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Action urgente d’Amnesty International : Sept iraniens enlevés au camp d’Ashraf

Craintes de renvoi forcé, craintes de torture ou de mauvais traitements

Enlèvements en cours

Amnesty International, 11 septembre 2013
 
Sept exilés iraniens, membres de l’Organisation des moudjahidin du peuple d’Iran (OMPI), ont été enlevés le 1er septembre dernier au camp d’Ashraf, au nord-est de Bagdad, par des hommes armés qui ont attaqué le camp et tué 52 personnes vivant là. Selon certaines informations non confirmées, ils seraient aux mains des autorités irakiennes. Ils risquent d’être victimes de torture ou d’autres mauvais traitements, et pourraient être renvoyés de force en Iran.

Le 1er septembre 2013, six femmes – Fatemeh Tahoori, Vajihe Karbalaey (alias Vajihe Karbalaey Fatah), Mahnaz Azizi (alias Mahbobeh Lashkari), Lila Nabahat, Zahra Ramezani (alias Sedegh Ebrahimpour) et Fatema Sakhie – ainsi qu’un homme, Mohammad Ratebi (alias Mohsen Nicknamei), ont été enlevés au camp d’Ashraf, situé à environ 60 kilomètres au nord-est de Bagdad, dans la province de Diyala, lorsque des hommes armés sont passés à l’attaque et ont tué 52 résidents. Tous les sept sont membres de l’OMPI, un groupe d’opposition iranien. Amnesty International condamne l’homicide des 52 habitants du camp et réclame une enquête indépendante et impartiale sur cet événement.

Dans le camp, plusieurs témoins ont affirmé avoir vu les sept personnes enlevées menottées, battues et jetées à terre avant d’être emmenées dans un minibus blanc. On ignore où elles se trouvent, bien que certains renseignements laissent penser qu’elles sont incarcérées dans un centre de détention dans l’ancien aéroport Al Muthana, dans le centre de la capitale. Le gouvernement irakien nie toute implication, bien que les forces irakiennes aient déjà été responsables d’attaques dans le camp d’Ashraf, provoquant ainsi la mort de dizaines de résidents.

COMPLEMENT D’INFORMATION

Les résidents du camp d’Ashraf sont des membres et des partisans de l’OMPI, une organisation politique opposée au gouvernement iranien et interdite en Iran, qui a mené des actions armées contre l’État iranien. Le camp d’Ashraf abritait quelque 3 400 exilés iraniens qui ont été autorisés à entrer en Irak par le gouvernement de Saddam Hussein, dans les années 1980.

Après l’invasion de l’Irak par les États-Unis en mars 2003, ce camp et ses habitants ont été placés sous protection américaine ; cette situation a néanmoins pris fin à la mi-2009 à la suite d’un accord conclu entre les autorités américaines et le gouvernement irakien. À peine un mois plus tard, les 28 et 29 juillet 2009, les forces de sécurité irakiennes ont pris le camp d’assaut. Au moins neuf résidents ont été tués et de nombreux autres blessés. Trente-six habitants placés en détention auraient été torturés et battus.

En avril 2011, les troupes irakiennes ont de nouveau attaqué le camp, recourant à une force excessive, notamment en tirant à balles réelles contre les habitants qui tentaient de leur résister. Au moins 36 personnes ont été tuées et plus de 300 autres blessées. Aucune enquête minutieuse, indépendante et impartiale n’a été menée sans délai sur ces événements, ce qui est contraire aux normes internationales, et notamment aux Principes des Nations unies relatifs à la prévention efficace des exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et aux moyens d’enquêter efficacement sur ces exécutions.

En 2011, le gouvernement irakien a annoncé la fermeture du camp d’Ashraf après avoir installé ses résidents dans le camp Liberté à Bagdad. Après le relogement de la majorité des habitants, une centaine de personnes ont été autorisées à rester au camp d’Ashraf afin de résoudre des questions de propriété.

Aux termes d’un protocole d’accord conclu en décembre 2011 entre les Nations unies et le gouvernement irakien, le Haut-Commissariat pour les réfugiés a la possibilité d’examiner les demandes de protection internationale formulées par les résidents de ces camps. Ces personnes sont alors considérées comme des demandeurs d’asile en vertu du droit international. La dernière attaque au camp d’Ashraf a provoqué la mort des 52 personnes qui vivaient encore là. Des vidéos et photos montrent que la plupart des victimes ont été abattues d’une balle dans la tête, d’autres ont été menottées.

Noms : Fatemeh Tahoori (f), Vajihe Karbalaey (f), Mahnaz Azizi (f), Lila Nabahat(f), Zahra Ramezani (f), Fatema Sakhie (f) et Mohammad Ratebi (h),

AU 242/13, MDE 14/016/2013, 11 septembre 2013

 

 

 

 

 

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