencement de la fin (6e partie)

 L’Iran a atteint un point de non retour

CNRI – Le régime iranien n’a pas la moindre capacité de tolérance face aux contestations populaires ; ce qui explique son recours aux accusations mensongères lorsqu’il est confronté aux protestataires. Le guide suprême des mollahs, Ali Khamenei, prétend ouvertement que ce n’est pas le peuple qui est descendu dans la rue aux cris « Mort au dictateur » et « Mort à Khamenei », mais qu’il s’agit plutôt d’ « émeutiers », d’ « agents de la CIA », et de la « cinquième colonne » de l’ennemi. De plus, lorsque les images de la mort de Neda ont plongé le monde dans l’horreur et l’indignation, le régime a fabriqué des histoires accusant un journaliste de la BBC d’avoir mis en scène cet assassinat et attribuant cette affaire à un complot ourdi par le gouvernement britannique.

Les mensonges du régime rappellent des refrains familiers à la Résistance iranienne, bombardée durant trois décennies de fausses accusations par les mollahs. Toutefois, les gouvernements occidentaux ont été pris de court par les mensonges du régime et des tactiques comme la prise en otages d’étrangers. Les pasdarans ont arrêté des employés de l’ambassade britannique, les accusant de se tenir derrière les « troubles » dans les rues de Téhéran. Par ailleurs, une universitaire française a été arrêtée à l’aéroport de Téhéran alors qu’elle s’apprêtait à prendre un avion pour Paris. Elle est accusée d’ « espionnage » pour avoir pris des images de la répression des manifestants en utilisant son téléphone portable avant de les envoyer à l’étranger.

On peut s’attendre à ce que d’autres ressortissants étrangers soient pris en otages ces jours-ci parce que cela constitue l’un des principaux instruments de la politique étrangère du régime. Les mollahs sont persuadés que les prises d’otages sont de bons moyens pour amener un gouvernement occidental à la table des négociations et lui imposer leurs demandes. Et quelles sont-elles ? En apparence et tout d’abord qu’il soit mis fin à ce qu’ils qualifient d’ingérences étrangères dans les affaires intérieures iraniennes. En fait et en coulisses, les mollahs disent : « Evitez d’adopter une politique ferme et sans concession contre nous, et laissez-nous commettre tous les actes illégaux que nous désirons. »

Evidemment cette demande revient clairement à une forme de chantage et d’intimidation, car en tant qu’Etat membre des Nations Unies, l’Iran est tenu de respecter ses obligations internationales. Néanmoins, les mollahs commettent des actes comme des prises d’otage dans le but d’imposer leur volonté au reste du monde.

Malheureusement, gouvernements et hommes politiques occidentaux n’ont pas su comprendre cette réalité. La seule explication du succès du fascisme religieux en Iran à dicter ses termes abominables sur la scène internationale pendant plus de trois décennies, est à chercher dans la politique néfaste de complaisance menée par la communauté internationale.

Face à l’éruption d’une insurrection générale du peuple iranien, le régime des mollahs a agi par la répression, la torture et l’assassinat d’une part contre son peuple et par des prises d’otages et l’intimidation contre les gouvernements occidentaux. Aujourd’hui, il est enfin temps que ces derniers en prennent conscience et reconnaissent une réalité simple pour assumer pleinement leur responsabilité.

Quelle est cette simple réalité ? C’est que le régime des mollahs a mis les condamnations internationales en sourdine, en faisant peu de cas et même s’en moquant. Ce régime à violé les conventions internationales, ces documents dont l’Iran est signataire, sans être vraiment inquiété et en réduisant au silence tous ceux qui ont osé le contester. Le régime de Téhéran a, de surcroît, considéré son droit légitime de poursuivre ses projets nucléaires malgré les protestations internationales. Il se moque même des règles et usages diplomatiques les plus élémentaires.

A la lumière de tout cela, une question essentielle subsiste : pourquoi la communauté internationale manque-t-elle de la volonté nécessaire pour sanctionner ce régime ? Comment expliquer la poursuite de l’illusion voulant que l’on n’ait pas encore offert à Téhéran suffisamment de « paquets de mesures incitatives » ? Les Etats-Unis et l’Union européenne ont-ils placé, de manière illégale et injuste, l’opposition organisée (l’OMPI) sur leurs listes des entités terroristes, respectivement en 1997 et 2002, comme une concession au régime pour qu’il change de comportement ? Est-il vrai qu’en 2002 l’Union européenne ait demandé à l’Assemblée générale de l’ONU de renoncer au vote d’une résolution condamnant les violations des droits humains pour ouvrir une fenêtre d’opportunité au régime iranien ? L’Union européenne a-t-elle continué vainement le dialogue avec le régime sur la question nucléaire depuis 2002 lorsque l’existence d’un programme nucléaire clandestin a été révélée pour la première fois par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) ? Bref, est-il vrai ou non que pendant les trente dernières années et de façon interminable toute une gamme d’opportunités et de paquets de mesures incitatives aient été offerts au régime afin de l’amener à changer de comportement, mais que tous ces efforts ont été contreproductifs ?

Alors, le moment est venu de mettre fin à l’inaction. La perception illusoire que l’on n’a peut-être pas encore offert au régime suffisamment d’ouvertures ou d’opportunités, doit être écartée au profit d’un avertissement ferme au fascisme religieux lui faisant comprendre que notre monde n’acceptera plus de politique de chantage ni d’arrogance.

A cet effet, Mme Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI a demandé instamment à tous les partis et dirigeants politiques, parlementaires, juristes et avocats, intellectuels, écrivains, artistes, syndicats de travailleurs et d’étudiants et organisations de défense des droits de l’homme et de la liberté d’expression à travers le monde, de tout mettre en œuvre pour soutenir le soulèvement du peuple iranien pour la liberté, faire libérer les prisonniers et exprimer leur solidarité avec les familles des victimes et des manifestants arrêtés, et plus spécifiquement appeler le Secrétaire général et le Conseil de Sécurité de l’ONU, tous les Etats membres et toutes les organisations internationales responsables d’adopter les mesures suivantes :

1. L’envoi d’une délégation internationale pour enquêter sur la disparition d’un grand nombre de citoyens iraniens, ainsi que les conditions de détention des prisonniers politiques, surtout ceux arrêtés durant ces dernières semaines, œuvrer pour empêcher que les détenus soient soumis à des pressions pour obtenir des aveux télévisés, et dresser une liste complète des morts du soulèvement, précisant également où se trouvent leurs tombes ;
2. La suspension de toutes les relations diplomatiques et la mise en place de sanctions globales contre ce régime, ainsi que l’interdiction de voyager à l’étranger pour les responsables jusqu’à l’arrêt total de la répression et la libération de tous les prisonniers politiques en Iran ;
3. Contraindre le régime d’annuler ses élections illégitimes et d’accepter des élections libres sous l’égide des Nations Unies, sur la base de la souveraineté du peuple iranien et non pas dans le cadre du pouvoir absolu du clergé ;
4. Saisir le Conseil de Sécurité de l’ONU pour l’examen du dossier de la fraude électorale gigantesque du 12 juin suivie de la répression sanglante du peuple iranien et le massacre des prisonniers politiques, et traduire devant la justice les responsables des massacres, notamment Ali Khamenei et Mahmoud Ahmadinejad.

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