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Le coup fatal doit venir du peuple, affirme Afchine Alavi

Le coup fatal doit venir du peuple, affirme Afchine Alavi
Afchine Alavi, membre de la Commission des affaires étrangères du CNRI, interviewé par 20 Minutes

Dans une interview exclusive accordée à BFMTV, Afchine Alavi, membre de la Commission des affaires étrangères du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a exposé le point de vue du groupe d’opposition sur les opérations militaires américaines et israéliennes en cours contre le régime iranien, le décès du Guide suprême des mollahs Ali Khamenei et l’avenir du pays. Il a insisté sur le fait qu’un véritable changement de régime doit venir de l’intérieur, rejetant à la fois les solutions imposées de l’étranger et les figures médiatiques comme Reza Pahlavi.

Interrogé sur la position du CNRI concernant l’opération militaire, Alavi a réaffirmé que la position de longue date du Conseil était claire : « La solution n’est ni la guerre ni la complaisance envers le régime, mais le renversement du régime par le peuple iranien et sa résistance.»

Il a résumé la situation actuelle en déclarant que la mort de Khamenei à 86 ans « marque la fin de la tyrannie religieuse », qui pourrait résulter de la résistance interne ou de pressions extérieures. Cependant, Alavi a souligné que le régime, bien que « totalement déstabilisé », ne s’effondrera pas de lui-même et que « ce ne sont pas les armées étrangères qui en seront responsables ».

Tourné vers l’avenir, Alavi a estimé que « le moment est venu d’établir la liberté et la souveraineté du peuple iranien ». Il a appelé à la reconnaissance internationale du droit du peuple iranien à résister, notamment contre les Gardiens de la révolution, et à lui fournir les moyens de renverser le régime affaibli. Alavi a mis en garde contre les interventions étrangères visant à imposer des dirigeants, car « de telles pratiques n’ont jamais porté chance ni apporté de bonnes choses ». Il a affirmé : « Seul le peuple iranien peut porter le coup fatal de l’intérieur. »

Alavi a souligné les appels lancés par la présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, durant le conflit, notant qu’elle avait exhorté les belligérants « à prendre toutes les mesures nécessaires pour épargner la population et les dommages potentiels aux infrastructures civiles du pays », tout en encourageant les Iraniens à faire preuve de solidarité et à aider les plus vulnérables face aux bombardements.

Expliquant les propositions du CNRI, Alavi a décrit l’organisation, fondée en 1980 comme une coalition de cinq partis politiques comptant 456 membres, comme étant déterminée à renverser le régime théocratique et à établir une « république démocratique et laïque ». Il a présenté le Plan en dix points de Mme Radjavi, qui prévoit l’abolition de la peine de mort, l’égalité des sexes, la séparation de la religion et de l’État, l’autonomie régionale (comme pour le Kurdistan), un système judiciaire indépendant, la protection des droits humains, des relations internationales pacifiques et un Iran non nucléaire. Alavi a souligné le rôle central des femmes, déclarant : « Sans le leadership des femmes, le renversement du régime n’aura pas lieu », faisant référence à la composition majoritairement féminine du CNRI. Il a ajouté que le CNRI est indépendant et ne dépend d’aucun État étranger.

En cas de chute du régime, Alavi a détaillé les plans d’un gouvernement de transition. Il a mis en avant le gouvernement provisoire récemment annoncé par le CNRI, chargé de superviser une période maximale de six mois après le renversement, afin de préparer des élections libres au suffrage universel pour former une assemblée constituante chargée d’élaborer une nouvelle constitution. Le rôle du gouvernement provisoire prendra fin une fois cette assemblée établie, a-t-il expliqué.

Concernant l’exil des membres du CNRI, Alavi a expliqué qu’ils se trouvent à l’étranger en raison de graves persécutions, notamment des exécutions et des attaques contre leurs familles par le régime. Il a toutefois souligné leur influence en Iran grâce aux Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI), qui opèrent des « unités de résistance » dans toutes les villes. Ces unités ont récemment attaqué le quartier général de Khamenei avant la guerre, illustrant les défis internes persistants auxquels le régime est confronté.

Alavi a réfuté l’étiquette de communiste apposée au CNRI, le décrivant comme une coalition diverse regroupant libéraux, marxistes, musulmans, athées et chrétiens, unis sans idéologie commune. Il a qualifié l’OMPI de « démocrates musulmans » prônant un État laïque dirigé par des femmes.

Concernant le soutien dont bénéficie le CNRI en Iran, Alavi a souligné la difficulté de mener des sondages sous la dictature, mais a mis en avant la répression du régime – l’exécution de 100 000 membres, dont 30 000 en 1988 – comme preuve de sa légitimité et de son large soutien social.