ATS, Genève, 19 septembre- La présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) Maryam Radjavi a demandé jeudi à Genève une enquête du Haut Commissariat aux droits de l’homme sur le massacre de 52 réfugiés iraniens le 1er septembre à Achraf, en Irak. Elle a exigé la libération de sept otages.
« Je suis à Genève pour demander à la Haut Commissaire Navi Pillay des mesures urgentes pour sauver la vie des otages détenus dans une prison de Bagdad », a affirmé la cheffe de l’opposition iranienne en exil, lors d’une réunion à l’ONU en marge du Conseil des droits de l’homme.
« S’ils sont renvoyés en Iran, ils seront torturés et condamnés à mort », a déclaré Mme Radjavi. Elle a relevé que ces personnes sont protégées par la IVe Convention de Genève et que l’ONU a la responsabilité de les protéger.
CRIME CONTRE L’HUMANITE
La présidente du CNRI a dénoncé le « massacre programmé » intervenu le 1er septembre au camp d’Achraf, au nord-est de Bagdad, comme un crime contre l’humanité. « Leurs auteurs doivent être traduits en justice », a-t-elle dit.
Le 1er septembre, 52 militants de l’Organisation des Moudjahidine du peuple (OMPI) ont été exécutés par balles dans le camp d’Achraf par un commando. « Le Haut Commissariat aux droits de l’homme doit mener une enquête impartiale pour prévenir d’autres attaques », a déclaré Maryam Radjavi. Elle a affirmé que l’objectif du régime iranien est l’anéantissement de l’OMPI.
Selon elle, les garanties données par l’Irak sur la sécurité de 3000 autres opposants iraniens, transférés du camp d’Achraf à celui de Liberty, dans l’attente d’une réinstallation, sont illusoires. Elle a réclamé des mesures urgentes pour renforcer la protection des réfugiés du camp Liberty, dont seulement 221 ont été réinstallés dans des pays tiers jusqu’ici.
INDIGNATION DE KOUCHNER
A ses côtés, l’ex-ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner a clamé son indignation. « Je suis en colère. C’est un crime d’Etat insupportable », a-t-il affirmé, en accusant le Premier ministre irakien Nouri al Maliqi.
M. Kouchner a exigé lui aussi une enquête du Haut Commissariat aux droits de l’homme et du Haut Commissariat aux réfugiés. « Il faut sauver l’honneur de ces agences de l’ONU », a-t-il dit. Il a promis d’alerter les gouvernements pour qu’ils empêchent le transfert des sept personnes détenues par l’Irak vers l’Iran.
Au nom des autorités de Genève, le conseiller administratif de la ville Jean Charles Rielle a souhaité qu’une campagne soit lancée pour démontrer au gouvernement irakien que les Conventions de Genève ne peuvent pas être foulées aux pieds impunément. Dix sympathisants de l’OMPI poursuivent sur la place des Nations une grève de la faim entamée il y a 18 jours.

