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Achraf : Une question d’honneur

Par l’Amiral James A. Lyons

L’Amérique a le devoir de protéger les résidents du camp d’Achraf contre une vendetta de l’Iran

The Washington Times, 11 novembre – Le 7 octobre 1997, sous l’administration Clinton, les Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) ont été qualifiés d’organisation terroriste étrangère (FTO) par la secrétaire d’État de l’époque, Madeleine Albright. L’OMPI représente le principal groupe d’opposition contre la théocratie iranienne. Elle est à l’origine de renseignements cruciaux concernant les sites nucléaires clandestins et secrets de l’Iran.

Selon un haut responsable de l’administration Clinton, la désignation de l’OMPI comme organisation terroriste avait pour but d’être « un geste de bonne volonté » envers Téhéran et son nouvellement élu président « modéré » de l’époque, Mohammad Khatami. Ce geste de bonne volonté suivant de près les attentats à la bombe des tours Khobar à Dhahran en Arabie Saoudite, dont nous avons eu des preuves de l’implication de l’Iran, qui a fait ti 19 soldats américains et blessé plus de 500 personnes, était invraisemblable.
 
De voir ainsi ramper notre gouvernement devant une théocratie iranienne fanatique n’aurait pas dû constituer de surprise. Après tout, lorsque nous avons eu des preuves de son implication dans les attentats à la bombe contre les casernes des marines américains à Beyrouth le 23 octobre 1983 qui ont tué 241 de nos meilleurs militaires et blessé des centaines d’autres, nous n’avons rien fait. Contrairement à un livre récent qui évoque l’incident, l’Agence de Sécurité Nationale avait traduit et répandu l’information d’une attaque « spectaculaire » planifié contre les Marines américains le 27 septembre, presque quatre semaines avant l’attentat. En outre, nous savons depuis des années que l’Iran finance, entraine et arme les insurgés que nous combattons en Irak et en Afghanistan, ce qui continue aujourd’hui, mais qui est passé à la trappe.

Même avec leur implication d’aide aux pirates de l’air du 11 septembre, en raison de notre politique de « non-intervention », nous avons pour l’essentiel signalé aux mollahs fanatiques qu’ils n’avaient aucune crainte à avoir de notre part, en dépit des atrocités qu’ils ont commises contre nous. C’est pourquoi ils n’avaient rien à craindre en tentant d’assassiner l’ambassadeur d’Arabie Saoudite dans la capitale de notre nation. Cet Iran, qui a coûté la vie à des milliers d’Américains, à la fois militaires et civils, qui est hors de portée, est un déshonneur national.

Aujourd’hui, nous nous trouvons dans une autre situation morale dans laquelle nous avons donné notre parole de protéger le principal groupe d’opposition iranien, l’OMPI,au camp d’Achraf en Irak. En juillet 2004, nous avons reconnu les résidents de l’OMPI du camp d’Achraf comme des « personnes protégées » en vertu de la Quatrième Convention de Genève. Avant cela, l’OMPI s’était désarmée en mai 2003, rendant toutes ses armes à la quatrième division d’infanterie de l’armée américaine, et nous avions signé un accord avec chaque individu dans le camp d’Achraf stipulant que nous les protégerons jusqu’à leur « situation finale ». De 2003 à 2009, les forces américaines ont protégé le camp d’Achraf contre les attaques terroristes de l’Iran et de ses agents irakiens. En 2009, la sécurité du camp d’Achraf a été remise aux forces irakiennes.

Le 28 février 2009, l’ayatollah Ali Khamenei a exhorté le président irakien Jalal Talabani en visite en Iran à expulser le principal groupe d’opposition iranien, l’OMPI, du camp d’Achraf. Selon des comptes-rendus de cette visite, l’ayatollah a déclaré « Nous attendons l’exécution de notre accord concernant l’expulsion des hypocrites [OMPI] » vers l’Iran et d’autres régions en Irak où ils disparaitront à jamais.

Se servant de la désignation de l’OMPI par le Département d’État d’organisation terroriste étrangère comme d’une excuse, les forces irakiennes ont lancé une attaque contre les 3400 résidents du camp d’Achraf en juillet 2009, tuant 11 personnes et en blessant 300. La dernière attaque s’est produite le 8 avril dernier. Les forces irakiennes, équipées de véhicules blindés et de Humvees américains, ont tué 36 personnes, dont huit femmes, et blessé plus de 345 autres. La plupart ont été tués par balle et certains sont morts écrasés sous les blindés. Sans surprise, Téhéran a salué l’attaque et demandé à Bagdad de continuer d’attaquer le camp d’Achraf jusqu’à ce qu’il soit totalement détruit.

Le sénateur démocrate de Massachusetts, John Kerry, président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat, a qualifié cette dernière attaque de « massacre ». Le sénateur démocrate du Michigan, Carl Levin, président de la Commission des Forces armée du Sénat, a adressé une lettre à la secrétaire d’État Hillary Clinton lui demandant d’assurer la sécurité des résidents du camp d’Achraf et d’accélérer l’examen du retrait de la désignation FTO à l’encontre de l’OMPI.

Avec le premier ministre irakien Nouri al-Maliki déclarant que le camp d’Achraf sera fermé d’ici le 31 décembre, les mesures pour résoudre la situation des 3400 résidents, dont 1000 femmes, doivent être prises maintenant. La cour d’appel américaine du District de Columbia a décrété le 16 juillet 2010 que Mme Albright s’est fourvoyée en classant l’OMPI de terroriste. Le Département d’État a reçu l’ordre de reconsidérer cette désignation, suggérant fortement qu’elle devrait être révoquée. La raison pour laquelle cette révision procède-t-elle à une vitesse glaciale est impensable, particulièrement parce que tous nos alliés européens ont déjà retiré cette désignation. Nous accrochons-nous encore à l’espoir que nous pouvons négocier avec les mollahs fanatiques ? De telles négociations seraient dépourvues de sens.

Le 13 septembre dernier, le Haut Commissariat aux Nations Unies pour les Réfugiés a formellement annoncé la reconnaissance des résidents du camp d’Achraf comme « demandeurs d’asile » et demandé au gouvernement irakien d’étendre le délai au-delà du 31 décembre, afin de permettre suffisamment de temps pour procéder aux demandes d’asile et à la réinstallation dans des pays tiers. À ce jour, l’Irak n’a pas changé sa position.

Afin de nous assurer que notre parole et notre honneur signifient encore quelque chose, l’OMPI devrait être radiée comme FTO dès à présent. En outre, tous les moyens à notre disposition doivent être employés pour faire comprendre à M. Maliki que le délai du 31 décembre doit être prolongé. Nous n’avons pas sacrifié plus de 4000 vies américaines et fait des dizaines de milliers de blessés en Irak pour former un pays qui peut ainsi être un autre agent pour l’Iran.

Dernier point, les Nations Unies doivent placer des équipes d’observateurs dans le camp d’Achraf pour garantir la sécurité des résidents jusqu’à ce qu’ils soient réinstallés. L’administration Obama a une rare opportunité de non seulement se montrer à la hauteur de ses principes mais également d’envoyer un signal en radiant l’OMPI disant que nous soutiendrons un « printemps perse » de changement de régime en Iran.

L’amiral (à la retraite) James A. Lyons a été commandant en chef de la Flotte Pacifique de la Marine américaine et haut représentant de l’armée américaine aux Nations Unies.

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