vendredi, février 3, 2023
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Maryam Radjavi : Message pour la rentrée scolaire en Iran

Maryam Radjavi : Message pour la rentrée scolaire en Iran

A l’occasion de la rentrée scolaire en Iran, Maryam Radjavi, présidente-élue de la Résistance iranienne, a salué les étudiants et les enseignants, avec l’espoir d’une année fructueuse avec des avancées dans la voie de la liberté du peuple iranien. Dans son message, la dirigeante iranienne a déclaré : « Que cette année scolaire, comme la précédente, connaisse une nouvelle escalade des manifestations générales des enseignants épris de liberté et entraine avec elles nos compatriotes excédés, en particulier les lycéens, les étudiants, les ouvriers et le personnel infirmier.

Cette rentrée scolaire et universitaire commence alors que le recul du régime dans son projet de bombe atomique a ébranlé tout l’appareil du pouvoir. Les échecs politiques et économiques des mollahs et leur incapacité à contrôler la crise sont partout évidents et les justes protestations de la population ont pris de l’ampleur.

Depuis des années le régime a tout fait tourner autour de la fabrication de l’arme nucléaire, de son terrorisme et de son ingérence dans la région. Il a dilapidé dans le brasier de ses politiques la richesse et les ressources qui auraient dû être consacrées au véritable développement de l’Iran. Cependant aujourd’hui il se heurte aux protestations et à la résistance de la population, en particulier aux manifestations de grande ampleur des enseignants. Oui, des protestations contre le garrot du pouvoir sur les établissements scolaires et les universités. Protestations contre la décrépitude et le déclin de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. Protestations contre les humiliations, les discriminations et la répression des enseignants à tous les niveaux.

Chers compatriotes,
Alors que l’on découvre jour après jours les détournements en milliards de tomans commis par les mollahs, nos enfants dans les quartiers défavorisés vont en classe sous des tentes, dans des cabanes ou des pièces délabrées. Au lieu s’asseoir sur des chaises et des bancs, les enfants s’assoient sur des bidons.Les enfants d’Abadan ont cours dans des conteneurs métalliques dans la chaleur accablante du sud-ouest de l’Iran.

A Saghez (ouest du pays), dans un secteur de 70 villages, il n’existe pas une seule école, alors que les petites filles n’ont qu’un souhait, celui de faire des devoirs. Dans le Sistan-Balouchistan (sud-est de l’Iran), 100.000 élèves n’ont pas d’enseignant. A Téhéran, des classes sont tellement bondées que les élèves ont peine à respirer. Un grand nombre d’écoles sont si vétustes que les enfants sont toujours en danger d’un accident, comme celui survenu à Chinabad près de Piranchahr (dans le Kurdistan).

Dans la province d’Azerbaïdjan de l’ouest (nord-ouest de l’Iran), des centaines d’écoles font la classe dans des remorques de camions. Dans la province du Khorassan-nord (nord-est de l’Iran), des milliers d’enfants doivent abandonner l’école. Dans certaines parties de la province de Chahar-Mahal et Bakhtiari (ouest de l’Iran), les filles ne peuvent pas aller à l’école parce qu’il n’y a pas de femmes pour leur faire la classe.

Dans les banlieues pauvres des grandes villes où vivent jusqu’à 18 millions de personnes, il y a des secteurs dépourvus d’écoles primaires ou secondaires. Chaque année, au moins un quart d’écoliers doivent abandonner l’école, beaucoup rejoignant le marché du travail ; on estime aujourd’hui le nombre d’enfants qui travaillent entre deux à cinq millions.
Ces dernières années, Rohani a fermé de multiples écoles rurales sous prétexte de vouloir réduire le budget.

Le budget de l’Education nationale cette année est d’environ 26.000 milliards de tomans comparés aux plus de 70.000 milliards de tomans alloués à l’armée, la sécurité et l’exportation du terrorisme.
La privatisation de l’Education nationale, menée et développée par le gouvernement Rohani, a commercialisé l’éducation. Tout comme la privatisation des institutions économiques, cette politique n’a apporté que davantage d’anarchie et de régression.

Ils extorquent la majeure partie des frais scolaires aux familles à faibles revenus et 80 % des écoliers du pays doivent payer pour poursuivre leurs études. La qualité de l’éducation a fortement diminué et le niveau de vie des enseignants et des professeurs d’université a chuté de façon spectaculaire.

La corrosion de l’enseignement en Iran est le résultat d’une politique appelée «Transformation de l’éducation », sciemment mise en œuvre depuis 2011 sur ordre de Khamenei. La conséquence de cette rétrogradation fasciste en profondeur, et que poursuit le gouvernement Rohani, c’est la mainmise du séminaire religieux de Qom sur les établissements scolaires avec l’entrée de plusieurs milliers de mollahs dans les écoles. C’est également des efforts pour injecter l’idéologie misogyne dans les écoles et procéder à une plus grande commercialisation de l’enseignement. Mais le monde de l’éducation, en particulier les enseignants, s’opposent à cette politique.

Lycéens et étudiants,
Aujourd’hui, vos appels ardents à la liberté et à un environnement d’éducation démocratique défient la dictature médiévale des mollahs. La tyrannie qui a restreint de partout les universités, doit être anéantie.

Les forces de sécurité qui pratiquent l’inquisition, le harcèlement et la répression, en particulier les services de Harassat, les représentants du guide suprême et la milice du Bassidj sont beaucoup trop faibles pour entraver votre détermination à vous libérer.

Il faut défier les mollahs au pouvoir : Pourquoi dépensent-ils la meilleure partie du budget des universités à les réprimer ? Pourquoi chaque année les cités universitaires, les ateliers, les laboratoires, les restaurants universitaires et les autres facilités deviennent-ils plus rares et plus dégradés ?

Pourquoi le budget des universités majeures comme celles de Téhéran, Chiraz, Ispahan et Tabriz ainsi que les universités Charif, Amir Kabir et Elm-o-Sanat, sont inférieur à celui que le gouvernement Rohani consacre aux séminaires religieux ?

Pourquoi les diplômés universitaires ne peuvent pas trouver d’emploi dans leur spécialité, ou tout simplement un emploi ? Pourquoi un si grand nombre d’entre eux doivent se faire aussi chauffeur ou livreurs ? Qu’est-ce que les mollahs ont fait pour les diplômés pour qu’on les retrouve à dormir dans des cartons dans les rues ?

Néanmoins, l’ère de l’ignorance, de la coercition et de du retour en arrière est terminée, elle doit être vaincue par la liberté et la justice.

Compagnons de compatriotes,
Le mouvement courageux des enseignants qui a émergé avec cinq séries de grandes manifestations nationales l’an dernier dans plus de 90 villes, a d’une part affiché la détermination admirable de nos sœurs et nos frères, de nos collègues enseignants, de se dresser contre la tyrannie des mollahs, la pauvreté et les inégalités ; d’autre part, il s’oppose aux comportements et politiques fondamentales du fascisme religieux en matière d’éducation.

Ce qui suit sont les revendications les plus importantes des enseignants iraniens dans leurs manifestations et leurs déclarations. Ils cherchent clairement à briser le régime tyrannique qui prévaut dans l’éducation en Iran :
• La libération des enseignants emprisonnés ;
• La reconnaissance du droit de manifester des enseignants ;
• Assurer les droits des élèves ;
• La liberté des syndicats enseignants ;
• La participation des enseignants dans les structures de l’éducation ;
• La mise en place d’un système bénévole de l’éducation ;
• La fin des discriminations et des inégalités contre les enseignants.

De toute évidence, les revendications des enseignants iraniens s’inscrivent dans des manifestations pacifiques, mais le régime ne peut s’en approcher car il les considère comme préjudiciables à son existence.

Alors rendons hommage à tous les enseignants à travers le pays.
Le régime a réagi brutalement aux manifestations des enseignants, en les frappant et en les arrêtant, suscitant ainsi une vague d’indignation internationale. Les scènes et les images de manifestations

courageuses des enseignants, de leurs slogans et de leurs pancartes écrites à la main ont suscité l’admiration et le soutien de tous nos compatriotes. Ils disaient :
• « Nous nous plaignons de l’inégalité, pas de la pauvreté »
• « Le seuil de pauvreté = 3 millions, notre salaire = 1million »
• « La dignité des enseignants piétinée par l’inflation et la vie chère »

La résistance des enseignants et leurs appels consécutifs à poursuivre les manifestations ont montré que leur solidarité et leur détermination sont beaucoup plus fortes que le pouvoir fondé sur la discrimination et l’oppression. En effet, pourquoi les enseignants sont humiliés dans un pays doté de la plus ancienne civilisation, et de la culture et des traditions d’enseignement les plus riches ? Pourquoi les trois-quarts des enseignants vivent-ils sous le seuil de pauvreté dans un pays possédant autant de réserves de pétrole et de gaz ?

Leur mot d’ordre est : « Les enseignants n’ont pas de pain, les enseignants n’ont pas de logement, les enseignants ont des dettes. »

Pourquoi autant d’enseignants doivent-ils travailler après l’école comme chauffeurs et marchands ambulants ? Pourquoi doivent-ils crier : « La douleur est insupportable – Combien de temps devrons-nous supporter la discrimination et l’injustice ? »

Pourquoi les enseignantes en maternelle doivent-ils mener un sit-in et passer des nuits avec leurs enfants en bas âge dans la rue devant le parlement pour revendiquer leurs droits ? Pourquoi les enseignants doivent-ils être soumis à autant de pression ? Dans la seule province du Khouzistan, 7000 enseignants ont démissionné ou été contraints de le faire. Pourquoi cet enseignant à la retraite de Songhor s’est-il immolé par le feu devant le gouvernorat ?

Enseignants épris de liberté,
Je vous rends hommage, vous femmes et hommes courageux en Iran. Vous êtes devenus des professeurs de résistance et de ténacité malgré toutes ces pressions et difficultés.

Nous vous saluons parce que vous avez hissé le drapeau de la liberté et des justes revendications dans des dizaines de villes en Iran. Vis-à-vis des mollahs et de leurs agents qui n’accordent pas la moindre attention à vos cris, le plus important c’est de protester encore plus.

Si la levée des sanctions doit libérer de l’argent, il doit être dépensé pour votre bien-être. Ne laissez pas la richesse du peuple iranien être dilapidée dans les guerres en Syrie, en Irak et au Yémen. Il faut mettre fin à votre privation du minimum vital, de logement, de soins de santé et d’assurance.
Professeurs iraniens,
Jamais auparavant la contradiction entre les étudiants, les diplômés, les enseignants et professeurs d’une part et le régime au pouvoir de l’autre n’a été aussi forte.

Quatre millions d’étudiants, des millions de diplômés, 13 millions de lycéens et plus d’un million d’enseignants et professeurs exigent une vie qui n’est en aucune façon compatible avec ce qui existe sous le régime des mollahs. En fait, il y a une armée de jeunes instruits, dotés de compétences élevées et d’une grande connaissance qui ne joue aucun rôle dans la politique et l’économie du pays et qui a fini par s’opposer à la dictature corrompue au pouvoir.

La génération étudiante est exaspérée par la contrainte et la force. Elle a soif de nouveautés, elle aime la science, la technologie et le progrès. Elle déteste tout ce qui sonne comme le régime au pouvoir. La première condition pour le progrès est bien sûr la liberté. La première condition est le libre choix. Le premier choix est de respecter les opinions et les choix de chaque jeune et de la jeunesse iranienne.

Oui, cette génération cherche des réponses à ses nombreuses questions ; elle veut argumenter ; elle veut faire ses propres choix ; elle veut choisir ses propres moyens et sa manière de vivre ; ses propres domaines d’éducation, ses emplois et ses objectifs. Le plus important et le plus grand choix restent cependant la liberté. C’est ce choix qui provoque une instabilité permanente pour la dictature religieuse.

Chères facultés et universités,

De nombreuses indications croissantes témoignent de l’aube d’une nouvelle ère. Comme l’a déclaré le dirigeant de la Résistance iranienne, Massoud Radjavi : « Nous avons désormais dépassé un tournant dans le sort de ce régime … Nous sommes confrontés à un ennemi intoxiqué et beaucoup plus faible. Il ne peut pas le dissimuler ou le présenter autrement. Ce sera prouvé rapidement dans la pratique. »

Malgré ses crimes quotidiens, ce régime est au bout du rouleau. Il est temps maintenant pour le mouvement de la liberté de se relever des cendres de la répression. Et vous, les jeunes conscients et épris de liberté en Iran, vous êtes en première ligne de ce mouvement. C’est à vous de vous rebeller contre la peur, la soumission et la passivité.

Se taire, admettre le statu quo, se soumettre à la coercition et à la terreur, accepter de choisir entre le mauvais et le pire, etc. sont des modèles appliqués par dictature religieuse et il faut les régler à la racine.

Votre volonté et votre créativité, votre pouvoir de solidarité et la force énorme qui existe dans votre désir de liberté, sont ce que le régime s’emploie de toutes ses forces à cacher et à nier. Désormais, la clé du changement est dans les mains du peuple iranien. C’est aujourd’hui le jour de l’unité entre les enseignants, les travailleurs et les infirmières.

Jeunesse vaillante d’Iran,

Vous êtes les descendants d’une voie d’où ont surgi les pionniers et les combattants de l’OMPI. L’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran qui vient de célébrer ses 50 ans, est née de la jeunesse consciente. Vous avez des modèles brillants dans l’histoire de votre pays qui ont été en mesure de briser les impasses dans les circonstances les plus difficiles.

Même aujourd’hui, vous avez des modèles comme les champions de la résistance qui vont des membres de l’OMPI au camp Liberty en Irak aux prisonniers politiques en Iran et aux martyrs comme Shahrokh Zamani, qui brillent et montrent un chemin lumineux pour l’avenir.

A partir de maintenant, la plupart des événements qui surviennent, le sont au détriment du régime. Faites de chacun d’entre eux une occasion de protester et de lutter.

Levez-vous pour venir en aide aux enseignants et encouragez d’autres compatriotes à rejoindre le mouvement.

Luttez pour la formation d’associations et de corporations pouvant faciliter votre lutte collective dans tous les domaines. Aujourd’hui, tous les secteurs de notre nation doivent se donner la main pour parvenir à la liberté dans l’unité et la solidarité.

Chers compatriotes,

L’Iran de demain a besoin d’un système d’enseignement moderne obligatoire et gratuit pour tous les enfants d’Iran. Ce système doit être libre de toute domination politique et culturelle et doit promouvoir la participation politique de tous les citoyens.

Nous avons également besoin d’un enseignement supérieur démocratique fondé sur l’indépendance de ses institutions et la reconnaissance de la liberté académique.

Nous avons besoin d’un système sportif global fondé sur le principe fondamental de l’accès sans discrimination et en toute liberté aux installations sportives de tous les jeunes dans chaque ville et village, permettant la participation libre et égale des femmes et des filles dans les diverses disciplines à travers le pays.

Nous disons que les minorités ethniques en Iran recèlent une force immense et efficace pour renverser le régime des mollahs et parvenir à la liberté. Par conséquent, nous devons reconnaitre la valeur du caractère multiculturel et multilingue de notre nation.

Nos compatriotes qui sont de différentes cultures et langues, doivent être en mesure de participer également aux prises de décision nationales. Ils doivent être en mesure de préserver leur identité culturelle, religieuse et linguistique. Ils doivent être en mesure de parler, travailler et étudier dans leur langue maternelle et de la promouvoir.

Nous sommes déterminés à éliminer toutes les formes de répression et de censure. C’est l’axe majeur qui mène à un régime démocratique.

Nous sommes déterminés à créer les conditions du libre choix, à l’épanouissement de la participation politique par la liberté d’expression et des activités sans restriction, et à ouvrir la voie à une participation politique florissante.

Ouvrons les portes du monde et toute sa connaissance et ses informations aux jeunes Iraniens.

Nous insistons sur l’égalité de tous les citoyens ;

L’égalité de tous pour voter et se faire élire ;

L’égalité des hommes et des femmes pour tous les droits politiques, sociaux, économiques et familiaux ;

L’égalité des chances pour tous en matière d’éducation, d’enseignement supérieur, de l’emploi et du monde des affaires.

Oui, nous sommes à la recherche d’un nouvel ordre fondé sur la liberté, la démocratie et l’égalité.

La force de cette grande transformation, c’est vous, les jeunes conscients et épris de liberté en ‘Iran et je vous demande à tous de vous dresser pour instaurer un Iran libre et démocratique.

Vive les étudiants iraniens ! Vive tous les enseignants ! Vive la liberté ! »

 

 

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