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Iran : La réponse honteuse et tardive de Human Rights Watch

ImageCommuniqué de la Commission des affaires étrangères du CNRI

Suite à la vague d’indignation internationale provoquée par le rapport totalement erroné, déformé et discrédité de Human Rights Watch en mai 2005 contre l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), après une période de neuf mois, HRW a publié une déclaration le 15 février 2006, tentant désespérément d’étouffer le scandale que sa manipulation des droits humains à des fins politiques avait créé.

Cependant, non seulement cette déclaration ne présente aucune preuve qui affirmerait la véracité du rapport initial, mais bien au contraire, elle fait preuve d’un nouveau mépris des principes les plus élémentaire d’impartialité et démontre l’objectif et le plan malveillants se cachant derrière le rapport de mai 2005.

Le rapport détaillé de HRW de mai 2005 consiste en 12 heures d’interviews téléphoniques de douze « témoins » étant soi-disant d’anciens membres des Moudjahidine du peuple. Des documents et preuves sur l’affiliation de ces individus au ministère des Renseignements et de la Sécurité (VEVAK) du régime iranien ont été divulgués ces dernières années. A présent, après un délai de neuf mois, une déclaration de cinq pages datée du 15 février 2006 émise par HRW laissent sans réponse les centaines de questions soulevées dans le rapport de 93 pages de la délégation du Parlement européen et les centaines d’autres lettres et déclarations de protestation sur les failles de procédure importantes du rapport de mai 2005.

Parallèlement, tout en revenant sur certaines de ses allégations antérieures, HRW a tenté de montrer que les affirmations des agents faites durant les conversations téléphoniques corroboraient ce qu’ils avaient dit pendant les interviews en face-à-face. La contradiction entre cette déclaration et le rapport antérieur prouve bien la nature tendancieuse du rapport de HRW ainsi que l’absence de fondement des allégations qu’il contient. Les accusations formulées dans la déclaration de 2006 ayant reçu leurs réponses dans des communiqués et rapports antérieurs publiés par la Résistance iranienne et des sources impartiales, nous allons évoquer ci-dessous uniquement quelques points:

1. Le rapport du 15 février 2006 est paru au moment où l’exécution du membre des Moudjahidine Hodjat Zamani et les menaces contre la vie des autres prisonniers politiques ont provoqué l’horreur et la condamnation générales du régime clérical. Deux semaines après la pendaison de Zamani et les menaces croissantes contre les autres prisonniers politiques, HRW doit encore prendre position à ce sujet. Pareillement, HRW ne se préoccupe pas des mesures de répression contre les soulèvements populaires et les manifestations en Iran. Il semble qu’en ce qui concerne l’Iran, la principale mission de HRW est de s’opposer aux Moudjahidine du peuple, une organisation qui, comme s’accordent à dire ses amis et ses ennemis, est le principal groupe d’opposition aux mollahs et son ennemi juré. Que des prisonniers politiques affiliés aux Moudjahiddins et à d’autres groupes risquent la mort, cela n’a aucune importance aux yeux de cette organisation de défense des droits humains.

2. Dans sa déclaration du 15 février, HRW a insisté sur le fait que dans son rapport « pas de sortie » de mai 2005 sur les « violations des droits de l’homme dans les bases des Moudjahidine » concernent la période avant la guerre en Irak et qu’aucune violation ne s’était produite ces dernières années. On ne sait pas pourquoi HRW n’a pas reconnu que ces allégations étaient des faits du passé dans son rapport originel et pourquoi HRW ne revient dessus que maintenant après un tollé international aussi énorme. Si HRW est réellement préoccupé par les violations des droits humains par les Moudjahidine, pourquoi a-t-il préparé ce rapport deux années et demi après que de telles violations présumées aient eu lieu. Cela a une importance particulière car HRW était informée depuis longtemps de ces accusations par ses soi-disant témoins et ne les a pas divulguées avant 2005. Quatre des témoins vivent en Europe depuis le milieu des années 1990, ont répété à plusieurs reprises ces mêmes accusations et en ont fait part à HRW également. Les représentants de HRW ont rencontré ces témoins en février 1997 à Cologne, en Allemagne. D’autres soi-disant témoins ont été envoyés à l’étranger par le VEVAK début 2002 et ont formulé exactement les mêmes accusations que celles rapportées aujourd’hui par HRW. Il devient donc évident que le moment choisi pour la publication du rapport de HRW et la nécessité de cette publication avaient pour objectif de venir en aide à la politique de complaisance en faveur du régime de Téhéran, qui s’est avérée être un fiasco. D’autant plus qu’il existe un consensus international grandissant sur le besoin d’un changement démocratique en Iran et du retrait des Moudjahidine du peuple d’Iran de la liste du terrorisme.

3. Dans sa déclaration du 15 février, HRW affirme : « Certains critiques de ce rapport pensent que Human Rights Watch demandait aux États-Unis, au Canada et à l’Union Européenne de ne pas retirer le MKO de leurs listes respectives de groupes identifiés comme commettant ou préconisant des actes de terrorisme, face à la campagne du MKO pour le retrait de son nom de ces listes. En réalité, Human Rights Watch n’a à aucun moment, que ce soit dans le rapport ou en réponse aux médias ou à d’autres questions, pris une position quelconque sur l’apparition ou le retrait du MKO de ces listes ». Malgré ce démenti, la déclaration d’une page et demie de février rédigée par Joe Stork, directeur à Washington de la division du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord de Human Rights Watch, qui a présenté le rapport, fait clairement référence à la liste du terrorisme et indique les inquiétudes de HRW quant à la possibilité d’un retrait de l’OMPI de la liste du terrorisme. Joe Stork affirmait : « En janvier, 40 membres de parlements à travers l’Europe ainsi que du Parlement européen, ont publiquement réclamé le retrait de la désignation de terroristes du MKO. Le 14 avril, plusieurs membres du Congrès américain, aussi bien républicains que démocrates, ont assisté à la Convention nationale pour une république démocratique et laïque en Iran, événement préparé par une organisation soutenue par le MKO et qui s’est tenue à Washington. Parmi d’autres membres du Congrès, le représentant républicain Tom Tancredo (Colorado) a réclamé le retrait du MKO de la liste des organisations terroristes étrangères du département d’État. Le 10 février, un groupe de réflexion coprésidé par des officiers militaires américains à la retraite, le Comité de Politique iranienne, a demandé le retrait de cette désignation et recommandé au gouvernement américain de soutenir activement le groupe contre le gouvernement iranien ». « Le gouvernement iranien présente un historique catastrophique en matière de respect des droits de l’Homme », avait déclaré Stork, « cependant soutenir un groupe d’opposition responsable de violations graves des droits de l’Homme serait une erreur », avait-il ajouté. Cette déclaration n’a pas d’autre signification qu’un appel lancé par HRW pour maintenir l’OMPI sur la liste des organisations terroristes. Évidemment, le rapport de HRW et le moment choisi pour sa publication avaient pour objectif de conserver l’OMPI sur la liste du terrorisme.

4. L’auteur du rapport de HRW est un Iranien nommé Hadi Ghaemi, dont l’animosité envers les Moudjahidine est bien évidente. On peut mentionner qu’il fait partie du comité consultatif d’un groupe appelé le Conseil national irano-américain, dont la mission première est d’empêcher le retrait des Moudjahidine des listes du terrorisme et qui a réclamé que l’OMPI conserve cette désignation. Peu après la publication du rapport de HRW, ce groupe a averti les membres du Congrès américain dans une lettre que l’OMPI essayait de sortir de la liste des terroristes mais que ce groupe ne représentait pas les Iraniens américains. Les organisations de défense des droits humains doivent s’abstenir, par principe, de charger des nationaux du pays sur lequel ils veulent enquêter de rédiger des rapports. Après la publication du rapport de HRW, un certain nombre d’Iraniens se sont adressés au bureau du CNRI dans différents pays pour se plaindre qu’un Iranien les sollicitait et leur racontait au nom de HRW que c’était le moment opportun pour témoigner contre les Moudjahiddins et qu’ils avaient refusé ses avances.

5. Le lendemain de la publication du rapport de HRW, Gary Sick, chef du comité consultatif pour le Moyen-Orient de HRW, a envoyé un e-mail à la liste d’adresse de Gulf 2000, exposant l’objectif réel du rapport. Cet e-mail, écrit à l’origine par William Beeman, affirmait :
« Les accusations de Human Rights Watch contre le MKO (MEK) arrivent juste à temps pour l’examen du H.R. 282/S. 333, la loi de soutien à la liberté en Iran (Iran Freedom Support act) proposée par la représentante Ileana Ros-Lehtinen (républicaine de Floride) et le sénateur Rick Santorum (républicain de Pennsylvanie). Au lieu de renouveler des sanctions économiques inefficaces contre l’Iran, le chapitre 302 de la proposition de loi prévoit un soutien aux groupes s’opposant au régime iranien. Puisque la représenante Ros-Lehtinen est l’une des plus ferventes partisanes au Congrès du MKO/MEK, on suppose que cette dotation doit lui revenir, au moins en partie. Le rapport de Human Rights Watch sur le MKO/MEK semblerait vouloir leur retirer tout financement en vertu des dispositions du projet de loi ».

6. Depuis, Gary Sick, qui a été pendant deux décennies un apologiste connu de la dictature médiévale au pouvoir en Iran, n’a pas perdu une occasion d’exprimer son soutien au régime clérical et à Mahmoud Ahmadinejad. Il a déclaré ce qui suit à l’agence de presse officielle Fars le 17 juin : « Le cours des élections présidentielles en Iran est sain et surprenant. A mon avis, les élections présidentielles actuelles sont menées de manière très active. Les candidats soulèvent des questions en rapport avec le passé et je les suis de très près ». Il a ajouté : « Un grand nombre de questions soulevées dans ces élections n’ont jamais été posées auparavant, ce qui rend ces élections très intéressantes ».

7. Le quotidien officiel Kayhan, a cité Gary Sick le 2 juillet 2005 disant : « Ahmadinejad a réuni un grand groupe de partisans autour de lui qui accordent une estime spéciale aux valeurs religieuses et traditionnelles. Il détient un doctorat d’une université prestigieuse. Il a été maire d’une des plus grandes villes du monde… Il serait stupide de sous-estimer Ahmadinejad ou simplement de penser qu’il a eu de la chance. Apparemment, les manifestations de soutien dans la rue montrent que ce serait une erreur de considérer ces affirmations comme erronées dans les élections. Beaucoup d’éléments indiquent que l’homme qui a gagné a été élu au vote majoritaire ». Sick a également critiqué les propos du président américain sur l’illégitimité du régime et sa nature antidémocratique. La télévision d’État a cité Sick affirmant : « Le discours de Bush sur les élections en Iran était extrêmement inapproprié. J’étais déçu que George Bush ait choisi un tel moment pour attaquer la structure politique et électorale de l’Iran. Nous avons été témoins d’une réelle compétition entre les candidats et Bush aurait dû être plus sage dans ses propos et s’abstenir de faire des déclarations prématurées ». Le site Internet d’État, Baztab, a rapporté les paroles de Sick le 18 novembre 2005 : « Ahmadinejad suggère plusieurs projets constructifs. Il est très fier et comprend que la fierté iranienne passe mal pour l’Occident, surtout pour les Américains ». 

8. Dans sa déclaration du 15 février, HRW a dénigré ses détracteurs et tenté de minimiser la vague de critiques sans précédent qu’il a reçues en répondant uniquement à « quatre membres du Parlement européen ». Il est bon de noter que ces quatre personnes sont M. Alejo Vidal Quadras, premier vice-président du Parlement européen, M. Paulo Casaca, chef de la délégation du Parlement européen à l’OTAN, M. Struan Stevenson, vice-président du PPE le plus grand groupe du Parlement européen et M. André Brie, membre éminent de la Commission des affaires étrangères du P.E. HRW a oublié comme par hasard quelques heures après la publication de son rapport scandaleux, que sept membres du groupe Les Amis d’un Iran Libres avaient publié une déclaration énergique décrivant le rapport comme étant de nature politique et dénué de toute crédibilité et avaient exigé de HRW qu’il retire ce rapport. Leur position avait reçu le soutien rapide et extensif du Parlement européen.

9. Ces derniers mois, HRW a laissé sans réponse les protestations justifiées de centaines d’éminentes personnalités politiques, parlementaires et des droits humains que nous citons ci-dessous :
– Lord Slynn of Hadley, ancien juge à la Cour européenne de justice et juge siégeant à la Chambre des Lords britannique.
– Lord Avebury, ancien président et actuel vice-président du Groupe parlementaire britannique des droits humains, qui a écrit de nombreuses lettres et détaillé ses objections à HRW, mais HRW n’a jamais répondu à aucune des questions légitimes de Lord Avebury.
– Lord Corbett, chef du groupe parlementaire travailliste à la Chambre des lords britannique.
– David Amess, député britannique conservateur.
– Andrew Mackinley, membre de la commission des affaires étrangères de la Chambre des Communes britannique.
– Cherif Bassiouni, éminent professeur, chercheur en droit à la faculté de droit de DePaul et président de l’International Human Rights Law Institute.
– Ed Towns, membre de la Chambre des Représentans américaine, de New York.
– William Lacy Clay, membre de la Chambre des Représentans américaine, du Missouri.
– Le Professeur Raymond Tanter, professeur à l’Université de Georgetown.
– Danielle Mitterrand, présidente de France Libertés.
– Malcom Fowler, de la Commission internationale des droits humains et du Law Reform Board, barreau d’Angleterre et du Pays de Galles.
– Elizabeth Sydney, présidente de la Fédération des Femmes contre le l’intégrisme et pour l’égalité.
– Wilfred Wong, Campagne du Jubilée, Royaume-Uni.
– Morten Hoglund, député norvégien, membre de la commission des affaires étrangères.
– Lars Rice, alors membre de la Commission des affaires étrangères du parlement norvégien. M. Rice a visité Achraf et envoyé un rapport détaillé à HRW, qui n’a répondu à aucune de ses questions.
– Le Colonel David Philips, ancien commandant de la 89ème brigade de la police militaire américaine, posté à la base Achraf pendant un an.
– Plus de 500 personnes ayant vécu auparavant dans les bases des Moudjahiddins pendant des années et résidant actuellement en Europe et en Amérique du Nord. Leur déclaration a été remise à HRW par les signataires à Washington et à New York. Ces individus ont affirmé dans leur déclaration qu’ils étaient prêts à présenter des preuves et à témoigner. HRW n’a pas jugé bon de discuter ou d’interviewer ne serait-ce que l’un d’entre eux.
– 3437 résidents de la Cité d’Achraf ont émis une déclaration et rejeté les accusations de HRW.
– Le comité de politique iranienne aux États-Unis a publié un rapport détaillé réfutant le rapport de HRW.

10. HRW n’explique pas dans sa déclaration pourquoi il n’a pas envoyé un représentant aux nombreuses réunions qui ont été organisées afin d’étudier le rapport de HRW au Parlement européen en septembre 2005, au parlement britannique en juin 2005, aux Pays-Bas en décembre 2005, en Allemagne en décembre 2005 et en Suède en janvier 2006. Pour quelle raison HRW ne rencontre pas ni ne répond directement à tous ceux qui ont défié son rapport erroné et politiquement motivé ?

11. HRW écrit dans son rapport que « le document » de la délégation du Parlement européen « mettait en question la méthodologie de Human Rights Watch dans sa conduite des interviews avec les témoins par téléphone. Human Rights Watch, comme les autres organisations qui mènent des recherches et rédigent des rapports sur l’actualité, compte parfois sur des conversations téléphoniques pour collecter des informations. Les interviews téléphoniques sont une méthode reconnue et appropriée de collecte d’informations ». Ce paragraphe peut être au mieux qualifié de tentative de dissimulation de la part de HRW. La délégation du Parlement européen et Lord Avebury, le rapport du CPI et beaucoup d’autres critiques de HRW, ont protesté contre la méthodologie employée par HRW sous de nombreux aspects, dont les interviews téléphoniques en représentent portion congrue. La déclaration insiste sur le fait qu’il s’agit d’une méthode reconnue et appropriée de collecte d’informations. Si HWR est sincère dans ses allégations, il lui est sans doute possible de faire référence à deux autres rapports similaires à celui publié sur les Moudjahidine qui auraient aussi été totalement basé sur des interview téléphoniques.  En particulier, une rencontre directe et face-à-face avec les témoins, sans oublier qu’ils étaient aux Pays-Bas et en Allemagne et non dans une zone de guerre ou un endroit où HRW devrait se soumettre à des restrictions politiques et de sécurité, n’aurait pas été le problème. Le rapport de la délégation du Parlement européen a réexaminé plusieurs rapports de HRW de ces dix dernières années et affirmé que cette méthode n’avait été employée dans aucun de ces rapports. Mais comme cela ressort de la déclaration de Joe Stork, HRW aurait publié ce rapport à la hâte avant que la campagne pour le retrait des Moudjahidine de la liste des terroristes ne prenne de l’ampleur et avant les élections en Iran, dont Gary Sick est fier. HRW pensait que le rapport pouvait duper les partisans de la démocratie et les défenseurs des droits humains. Maintenant que le plan de HRW s’est retourné contre le groupe et que sa crédibilité en a pris un coup, il essaie de s’expliquer du mieux qu’il peut. Cependant, HRW s’est une fois de plus trompé, car plus il essaie de justifier son rapport honteux qui a mis les droits humains au service de la politique, plus il s’attire le mécontentement et la protestation générale.

12. L’allégation selon laquelle les soi-disant 12 témoins ont confirmé pendant les rencontres en face-à-face ce qu’ils avaient dit à HRW au téléphone ne prouve en rien la véracité de leur témoignage, parce que HRW n’a fourni aucun document ou preuve confirmant ces allégations. Chose plus importante, aujourd’hui la crédibilité de HRW et de son reporter est mise en doute. Ils ne sont pas qualifier pour de mener une enquête. Il semble que HRW est allé en Allemagne et aux Pays-Bas pour interviewer les agents du VEVAK non pas en mission d’enquête, mais pour se disculper et regagner sa crédibilité perdue. Un minimum de professionnalisme et de sincérité aurait poussé HRW à parler avec les personnes qui ont protesté contre ce rapport et celles qui connaissaient personnellement les témoins. Il aurait dû interroger des personnes parmi les 500 qui ont séjourné dans les camps des Moudjahidine, qui vivent désormais dans les pays occidentaux et qui ont écrit à HRW pour déclarer qu’ils étaient prêts à témoigner sur le contenu du rapport et les témoins de HRW. Il aurait dû interroger les personnes qui se sont rendues au Camp Ashraf. Il aurait dû discuter avec les commandants américains qui avaient pour mission de protéger Achraf afin de déterminer la vérité et accepter la critique et sauver sa réputation professionnelle. Les soi-disant 12 témoins ont déclaré à HRW lors de leurs rencontres les mêmes mensonges que le VEVAK leur a ordonné de raconter dans les interviews téléphoniques. Pour sa part, HRW essaie de blanchir les contradictions dans leurs témoignages. Est-ce que HRW croit que le public peut être dupe et accepter qu’un mensonge plus un autre mensonge font la vérité ? HRW aurait mieux fait de dire la vérité et de rapporter au public comment et pourquoi il a choisi ces 12 personnes comme témoins.

13. Une mission d’enquête honnête de HRW aurait nécessité un examen médical des 12 personnes affirmant avoir été torturées et violentées par l’OMPI et aurait cherché à obtenir des certificats médicaux des prétendues « victimes de torture ». Il s’agit de la procédure standard qui prime dans les enquêtes sur les droits humains. Il est donc inquiétant et troublant que HRW n’ait pas cherché à se procurer un certificat médical auprès de quelqu’un qui prétend avoir été torturé en détention par l’OMPI pendant huit ans et demi ou cinq ans et demi.

14. Restent de nombreuses questions de procédure auxquelles HRW n’a pas encore répondu. Le seul atout de HRW était les agents du VEVAK qu’il a interrogé au téléphone et en personne. C’est pourquoi HRW n’a pas répondu à la plus importante question de procédure : pourquoi HRW n’a pas contacté l’OMPI pour préparer son rapport ? C’est une omission si sérieuse que chaque fois que les porte-parole de HRW l’ont abordée, ils se sont malheureusement contredits. Après la publication du rapport de HRW, Radio Farda a demandé à Joe Stork pourquoi HRW n’avait pas accepté l’invitation de l’OMPI à visiter ses camps. « C’est bien la première fois que j’entends parler d’une chose pareille », avait répondu Stork (Radio Farda, 19 mai 2005). A peine dix jours plus tard, alors que Stork s’est trouvé dans l’incapacité de nier les invitations répétées de l’OMPI pour visiter ses camps en Irak, il a déclaré que HRW avait choisi de ne pas aller en Irak car le pays était sous le régime de Saddam Hussein (Radio Farda, 29 mai 2005). Il semblerait que M. Stork ait oublié que HRW avait écrit à M. Massoud Radjavi, président du Conseil national de la Résistance le 6 octobre 1994 et que M. Radjavi avait approuvé une telle visite au mois d’octobre de la même année. La réponse de M. Stork à Lord Avebury qui a demandé dans une lettre datée du 1er juin 2005 pourquoi HRW n’avait pas visité les camps de l’OMPI après la chute de l’ancien gouvernement d’Irak, est d’autant plus ridicule qu’il affirmait que l’armée américaine n’avait pas donné son consentement pour cette visite. Ce n’est que pur mensonge, en particulier parce qu’à ce jour, HRW n’a été capable de présenter aucun document pouvant corroborer ses affirmations. Alors que HRW était occupé à préparer son rapport honteux, il avait d’autres agents et chercheurs présents en Irak qui enquêtaient sur d’autres sujets. Il aurait pu facilement les utiliser pour contacter l’OMPI. De plus, HRW ne mentionne pas que puisqu’il était incapable de joindre l’OMPI en raison de l’armée américaine, pourquoi n’a-t-il pas contacté les bureaux du CNRI à Paris ou dans d’autres pays facilement accessibles ? En vérité, se fondant sur des informations que la Résistance iranienne a reçu de l’intérieur de l’Iran, pendant qu’il préparait ce faux rapport, HRW a fait son possible pour conserver le rapport secret afin que la couverture de ce plan malveillant ne soit pas découverte.

15. Dans sa déclaration de cinq pages, HRW affirme que « le document » de la délégation du Parlement européen « contestait les témoignages et défiait la crédibilité des témoins interviewés par Human Rights Watch, affirmant, entre autres, que leurs allégations étaient ‘‘largement considérées comme ayant été orchestrées par le ministère des Renseignements iranien’’. Ni les Amis d’un Iran Libre ni aucun autre opposant au rapport de Human Rights Watch n’a fourni de preuve tangible appuyant cette accusation ». L’auteur de cette déclaration semble avoir oublié que c’est HRW qui a proféré des accusations contre l’OMPI sur lesquelles on ne possède aucune preuve et qui, après neuf mois, n’a fourni aucun document crédible prouvant la véracité de ces allégations. Un défenseur authentique des droits humains aurait accepté toute preuve crédible de la part de HRW. Le fait est que HRW n’en a tout simplement fourni aucune. Sa déclaration ne fait aucune mention d’une surabondance de preuves, de documents, de témoignages et de détails qui ont été fournis par le rapport de la délégation européenne et par d’autres qui ont mis le rapport de HRW en doute. Ces documents comprennent une lettre signée par 500 personnes qui ont vécu auparavant dans les bases de l’OMPI et attestent l’existence de contacts entre les témoins de HRW et le VEVAK.

16. De manière évidente, HRW est la seule partie qui refuse d’accepter que ses soi-disant témoins soient en réalité des agents du VEVAK. Après tout, son rapport politiquement motivé avait pour but de promouvoir le régime clérical. Autrement, HRW aurait répondu à une question simple : quatre de ses témoins n’ont eu aucun contact avec l’OMPI pendant les 14 ou 15 dernières années. Les huit autres reconnaissent qu’ils ont quitté l’Iran en 2002 pour venir en Europe. Certains prétendent avoir échappé aux prisons du régime. Est-ce que HRW a enquêté sur la manière dont ces personnes sont parvenues à se sauver d’Iran et à venir en Europe ? Aucun de ces huit individus n’avait de documents de voyage légaux. Comment ont-ils pu arriver en Europe ? Par exemple, un document interne au VEVAK daté du 20 février 2002, qui a été publié dans Mojahed, numéro de publication 597, en date du 5 août 2002, a cité une lettre de Ramin Darami, agent du VEVAK en Iran, à son contact au ministère, Haj Saïd : « Cher frère Haj Saïd, moi, Ramine Darami, fils de Abdol-Amine, né en 1969, ayant le certificat de naissance numéro 1561, émis à Abadan, je déclare être totalement prêt à partir en mission, comme l’a proposé le ministère des Renseignements de la république islamique d’Iran, dans un pays européen afin de dénoncer les Moudjahidine… Après avoir accompli les procédures légales en Irak, je suis entré en Iran le 21 janvier 2002 par la région de Khosravi. J’ai été alors accueilli par nos frères et extrêmement bien reçu… Nous avons passé une nuit à Qasr-e-Chirine et après avoir accompli nos procédures légales, nous avons été envoyés à l’hôtel Marmar… Mon supérieur était le frère Mohammad Hossein Sobhani ; Ali Qashqavi, Taleb Jalilian et Ali Achrafi se trouvaient dans la même équipe que moi. Les frères du ministère des Renseignements venaient nous voir tous les jours et résolvaient tous les problèmes que nous pouvions rencontrer. Pendant cette période, j’ai parlé à Haj Mahmoud. Je suis resté à l’hôtel pendant dix jours et lorsque j’ai été transféré à Ahvaz, certains des gars dont Mohammad Hossein Sobhani et Hamid-Reza (Barhoun) sont restés à l’hôtel afin de voir leurs familles à Téhéran… Je suis resté à Ahvaz pendant deux jours jusqu’à ce que ma famille vienne me chercher, ce qui a été un moment fort réjouissant. Pendant mon séjour à l’hôtel Marmar, les plans que vous avez proposés ont été réexaminés plusieurs fois par le frère Mohammad Hossein Sobhani avec nous et nous avons reçu des instructions à ce sujet ». Est-ce que HRW a mené une quelconque enquête sur ce document qui était à sa disposition ?

Naturellement, lorsque HRW tente de prêter assistance à un régime moribond, ses témoins ne sont autres que Karim Haqi, agent du VEVAK qui a été interrogé par les services de sécurité néerlandais en raison de ses contacts et de l’argent qu’il recevait du ministère des Renseignements, Habib Khorrami, un autre agent du VEVAK, qui a été condamné par un tribunal néerlandais pour enlèvement d’enfant, Ali Ghashqavi, qui a reconnu avoir été membre de l’unité d’espionnage du corps des gardiens de la révolution et qui a participé personnellement au viol de femmes détenues, à l’amputation de membres de prisonniers et a tiré des coups de grâce sur des victimes exécutées, et enfin Mohammad Hossein Sobhani, chef d’une l’équipe du VEVAK.

17. Ces 11 dernières années, l’OMPI a publié des milliers de pages de documents, de preuves et de rapports contenant des faits détaillés, dont un grand nombre rédigé de la propre main de ces agents, dans des publications en farsi et en anglais. HRW avait très certainement accès à ces documents car il y a fait référence à plusieurs occasions. Une grande partie de ces documents qui ont été écrits par ces agents ont été rédigés au moment où ils n’étaient pas avec l’OMPI, donc HRW ne peut pas affirmer qu’ils ont été écrits sous la menace. Certains de ces documents, qui exposent la nature de ses soi-disant témoins et mettent à nu leurs contacts importants avec le VEVAK, comprennent :

– La lettre de Mahmoud Massoudi au Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, été 2002.
– « Implications of Humanitarian Activities for The Enjoyment of Human Rights », rapport écrit soumis par International Educational Development, Conseil économique et social des Nations Unies, Commission des droits de l’homme, Sous-commission pour la prévention de la discrimination et la protection des minorités, Quatorzième session, Point numéro 19, E/CN.4/Sub.2/1995/NGO/55, 22 août 1995.
– Lettre de Jamshid Tafrishi, ancien agent du VEVAK, au Pr. Maurice Danby Copithorne, alors Représentant spécial de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies chargé de la situation des droits humains en Iran, 13 décembre 2000.
– La déclaration sous serment de Jamshid Tafrishi à la Cour d’appel des États-Unis, District of Columbia, septembre 2001.
– La déclaration d’Iran-Payvand Association, interrogatoire de Karim Haqi par la police néerlandaise, 1er février 2000.
– Iran: State of Terror, du Groupe parlementaire britannique de défense des droits de l’Homme, juin 1996.
– Le rapport annuel du bureau de Protection de la Constitution, Allemagne, BfV, 1999 à ce jour.
– Le rapport annuel du Service de la sécurité générale et des renseignements néerlandais, AIVD, 1999 à ce jour.
– L’hebdomadaire Modjahed, numéros 380, 12 mars 1998, 590, 25 juin 2002, 592, 2 juillet 2002 et 597, 8 août 2002.

18. Mis à part les failles dans la méthodologie, HRW n’a répondu à aucune question significative soulevée par le rapport de la délégation du Parlement européen et d’autres rapports et les a tout simplement ignorées. Ces rapports avaient enquêté sur chaque allégation avancée par HRW contre l’OMPI et affirmé leur inexactitude. Contrairement à ce qu’affirme la déclaration de HRW du 15 février 2006, ni les enquêtes de la délégation du Parlement européen, ni celles de la Force multinationale Irak et du Commandant de la police militaire, ni aucune autre enquête sur le rapport de HRW par des organismes impartiaux, ne parle exclusivement de la période après la guerre en Irak. La plupart des investigations portent sur la période abordée par HRW.

19. Dans la déclaration de cinq pages, HRW était obligé de reconnaître de sérieuses contradictions entre le rapport de mai 2005 et sa présente déclaration. Ces aveux servent à blanchir les nombreuses contradictions que le rapport de la délégation du Parlement européen a mises en lumière. Dans son rapport de mai 2005, HRW affirme que Mohammad Hossein Sobhani a déclaré qu’il avait été détenu en isolement cellulaire pendant huit ans et demi. Dans la déclaration du 15 février 2006, HRW a transformé cette affirmation en cinq ans et demi de détention. On peut lire : « En février 1998, la direction du MKO a proposé de le transférer dans un meilleur endroit puis de faciliter son transfert en Europe où vivait sa fille. Par conséquent, le MKO a transféré Sobhani vers un autre camp du MKO dans des conditions qu’il a décrites de ‘résidence surveillée’ ». On ne sait pas clairement quelles sont les raisons qui ont poussé la direction de l’OMPI à envoyer quelqu’un qui était détenu en isolement cellulaire à un meilleur endroit pour ensuite lui faciliter son transfert en Europe. On ne sait pas clairement non plus pourquoi il se serait échappé puisque l’OMPI avait l’intention de le transférer en Europe.

20. Dans une autre contradiction, alors que le rapport de HRW de mai 2005 écrit que Sadeghinejad avait été témoin de « la mort d’un autre prisonnier, Ghorbanali Torabi, après que Torabi soit revenu d’une séance d’interrogatoire dans une cellule de la prison qu’il partageait avec Sadeghinejad », dans sa déclaration du 15 février 2006, HRW a écrit : « Sadeghinejad a reconnu que Torabi était peut-être mort d’une crise cardiaque ». Tout observateur impartial pourrait reconnaître la différence fondamentale entre ces deux assertions. Dans son rapport de mai 2005, HRW affirme fermement que l’OMPI a tué un membre dissident sous la torture. Dans sa réponse de février, il reconnaît qu’il a pu mourir d’une crise cardiaque. Autre exemple, Le rapport de HRW de mai insiste sur le fait que « Yasser Ezati est parvenu à s’échapper du Camp Achraf ». Suite aux détails publiés sur ce cas dans le rapport de la délégation européenne, dont des commentaires de Hassan Ezati, père de Yasser, HRW cite dans sa déclaration du 15 février 2006 Ezati disant qu’il avait trouvé « l’opportunité de partir » d’Achraf. Il est étrange que HRW ne reconnaisse pas la différence entre s’échapper et partir. Malheureusement, HRW n’a pas l’honnêteté de dire dans son rapport qu’avant de partir d’Achraf, le père de Yasser lui avait donné 400 dollars US et 100.000 dinars irakiens. De telles contradictions flagrantes démontrent la nature scandaleuse de la méthodologie défectueuse de HRW et de son objectif politique. Dans une cour de justice compétente, en entendant ces contradictions aussi évidentes, le juge et le jury débouteraient immédiatement et sans l’ombre d’un doute ces allégations et condamneraient  les témoins pour faux témoignages.

La Commission des affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne en appelle à tous les individus consciencieux, les défenseurs des droits de l’homme et de toutes les forces démocratiques et éprises de liberté à travers le monde, en particulier en Europe et aux États-Unis, de juger le rapport de HRW et son approche tendancieuse de l’Iran et des Moudjahidine du peuple. Au moment où les atrocités du régime clérical à l’intérieur de l’Iran, son soutien sans relâche au terrorisme, sa campagne d’exportation de l’intégrisme islamique, et sa quête de l’arme atomique prennent de plus en plus d’ampleur, se servir des droits humains à des fins politiques particulières n’a pas d’autre effet qu’aider et encourager le régime des mollahs dans ses crimes contre le peuple iranien et mettre en danger la paix et la sécurité dans la région et dans le monde.

Commission des affaires étrangères du Conseil National de la Résistance Iranienne
Le 20 février 2006