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Les propos d’un adjoint présidentiel attisent les querelles de factions ; des accusations de « coup d’État politique » fusent à Téhéran

Les propos d'un adjoint présidentiel attisent les querelles de factions ; des accusations de « coup d'État politique » fusent à Téhéran
Le député Mehdi Kouchakzadeh interpelle le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, lors d’une séance publique houleuse du Majlis (le Parlement iranien).

La mort d’Ali Khamenei continue de plonger la dictature cléricale dans une crise instable, mettant au jour de profondes fissures au sein de l’élite dirigeante du régime iranien. Alors que débutaient les cérémonies de deuil orchestrées par l’État, le climat politique s’est tendu. Le 2 juillet 2026, le député Ali Asghar Ghazanfari a vivement critiqué le président du régime, Masoud Pezeshkian, et le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, les accusant d’orchestrer une transition en douce.

Dans un discours largement diffusé, Ghazanfari a averti que ce duo préparait « le début d’un quasi-coup d’État politique contre la direction du régime », tentant de marginaliser le futur Guide suprême en transférant le contrôle absolu au Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN).

Cette lutte intestine s’est intensifiée à la suite de propos controversés tenus par l’adjoint exécutif de Pezeshkian, Mohammad Jaafar Ghaempanah. Dans une interview diffusée début juillet 2026, Ghaempanah a ouvertement remis en question les limites traditionnelles du principe du « Velayat-e Faqih » (la tutelle du juriste islamique), déclarant : « Si nous devons mettre en œuvre tout ce que dit le Guide, alors aucune autre institution ne devrait exister. »

La réaction des organes étatiques tenants de la ligne dure a été immédiate. Le 2 juillet 2026, le quotidien ultraconservateur « Kayhan » a qualifié la vision de Ghaempanah d’« ignorance politique », affirmant qu’« obéir au Guide de la Révolution est un devoir religieux et politique » et déclarant que quiconque cherche à imposer ses opinions personnelles « ne devrait pas avoir sa place au sein du gouvernement ».

La fracture idéologique s’est accentuée lors des sermons de la prière du vendredi, le 3 juillet 2026. À Téhéran, Ahmad Khatami a profité de la tribune officielle de la prière du vendredi pour exiger une soumission absolue à la nouvelle direction incarnée par Mojtaba Khamenei, déclarant : « Lorsque le *Wali al-Faqih* [le Guide suprême] s’exprime… l’heure est à l’obéissance ; chacun doit répondre « à vos ordres » ».

Parallèlement, à Mashhad, Ahmad Alamolhoda a pris à partie le président sur les médias d’État, qualifiant d’inacceptable le fait que l’entourage de Pezeshkian remette en cause le statut du Guide suprême par des « absurdités et des inepties ». Dans le même temps, les reportages de la télévision d’État montraient une foule en colère scandant « Mort aux infiltrés » et « Les négociations sont interdites ».

Tensions liées à la succession et paralysie économique
L’establishment religieux est actuellement confronté à une crise existentielle qui s’aggrave, marquée par un effondrement économique croissant ayant conduit le pays au bord du gouffre. Alors que la production industrielle s’effondre sous le poids d’une mauvaise gestion structurelle, les autorités ont été contraintes d’imposer des restrictions d’électricité allant jusqu’à 60 % aux principaux producteurs d’acier et de ciment, menaçant directement plus de 55 000 unités industrielles et plus d’un million d’emplois. Cette paralysie industrielle, exacerbée par la dépendance du régime aux importations d’électricité d’urgence en provenance de Turquie, reflète la dégradation socio-économique générale qui continue d’alimenter une haine populaire intense.

Face à cette pression croissante, le régime a intensifié la répression pour faire taire une société indignée, recourant fréquemment à la violence d’État. Les récentes tensions survenues à Mahabad le 1er juillet 2026 ont mis en évidence la volatilité de la situation dans la rue ; lorsque les forces de sécurité ont tué un jeune citoyen kurde, Siavash Alak, les habitants ont immédiatement envahi les lieux, transformant les funérailles en une manifestation anti-régime rythmée par le slogan : « Un martyr ne meurt jamais ». Cette répression continue, destinée à afficher une image de force, a au contraire mis en lumière la faiblesse fondamentale d’un appareil au pouvoir incapable de gouverner sans recourir à une force violente et omniprésente.

Pris dans la tourmente, les tenants de la ligne dure peinent à conserver leur emprise sur l’espace public. Le maire de Téhéran, Alireza Zakani, a explicitement averti que des factions révisionnistes cherchaient à « renvoyer le peuple chez lui » précisément pour pouvoir « réitérer le mois de janvier » — une référence claire à la hantise du régime face à une explosion de troubles populaires.

Ces affrontements internes reflètent une anxiété intérieure croissante : le régime craint que tout signe de faiblesse ou tout relâchement de la répression dans la rue ne crée un vide dangereux, car il est convaincu que la moindre manifestation d’instabilité provoquerait l’explosion de colère d’une société à vif.