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Le gouvernement irakien poursuit sa politique inhumaine de vouer les blessés à une mort lente

Saba Haft-Baradaran, 29 ans, peu avant sa mortAppel à sauver les blessés
Les services du premier ministre irakien bloquent l’évacuation des blessés graves à Erbil, à la dernière minute

CNRI – Nouri Maliki et les forces à ses ordres continuent leur politique inhumaine de vouer à une mort lente les blessés de l’attaque du 8 avril d’Achraf. Le 26 avril, sous le coup d’une vaste pression internationale, des préparatifs étaient en cours pour évacuer onze blessés graves vers un hôpital d’Erbil. Cependant, le comité chargé de la répression d’Achraf dans les services du Premier ministre irakien – dont deux responsables font l’objet de poursuites par la justice espagnole – se sont opposés à leur transfert en disant que les blessés devaient être traités à « l’hôpital du nouvel Irak », qui n’est en fait rien d’autre qu’un centre de torture.

Cet “hôpital du Nouvel Irak”, est un centre dont la ligne de conduite est dictée par le régime iranien. Ce soi-disant centre hospitalier a jusqu’à présent causé la mort de plusieurs malades d’Achraf, la mort de blessés de l’attaque du 8 avril, et la dégradation de la maladie et des blessures de beaucoup d’autres. C’est pourquoi, ce centre de torture est boycotté par tous les résidents d’Achraf. Hormis les cas d’urgence ou dangereux comme les blessures pas balles ou les personnes écrasées par des véhicules blindés ou encore tombées dans le coma qui y ont été conduites par leurs amis, aucun résident d’Achraf n’accepte d’aller dans ce centre. 

L’ Achrafien Reza Haftbaradaran, père de Saba – une jeune femme de 29 ans blessée par balle dans l’attaque du 8 avril à Achraf et décédée 24 heures plus tard en raison des obstacles posés par les forces irakiennes – a écrit dans une lettre aux autorités internationales :  

« Dès le moment où Saba a été touchée par balle à la cuisse causant une rupture de l’artère et une fracture de l’os, j’ai compris qu’ils avaient mis en place un tunnel infernal de mort lente pour achever, sous  couvert de traitement, tous ceux qu’ils avaient manqué de tuer sur le coup sur le terrain.

« Du soi-disant hôpital du Nouvel Irak à la route principale menant à Baquba, il y a environ deux kilomètres. Sur ce chemin, ils nous ont arrêtés sept fois. Au dernier arrêt, j’ai dit au commandant irakien qui avait arrêté le convoi sans aucune raison et qui voulait renvoyer les accompagnateurs des blessés à Achraf, que Saba était dans un état critique et qu’il devait laisser le convoi repartir. Il a murmuré à son voisin : « Comme c’est bien ! Nous aussi on veut qu’ils meurent tous. » Nous avons mis deux heures pour atteindre la route principale. C’était la première étape pour perdre du temps.

« Puis, ils nous ont emmenés à l’hôpital de Baquba, alors que le directeur de l’hôpital du Nouvel Irak savait que Saba ne pouvait être opérée qu’à Bagdad. Ainsi donc, nous emmener à Baquba faisait partie de leur plan pour perdre du temps (…) A Baquba, quand les médecins ont dit que Saba devait être immédiatement évacuée sur Bagdad, un officier irakien du nom de major Yasser, est venu me dire : “ Si tu veux sauver la vie de Saba, quitte l’OMPI et je te donnerai les meilleurs moyens pour la soigner immédiatement. Ensuite on vous emmènera dans les meilleurs pays, comme la France, où là où tu voudras aller.” Au bout de 14 heures d’hémorragie interne, ils l’ont emmenée dans la salle d’opération à Bagdad à 21h00. Alors qu’on m’interdisait d’aller où que ce soit, ils m’ont demandé de lui trouver du sang. Le résultat de ce tunnel de torture a été le martyre de Saba. »

La Résistance iranienne appelle à sauver la vie des blessés et à empêcher la perte de nouvelles vies. Elle rappelle aussi les trois options soulignées dans le communiqué n° 76 du 22 avril : 
– Le transfert immédiat des blessés d’Achraf à l’hôpital militaire américain près du camp.
– Le transfert à l’hôpital d’Erbil ou dans un pays européen.
– L’accès libre aux soins médicaux pour les blessés d’Achraf dans les hôpitaux publics et les cliniques privées en Irak.

Inutile de préciser que la Résistance iranienne se charge de l’ensemble des frais concernant chacune de ces options. 

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 27 avril 2011