
De nombreux étudiants arrêtés, exclus de l’université et des résidences universitaires, ou suspendus de leurs études
La dictature religieuse en Iran a intensifié ces dernières semaines les mesures répressives visant à empêcher l’extension des mouvements de contestation étudiante. Elle a notamment multiplié les expulsions, les arrestations et les sanctions disciplinaires privant des étudiants de plusieurs semestres d’études. Des dizaines d’étudiants ont été arrêtés et le sort de certains demeure inconnu.
L’ampleur de ces mesures est telle que même des journaux proches du pouvoir en font état. Le quotidien Shargh écrivait le 9 juin : « Diverses universités ont commencé à instruire des dossiers et à ouvrir de nouvelles procédures disciplinaires. Les sanctions prononcées sont sans précédent. À l’Université Sharif, cinq à sept étudiants ont été exclus et plus de vingt autres suspendus pour une durée allant d’un à trois semestres (…) Plus de cent étudiants de l’Université des sciences et de l’industrie font l’objet de procédures disciplinaires, tandis que 150 à 200 étudiants de l’Université de Téhéran sont actuellement en train de rédiger leur défense. L’ouverture et l’examen de ces dossiers s’accompagnent également de violations généralisées des principes du règlement disciplinaire des universités. »
Dans son édition du 1er juin, le même journal indiquait que les chefs d’accusation retenus contre les étudiants comprenaient « participation à des rassemblements illégaux, émeutes et troubles au sein de l’université, perturbation des activités universitaires, outrage aux valeurs sacrées et atteinte à l’ordre public ». Il ajoutait que « trois personnes ont été exclues uniquement en raison de leurs activités sur Telegram et Twitter (…) Nombre des étudiants exclus ou suspendus figurent parmi l’élite universitaire (…) Un étudiant arrivé premier au concours national d’entrée à l’université s’est vu dire : “Si tu ne coopères pas, il se pourrait que tu ne puisses pas intégrer l’université.” »
L’agence de presse Fars a également rapporté, le 12 juin, que « le conseil disciplinaire de première instance de l’Université de Téhéran a condamné à l’exclusion deux étudiants impliqués dans les troubles du mois de mars, pour des infractions disciplinaires comprenant notamment la création de désordre et l’entrave au processus éducatif (…) Conformément à la réglementation, cette décision deviendra définitive et exécutoire après validation par le conseil disciplinaire central du ministère des Sciences. »
Par ailleurs, des sources étudiantes ont annoncé le 11 juin de lourdes sanctions disciplinaires à l’encontre de 22 étudiants de l’Université Soureh, dont l’exclusion de quatre d’entre eux et la suspension d’études d’un à deux semestres pour les autres.
Dans une autre mesure répressive, un grand nombre d’étudiants ont été expulsés des résidences universitaires. Leur réadmission est désormais soumise à l’approbation de la « Commission des cas particuliers ». Certains n’ont même pas été autorisés à retourner dans leur résidence pour récupérer leurs effets personnels.
La Résistance iranienne a déclaré que seule l’extension des mouvements de protestation des étudiants et des enseignants permettrait de faire face à ces mesures. Elle a appelé les syndicats d’enseignants, d’étudiants et d’universitaires dans le monde à condamner la politique du régime des mollahs contre les étudiants et à soutenir les mouvements de contestation dans les universités iraniennes.
Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 13 juin 2026

