lundi, janvier 30, 2023
AccueilActualitésActualités: AchrafA Achraf c’est le respect du droit international qui est en...

A Achraf c’est le respect du droit international qui est en jeu – John Bruton

CNRI – « Je pense que nous devrions nous rappeler combien nous avons été humiliés en tant qu’Européens par notre incapacité d’agir, et par l’échec des troupes européennes sous les ordres des Nations Unies, à être capable d’empêcher le massacre qui a eu lieu à Srebrenica. Nous nous trouvons face à une situation similaire aujourd’hui à Achraf », a déclaré John Bruton, qui a été premier ministre de l’Irlande le 5 novembre à Paris.

Il s’exprimait lors d’une conférence transatlantique sur la situation d’Achraf avec de hauts dignitaires américains et des personnalités européennes, rassemblés autour de Maryam Radjavi, présidente élue de la résistance iranienne.

Voici les moments forts de l’intervention de John Bruton :

Il nous reste très peu de temps pour sauver la vie des personnes dans le camp d’Achraf. Il s’agit d’une situation d’extrême urgence. Vous avez tous vu les vidéos de ce qui a été fait en avril de cette année, qui n’est qu’un simple aperçu de ce qui pourrait arriver en janvier prochain lorsque la date butoir sera dépassée, à moins que la politique ne change.

Je pense qu’il est important que ceux parmi nous, issus du monde occidental, qui sont intervenus ces derniers temps en Irak, rappelle que nous pourrions être tourmentés pour les générations à venir par ce qui pourrait se produire dans le camp d’Achraf, à moins qu’il n’y ait un changement de politique.

Je pense que nous devrions nous rappeler combien nous avons été humiliés en tant qu’Européens par notre incapacité d’agir, et par l’échec des troupes européennes sous les ordres des Nations Unies, à être capable d’empêcher le massacre qui a eu lieu à Srebrenica. Nous aurons honte de cela pour des générations. Tout comme de nombreuses personnes que je connais, toujours en vie aujourd’hui, qui sont tourmentées par le fait qu’elles ont autorisé que des personnes opposées au régime de l’Union soviétique alors en place soient livrées en 1945 à une mort certaine, avec le soutien des alliés à ce moment-là.

C’est une question qui soulève en continu la polémique et qui tourmente les générations successives d’Européens, que ce niveau de coopération avec Staline ait eu lieu pour que des gens soient simplement livrés à une mort certaine.

Nous nous trouvons face à une situation similaire aujourd’hui. L’Occident est intervenu en Irak. L’Occident a contribué à la situation qui existe maintenant là-bas. L’Occident ne peut pas s’en laver les mains. Tous ceux qui ont soutenu cette intervention lorsqu’elle a eu lieu doivent vivre avec les conséquences qui se dévoilent aujourd’hui devant nos yeux. Il ne s’agit pas d’une chose dont nous pouvons nous tenir à l’écart.

Maintenant, j’applaudis l’Union Européenne pour avoir finalement fait la démarche de nommer un émissaire spécial pour cette question ; quelque chose qui est arrivé ces derniers mois, alors que la situation exigeait clairement une intervention depuis bien longtemps.

J’applaudis également le Haut Commissariat aux Nations Unies pour les Réfugiés pour avoir attribué le statut de demandeur d’asile aux résidents, ce qui leur donne des droits internationaux spécifiques de protections. Mais allons-nous avoir une conjoncture où, comme conséquences de l’inaction, le HCR va être discrédité parce que sa protection peut se révéler ineffective ?

Ce ne sont pas seulement les résidents d’Achraf et leur avenir qui sont en jeu, mais l’avenir du respect du droit international et de la protection des personnes vulnérables où qu’elles puissent se trouver dans le monde, c’est ce qui est en jeu en ce moment.

Je pense que nous devons être disposés à suspendre toute assistance au gouvernement, et c’est un gouvernement démocratiquement élu à Bagdad. Nous devons être disposés à lui retirer toute assistance, jusqu’à ce qu’il prolonge de manière raisonnable le délai pour offrir une place et des circonstances sûres à chacun des résidents du camp afin qu’ils puissent ainsi être interrogés conformément aux règles de l’ONU et être fixés sur leur statut de réfugié.

Deuxièmement, je pense qu’il est temps maintenant pour chacun des pays européens et pour les États-Unis non seulement de radier de leur liste l’organisation qui est ici représentée, mais aussi de dire qu’ils seront disposés à accueillir un nombre précis de résidents pour chacun d’eux.

Chacun des 27 membres de l’Union Européenne devrait être disposé à dire combien de résidents du camp d’Achraf il sera prêt à accueillir sur son territoire une fois qu’ils auront été déterminés comme réfugiés. Ce niveau d’engagement, je pense, enverra un signal très clair et montrera un réel engagement.

nous devons rappeler au gouvernement irakien que la souveraineté, oui, la souveraineté a ses droits, mais également ses responsabilités, et la première responsabilité d’une nation souveraine est de protéger les vies des personnes vivant sur son territoire.

Il est assez clair que le gouvernement irakien, dans l’attaque qu’il a autorisée en avril de cette année, ne remplissait pas les devoirs d’une nation souveraine. On doit rappeler à l’Irak qu’il est souverain, et qu’il a des responsabilités souveraines aussi bien que des droits souverains, et qu’il a échoué à exercer celles-ci. Et nous avons récemment vu lorsqu’un gouvernement souverain de Libye échouait à exercer ses responsabilités souveraines pour protéger sa population qui manifestait pacifiquement à Benghazi, et nous savons ce qui est arrivé à ce régime par la suite, en vertu du droit international, parce qu’il n’a pas été à la hauteur des responsabilités de la souveraineté.

Je pense qu’il est très important, à ce stade, que nous rappelions donc au premier ministre de l’Irak les responsabilités que son pays souverain a en tant qu’État souverain.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe