vendredi, décembre 2, 2022
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En ce jour des femmes, il est bon de rappeler que la résistance et la persévérance des femmes d’Ashraf se trouve inspirée de celle d’une autre femme (Aude de Thuin)

A l’occasion de la Journée mondiale des femmes, des milliers de défenseurs et militants des droits humains ont participé à une conférence à Paris 10 mars 2012. voici l’intervention, d’Aude de Thuin, Fondatrice du Women’s Forum, présidente du forum Osons La France – Voir le clip

Bonjour. Mme Radjavi, Mesdames, Messieurs – il y en a quelques-uns. Le 8 mars vient de se passer et je me suis toujours posée la question de savoir si cette journée internationale de la femme avait une raison d’être, car pourquoi une journée pour les femmes ? Et le reste de l’année, rien ? Et cela veut-il dire 364 journées pour les hommes ? Après avoir longtemps hésité sur le sujet, je me suis dit que oui, il fallait bien que cette journée de la femme continue. Car il y a trop de femmes en souffrance et ne pas les honorer au moins une fois par an serait finalement regrettable pour elles. Mais ma position sur le sujet des femmes est et sera toujours d’éviter la victimisation pour aller plutôt vers leur force. Car vous le savez comme moi, ce sont les femmes qui aujourd’hui portent ces forces dont le monde à besoin.

Les femmes sont les soutiens, les bases, les mères, les moteurs, les liens, et surtout leur courage est immense et elles honorent par ce courage notre fierté de femmes. J’ai toujours répété que les femmes devaient oser et je suis ravie de voir que de plus en plus un élan d’audace et de courage émane des femmes partout dans le monde. Certes, il reste un long chemin encore à parcourir, mais on constate cependant que dans de nombreux pays – et notamment les pays où il y a la dictature – les femmes participent d’égal à égal au côté des hommes pour réaliser le changement démocratique dans leur pays. Nous voyons alors des femmes oser, des femmes déterminées à prendre leur destin en main. Et puisque nous sommes une fois de plus réunis ici aujourd’hui, il fait souligner et insister justement sur les femmes qui se sont engagées dans cette voie et ont appris à oser. Depuis bien longtemps ce sont les femmes d’Ashraf.

Cela fait 10 ans qu’elles sont soumises à un blocus inhumain et privées de leurs droits humains les plus élémentaires. Beaucoup ont perdues la vie en raison du blocus médical qui dure depuis 3 ans. Elles sont cependant décidées à ne pas capituler devant les dictats des dictateurs. Elles osent croire à l’avenir lumineux de liberté et d’égalité pour leur peuple. En ce jour des femmes, il est bon de rappeler que la résistance et la persévérance des femmes d’Ashraf se trouve inspirée de celle d’une autre femme. Je parle de celle qui dans tous ces instants difficiles, dans toutes ces douloureuses épreuves et dans toutes les étapes complexes de ce douloureux combat a forcé l’admiration par son courage. Je parle bien sûr de Maryam Radjavi.

Mais elle n’est pas seule, à ses côtés ils y a une génération de femmes qui ont appris elles aussi à oser dans tous les instants de leur vie. Je sens entre ces femmes une énergie qui se multiplie et qui propage autour d’elle des valeurs d’humanité. Mais revenons à la situation actuelle au camp Liberty – qui porte si mal son nom – c’est un exemple remarquable de ce que les femmes sont en train de faire. En dépit de toutes les difficultés qui les attendent, malgré le fait qu’elles savaient qu’elles seraient privées de tout jusqu’à leur intimité, elles ont osé prendre le risque d’aller de l’avant, vers la nouvelle épreuve que constitue ce camp Liberty. Je peux comprendre combien c’est difficile pour Maryam, chaque femme peut le comprendre. Mais c’est parce que c’est une femme qui ose, ose et ose encore. Et il est intéressant d’observer que ce sont les intégristes et le régime iranien qui sont terrifiés et ébranlés par la persévérance de ceux qui savent oser.

J’ai eu la chance et l’honneur de recevoir les épreuves du prochain livre de Mme Radjavi que j’ai parcourues. Je l’ai reçu hier soir, je l’ai lu ce matin aux aurores. Ce livre évoque une partie de l’histoire et des valeurs défendues par ces femmes incarnées par Maryam. Je crois que ce livre est très précieux et reflète les positions profondes et sans complaisance de Mme Radjavi face à l’intégrisme. Récemment j’ai moi-même écrit un livre qui a pour titre Femmes, si vous osiez : Le monde s’en porterait mieux. Je crois que l’ouvrage de Mme Radjavi va dans la même direction. Car lorsqu’une femme ose, elle doit à l’étape suivante se dresser immanquablement devant la principale cause qui l’enchaine et l’empêche de s’émanciper. Ce livre va paraitre bientôt aux éditions Gawsewitch. Il trace la difficulté du combat de ces femmes qui aujourd’hui nous étonnent par leur bravoure dans ce camp d’Ashraf. Mais on comprend pourquoi, elles sont des sources d’inspiration pour la jeunesse iranienne.

Le condensé de ce qui ressort de ce combat pour l’égalité se trouve dans les 10 points que Maryam a présentés pour l’égalité et les libertés des femmes dans l’Iran de demain et que je rappelle ici. Car on ne le dira jamais assez. Les libertés et les droits élémentaires :
-Les femmes sont égales aux hommes dans leurs droits de bénéficier des droits humains et des libertés élémentaires : elles doivent être dotées de droits égaux à ceux des hommes dans les domaines économiques, sociétaux et politiques.
-L’égalité au regard de la loi : les femmes doivent être protégées par la loi et doivent avoir la possibilité de recourir à des procédures judiciaires sures en cas de violences, de viols, de ségrégation ou de privation des libertés.

-La liberté vestimentaire : les femmes sont libres dans le choix de leurs vêtements, abrogation de la loi sur le voile obligatoire. Tous les règlements écrits ou non sur le contrôle des vêtements et des comportements des femmes qualifiées de mal voilées sont considérés comme une infraction aux libertés et à la sécurité des femmes et n’ont plus lieu d’être dans l’Iran de demain.
-Par égal à la direction politique, les femmes doivent participer aux décisions d’état, à la mise en application de ces décisions, au droit d’accès aux postes gouvernementaux et aux taches de la fonction publique à tous les niveaux.
-Les femmes doivent en particulier avoir un droit égal à celui des hommes de prendre part au leadership politique de la société – et je peux vous dire que nous ne sommes pas sur le sujet un exemple en France.

-L’égalité dans l’économie : les femmes sont dotées de droits égaux à ceux des hommes en ce qui concerne l’héritage, la signature des accords et la gestion des biens. Sur le marché de l’emploi, les femmes doivent bénéficier d’occasions égales à celles des hommes. Les femmes doivent bénéficier des mêmes facilités que les hommes en matière de logements, d’alimentation, de soins médicaux, d’éducation, de sport et d’activités artistiques.
-L’égalité dans la famille : les femmes doivent choisir librement leur époux, le mariage et le divorce. La polygamie doit être interdite. Le mariage avant l’âge de la maturité interdit. Les femmes doivent avoir le droit de garder les enfants en cas de divorce. Les filles ne doivent pas être mises au travail avant l’âge de la maturité et doivent pouvoir bénéficier d’éducation comme les garçons.
-L’abolition de la violence : toutes les violences contre les femmes, les menaces et les privations de liberté doivent être considérées comme des délits. L’interdiction de l’exploitation sexuelle, le commerce du sexe est interdit. La traite des femmes et le proxénétisme sont considérés comme des crimes poursuivis en justice.
-L’abolition de la charia des mollahs : les règlements de la charia des mollahs n’ont plus lieu d’être dans la législation de l’Iran de demain. Les châtiments cruels et sauvages comme la lapidation doivent être abolis.

-Les facilités sociales : les femmes doivent jouir de l’assurance sociale, notamment en ce qui concerne la retraite, le chômage, la maladie, la vieillesse. Elles doivent avoir le droit aux congés payés en période de grossesse et d’accouchement. À l’accès à l’alimentation et aux services publics gratuits pendant cette période. Le gouvernement doit planifier la répartition des crèches pour les femmes qui travaillent. Le licenciement, la baisse de salaire des femmes en période de grossesse ou d’accouchement doivent être interdits. Et enfin, l’état doit protéger les femmes qui sont chefs de famille.

Voilà ce que Maryam Radjavi fera le jour où elle aura le pouvoir. Voilà la base de ce que les femmes doivent avoir. C’est écrit, ces droits sont universels en Iran et ailleurs ; et nous – femmes du monde entier – devons constamment veiller à ce qu’ils soient respectés. Aujourd’hui je suis très heureuse de voir que nous, toutes les femmes présentes ici cette après-midi, nous avons un slogan commun : il faut oser. Il ne faut pas céder face à la facilité, c’est ainsi que le changement pourra se réaliser.

 

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