« La protection des résistants iraniens du camp Liberty en Irak doit être assurée et garantie par les institutions internationales et le blocus inhumain contre le camp doit être levé et reconnu comme un camp de réfugiés par l’ONU », a déclaré le député Dominique Lefebvre (PS), lors d’une conférence à l’Assemblée nationale.
Tenue à l’invitation du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID), qu’il préside conjointement avec Michel Terrot (LR) et André Chassaigne (GDR), la réunion a également été l’occasion pour les députés (dont 70 ont signé un appel) d’inviter le gouvernement français à subordonner l’évolution des relations diplomatiques et commerciales avec l’Iran à l’amélioration de la situation des droits humains dans ce pays. Maryam Radjavi était l’invité d’honneur de la réunion qui a appelé la communauté internationale, notamment l’Union européenne, à respecter ses engagements à protéger le camp Liberty et à faire le nécessaire pour mettre fin à son blocus.
Dans son intervention, le mardi 27 octobre, Dominique Lefebvre, grand ami du peuple iranien, a déclaré : «Notre rassemblement de ce jour se tient à un moment où la question de la responsabilité du rôle de l’Iran dans les problèmes du Proche-Orient que nous connaissons est plus que jamais d’actualité. Il se tient aussi à peu de jours d’une visite du président iranien France. D’ailleurs nous aurons ensemble un rendez-vous à ce moment-là pour marquer notre position vis à vis de l’Iran son régime.
L’aggravation de la crise au Moyen-Orient et l’extension de l’intégrisme islamique qui illustrent les terroristes de Daech en Syrie et en Irak, exigent une réponse internationale déterminée, une réponse implacable et la France vous le savez y prend et y prendra toute sa part.
Dans la suite de l’accord sur le nucléaire iranien, pour lequel nous avons, au comité parlementaire soutenu et apprécié la position ferme de la France, d’aucun s’interroge sur le rôle que pourrait jouer l’Iran dans le règlement de cette crise, cette interrogation existe au plan international, un certain nombre d’états ont franchi le pas.
Cette interrogation elle existe ici aussi et même à l’intérieur de ce parlement. La réalité objective c’est que l’Iran, loin d’être une solution à cette crise, en est largement à l’origine et est depuis l’instauration de la république islamique en Iran par Khomeiny il y’a plus de trois décennies, la première source d’instabilité dans la région. Je me permettais de reprendre une phrase du Président de la république lors de son intervention devant l’Assemblée générale de l’ONU, il parlait alors de Bachar Assad en disant que le problème ne pouvait pas faire partie de la solution.
Cette phrase vaut évidemment parfaitement pour l’Iran à partir du moment où on se met bien d’accord sur le fait que l’Iran est à la fois à la source historiquement de ces problèmes et n’a cessé depuis lors de les alimenter. Michel Terrot vient d’en parler. Le soutien du régime iranien à Bachar Al Assad en Syrie, au Hezbollah au Liban, aux milices Houthis au Yémen, sa position dans le conflit israélo-palestinien, ses interventions en Irak dans le gouvernement Al Maliki en sont des exemples, qui ne sont hélas ni les seuls et probablement pas les derniers. La réalité de la théocratie au pouvoir en Iran n’a pas changé depuis trente ans, sa nature même continue d’alimenter le fondamentalisme dans la région. Les sauvageries de Daech ne peuvent pas entamer ni faire oublier cette réalité historique.
N’oublions pas que la Fatwa de Khomeiny autorisant le meurtre d’un écrivain pour blasphème contre le prophète de l’islam, traduit en acte par la suite et toujours en vigueur, a précédé de loin les tragédies sanglantes du début de cette année notamment celle qu’on a connu avec Charlie hebdo. Et bien là encore déjà la liberté d’expression qui a été attaqué, le registre n’est pas le même, mais fondamentalement la logique est la même. Et n’oublions pas que 30 ans avant la programmation d’un Etat islamique à Mossoul en Irak, un autre califat finalement s’était instauré à Téhéran avec dans son code pénal des exactions qui n’ont rien à envier aux atrocités commises par Daech.
L’importance des droits de l’homme
La réalité est donc que les droits humains en Iran n’ont eu de cesse de s’aggraver et cette situation est aujourd’hui dénoncer par l’ONU comme par les organisations non gouvernementales. Je pense en particulier à Amnesty international. Le bilan de la présidence Rohan qui est présenté comme un modéré, est que depuis le début de sa présidence ce sont plus de 2000 exécutions qui ont eu lieu en Iran. Et pour tous ceux qui comme nous combattent la peine de mort, encore plus pour les enfants, cette situation est intolérable.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a lui-même indiqué être troublé par ce nombre croissant d’exécutions et a engagé une nouvelle fois les autorités iraniennes à instaurer un moratoire sur l’application de la peine de mort et à interdire l’exécution des mineurs délinquants dans toutes circonstances dans son dernier rapport présenté à l’assemblée générale de l’ONU le 31 août 2015.
Dans un communiqué du 19 octobre, Ban Ki Moon se dit profondément attristée par la récente exécution de deux jeunes pour des actes commis lorsqu’ils étaient mineurs. Nous avons au Comité parlementaire pour un Iran démocratique, avec Michel Terrot, André Chassaigne, nous avons lancé un appel qui a recueilli déjà de très nombreuses signatures.
Je voudrais conclure en rappelant les points que ces signataires ont mis en avant. Tout d’abord nous rappelons que le régime mis en place à Téhéran est la source de la crise dans la région et donc que son éviction de Syrie et d’Irak est une condition incontournable de l’éviction durable de l’intégrisme islamique et de l’extrémisme dans cette partie du monde.
Nous estimons également qu’un Iran libre et démocratique est une condition essentielle de la stabilisation de la région et qu’il est pour cela nécessaire de soutenir la résistance iranienne dans le programme en 10 points pour un changement de régime présenté par Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la résistance iranienne. Il prône un Iran démocratique, un Iran non nucléaire, un Iran fondé sur la séparation de l’État et de la religion, un Iran fondé sur l’égalité des femmes et des hommes et un Iran fondé sur la coexistence pacifique avec ses voisins.
Les signataires appellent le gouvernement français à subordonner l’évolution des relations diplomatiques et commerciales de la France avec l’Iran, à l’amélioration de la situation des droits humains dans ce pays avec un moratoire sur les exécutions, la libération des prisonniers politiques et le respect des libertés démocratiques. Et ils demandent enfin que la protection des résistants iraniens du camp Liberty en Irak soit assurée et garantie par les institutions internationales et notamment que le blocus inhumain notamment médical du camp qui doit être reconnu comme un camp de réfugiés par l’ONU soit totalement levé.
Voilà donc mes chers collègues, chers amis, quels sont les points que le Comité parlementaire pour un Iran démocratique défend et ne cessera de défendre dans un contexte toujours plus aigu et où effectivement nous devons en France faire porter une voix qui dit qu’à cette échelle internationale les enjeux qui nécessitent des relations d’état à état ne peuvent mettent sous silence un certain nombre de points aussi fondamentaux et notamment la situation des droits de l’homme en Iran. Je vous remercie. »


