mardi, février 7, 2023
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L’enquête à la Maliki cherche à faire passer les victimes pour les auteurs de leur massacre à Achraf

Massacre d’Achraf – N°77

Les responsables du massacre manœuvrent pour manipuler l’enquête et échapper aux conséquences de leur crime contre l’humanité

Selon des documents dignes de foi obtenus de l’intérieur du régime iranien et pouvant être présentés à un tribunal, international, les agents de Jamil Chemari, le commandant de la police de Diyala, ont reçu l’ordre de Maliki  et du comité chargé de la répression d’Achraf au cabinet du premier ministre, ont été chargé de forger une mise en scène et d’assembler de fausses informations produites par une soi-disant commission d’enquête,  pour neutraliser toute investigation impartiale et indépendante sur le crime contre l’humanité commis à Achraf. Le but est également de permettre aux commanditaires et aux auteurs du crime, notamment Maliki, Fallah Fayaz, son conseiller à la sécurité, et le général Chemari, d’échapper aux conséquences de ce massacre. Cette enquête à la Maliki, est conçue pour faire passer de la façon la plus grotesque les victimes pour les auteurs de leur propre massacre.

Selon les documents, les points suivants doivent apparaitre dans la soi-disant enquête de Jamil Al Chemari :

1- Lors de l’incident et les jours suivants, les habitants d’Achraf n’ont pas autorisé la police et les forces de sécurité à entrer dans la base pour mener une enquête. En déplaçant les corps des tués, ils ont changé et manipulé les preuves du crime.

2-Ce n’est pas vrai qu’il y a eu exécutions et coups de grâce. Lors de la remise des corps aux forces irakiennes, elles n’ont pas vu de menottes et les habitants d’Achraf les avaient enlevées.

 

3- Après l’attaque les habitants d’Achraf n’ont pas autorisé les forces irakiennes à entrer à Achraf parce qu’ils ne voulaient pas qu’elles soient informées de leurs équipements et de leurs armes.

4- Ce sont les Moudjahidine du peuple qui ont placé des explosifs. Les téléphones portables connectés aux charges explosives correspondent aux portables que possédaient les habitants, qui en ont emportés quelques uns avec eux à Liberty.  La pose de cette quantité de charges explosives a demandé du temps et a été logiquement accomplie par les habitants d’Achraf.

5- Lors de la présence des forces irakiennes et de la MANUI à Achraf, les Moudjahidine du peuple ont eu l’intention de faire sauter une charge explosive avec une télécommande et les techniciens irakien les en ont empêchés !

6- Les habitants n’ont remis aucun des films qu’ils ont pris avec leurs caméras de surveillance aux forces irakienne à des fins d’enquête.

7- Il existe des indications que les habitants avaient été informés avant l’attaque, qu’elle allait avoir lieu, mais n’en ont pas averti les forces irakiennes chargées de la protection d’Achraf !

Les mensonges, les mises en scène et l’enquête de Maliki sur son propre crime, forment une méthode connue qui ne trompe personne.

1- Dans les attaques de juillet 2009 et avril 2011, le gouvernement irakien avait aussi tenté de faire passer les Achrafiens pour les auteurs du crime. Tahar Boumedra, directeur du bureau des droits humains de l’ONU et conseiller de la MANUI pour le dossier d’Achraf (2009-2012) a témoigné au parlement britannique le 11 décembre 2012 que : « (Après l’attaque du 8 avril 2011) je suis allé à Achraf. J’y ai compté les corps et je suis retourné à Bagdad.  Nous sommes allés avec l’ambassadeur américain Butler voir le directeur de cabinet de Maliki et son conseiller à la sécurité nationale, son conseiller politique, plus le bureau des droits humains au sein du cabinet du premier ministre. Je leur ai montré le rapport et je leur ai dit qu’il y avait 36 corps, que 36 personnes avaient été tuées. Ils se sont regardés comme si j’inventais une histoire (…) Ils n’ont pas voulu le regarder. J’ai demandé une enquête. Ils m’ont dit qu’ils allaient la faire à leur manière. Et quelle est leur manière d’enquêter ? Je me suis assis avec eux dans le bureau du premier ministre et ils m’ont montré des photos de grenades, de quelques armes légères, de pistolets et de Kalachnikovs. Ils m’ont montré ces photos comme une preuve qu’il y avait des armes au camp d’Achraf et que ces armes avaient été utilisées par les Achrafiens pour s’entretuer. Je savais que ces images n’avaient pas été bien faites, que c’était des images qu’on pouvait trouver dans n’importe quelle source, mais peu importe.  Ces photos ont été utilisées et distribuées aux ambassades à Bagdad, avec des communiqués. Ces communiqués étaient ceux des forces de sécurité impliqués dans l’incident, dans l’attaque et c’était ça l’enquête faite par le gouvernement irakien. »

2- Contrairement aux allégations du pouvoir irakien et du commandant de la police de Diyala, le représentant de la MANUI est venu sur place le 1 septembre 2013 quelques heures après le massacre, vers 14h, a inspecté les lieux et vu les corps et en a pris des photos. Reuters a écrit le même jour dans une dépêche : « dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU a déclaré : « Les Nations Unies déplorent les tragiques événements au camp d’Achraf aujourd’hui qui auraient fait 47 morts » (…) Deux sources de la sécurité irakiennes ont dit que l’armée et les forces spéciales avaient ouvert le feu sur les habitants (…) Ils ont dit qu’au moins 19 personnes avaient été tuées, 52 blessées et 38 arrêtées et qu’ils croyaient que les habitants n’étaient pas armés. »

3- Le 2 septembre, une haute délégation de l’ONU a inspecté Achraf et le jour suivant a déclaré dans un communiqué : « 24 heures après les événements tragiques qui ont eu lieu au camp d’Achraf, une délégation de la MANUI conduite par le représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU (RSSG), M. Gyorgy Busztin, et comprenant le directeur des droits humains et de la section médicale de la MANUI, ont mené une visite du camp hier (…) Dans le camp, la délégation a vu 52 corps dans une morgue provisoire.  Il apparait que tous les décédés avaient été blessés par balles, la majorité d’entre eux dans la tête et le haut du corps, et plusieurs avaient les mains attachées (…) Après la médiation de la MANUI entre les autorités irakiennes et les habitants du camp, ces derniers ont accepté de laisser des ambulances irakiennes transporter les corps des décédés à la morgue de Baquba.

4- Comme le dit le communiqué n° 65, le 25 septembre un groupe de trois individus s’est rendu à Liberty, de la part du général irakien Jamil Chemari pour enquêter sur l’attaque du 1er septembre et interroger certains des 42 témoins transférés d’Achraf à Liberty. Deux d’entre eux, le colonel Abdul-Amir al-Chemari et général Khalis al-Tamimi, un des adjoints de Jamil al-Chemari, tous deux faisaient partie des commandants de l’attaque du 1er septembre. Bien que les avocats des habitants aient récusé cette enquête comme illégale, pour éviter toute excuse et allégation de manque de coopération, un des témoins a déposé pendant 4 heures et demie son témoignage. Mais une fois terminé, le groupe en question n’a même pas voulu remettre au témoin une copie de sa déposition. Les représentants des habitants ont souligné à ce groupe que les 42 survivants étaient prêts à déposer leurs témoignages en présence du représentant de l’ONU ou de l’ambassade des USA et à condition qu’une copie de leur déposition soit remise à chacun d’entre eux pour éviter toute manipulation du témoignage.

Le communiqué n° 73 du 4 octobre, révèle que le groupe chargé de l’enquête par Jamil Chemari fait partie d’un grand scénario dont une autre partie est d’obtenir des témoignages écrits, ou de faire témoigner directement les criminels et les assassins ayant pris part au massacre du 1er septembre devant un juge gouvernemental. Au nombre des criminels dont la présence à Achraf au moment du massacre est irréfutable, figurent le major Ahmed Khozeir, le capitaine Heidar Azab, le général Jamil Chemari, le colonel Nahad et d’autres.

5- Le 19 septembre, au siège de l’ONU à Genève, Maryam Radjavi présidente élue de la Résistance iranienne a déclaré : Il existe des heures de film de l’assaut des forces de Maliki et des agents du régime à Achraf qui ont été prises par des téléphones portables et des cameras. J’ai parlé personnellement au téléphone avec les témoins. Les cameras de ceux qui ont été arrêtés et puis exécutés les mains liées ont été confisquées. Une de nos demandes, c’est que le gouvernement irakien nous rende les portables et les cameras confisqués. »

6- Le 11 septembre, 35 hauts responsables américains, dont 10 généraux, 5 officiers responsables de la protection du camp d’Achraf, d’anciens présidents du Congrès et d’anciens candidats présidentiels, d’anciens ministres et ambassadeurs, ont écrit une lettre ouverte au Secrétaire d’Etat John Kerry pour lui dire que « demander au gouvernement irakien qui a commis ces atrocités, de mener une enquête impartiale et de rendre ces résultats publics est absolument ridicule. Mais nous n’avons pas cette prétention à l’objectivité. Le Premier ministre Maliki ignore simplement les requêtes et accepte la faiblesse des réponses des USA et de l’ONU comme un feu vert pour commettre d’autres atrocités. »

7- A cet égard, le 1 septembre, le porte-parole de l’ambassade américaine à Bagdad a déclaré dans un communiqué séparé : « Nous soutenons les efforts de la MANUI pour conduire sa propre évaluation de la situation et appelons le gouvernement irakien à soutenir pleinement ces efforts (…) Nous approuvons l’appel de la MANUI à une investigation indépendante sur ce terrible et tragique événement. Ceux qui seront trouvés responsables doivent pleinement en répondre. »

8- La Haute représentante de l’UE pour la Politique étrangère a déclaré dans un communiqué le 2 septembre : « il faut clarifier les circonstances dans lesquelles cet incident violent a eu lieu et ceux qui seront trouvés responsables doivent pleinement en répondre (…) je soutiens pleinement la décision de la MANUI, sous son mandat humanitaire, de mener une évaluation indépendante et transparente de cet événement tragique. J’appelle toutes les parties et particulièrement le gouvernement irakien à faciliter les efforts d’investigations de la MANUI. »

9- Le 6 septembre, la secrétaire d’Etat adjointe américaine Beth Jones a écrit de la part du Secrétaire d’Etat John Kerry à Mme Radjavi : « Nous soutenons la MANUI et ses efforts pour conduire une enquête indépendante sur ce terrible événement et étayer ce qui est arrivé. Nous avons appelé le gouvernement irakien à pleinement soutenir ces efforts. »

10- Dans une lettre au Secrétaire général de l’ONU le 30 septembre, le représentant des habitants a demandé : « Assumez la responsabilité de l’enquête sur le massacre et les exécutions collectives du 1er septembre et refusez de permettre que ce grand crime contre l’humanité tombe dans l’oubli et que les principaux accusés s’échappent. Cela ouvrirait la voie à un massacre plus grand au camp Liberty. » Il a ajouté : « Avant celui-ci, les massacres de juillet 2009 et avril 2011 à Achraf, les pluies de roquettes en février et juin 2013 à Liberty et la torture psychologique des Moudjahidine du peuple à Achraf durant deux ans et tuer à petit feu 14 malades, sont restés sans enquêtes. Le 15 avril 2011, commentant sur le massacre du 8 avril, Mme Pillay avait déclaré : « Il doit y avoir une enquête pleine, indépendante et transparente, et toute personne trouvée responsable pour l’usage excessif de la force doit être poursuivie.  »  Cependant, aucune mesure n’a été prise jusqu’à ce que l’on aboutisse à une plus grande atrocité. Il semble maintenant que l’atrocité du 1er septembre connaitra le même sort. Nous devons donc, vous et moi, nous attendre à une atrocité encore plus grande. »

Répétant le principe légal, logique et rationnel voulant qu’un suspect d’un crime ne doit pas participer  à l’enquête sur ce crime, la Résistance iranienne appelle une fois de plus le secrétaire général et la Haut commissaire aux droits de l’homme à conduire une enquête indépendante et détaillé sur le massacre du 1er septembre et de traduire les auteurs en justice. Elle les exhorte à ne pas laisser Maliki et Khamenei couvrir ce crime majeur contre l’humanité, à aider les criminels à fuir et à préparer le terrain à un plus grand massacre.

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne

Le 8 octobre 2013