
Appel urgent à la libération des prisonniers politiques malades
Mohammad-Ali Akbari Monfared, prisonnier politique âgé de 58 ans, détenu à la prison de Fashafouyeh, est paralysé des deux jambes et ne peut se déplacer qu’à l’aide d’un déambulateur ou d’un fauteuil roulant. Il souffre de maladies cardiaques, cérébrales, d’un diabète avancé et d’un problème de prostate. Récemment, à cause d’un caillot sanguin et d’une grave infection à la jambe, il a subi une intervention chirurgicale ; les médecins de l’hôpital ont déclaré qu’il fallait la lui amputer en dessous du genou. Malgré cette situation critique, il a été enchaîné au lit d’hôpital avec une cruauté sans bornes. Les médecins ont précisé qu’il était incapable de supporter la détention et que la poursuite de son emprisonnement pourrait lui coûter la vie. Selon les propres lois du régime, il devrait être libéré, mais le ministère du Renseignement s’y oppose et a même ordonné qu’il soit gardé sous une surveillance sécuritaire étroite à l’hôpital.
Hoda Mehrganfar, 35 ans, ingénieure en robotique, détenue à la prison d’Adelabad de Chiraz, souffre depuis longtemps d’un kyste endométriosique dans la région abdominale. Son état s’est récemment beaucoup aggravé : elle endure de vives douleurs chroniques et une forte fièvre, et court le risque d’une rupture de kyste et d’infection interne. Arrêtée le 22 octobre 2024, elle demeure en détention provisoire et a besoin d’urgence d’une échographie et d’un traitement spécialisé. Le médecin de la prison avait déjà recommandé son transfert immédiat à l’hôpital, mais les autorités pénitentiaires s’y opposent.
Shiva Esmaïli, prisonnière politique purgeant à Evine une peine de dix ans, souffre de fortes douleurs lombaires. En raison des obstructions délibérées des autorités, elle est privée d’accès à un médecin. Lorsque, après des semaines de douleurs persistantes, son transfert à l’hôpital a finalement été autorisé, les agents ont prétendu, au moment de sa sortie, que sa carte bancaire ne disposait pas des fonds nécessaires. Ils l’ont renvoyée dans sa cellule, sans même lui permettre de contacter sa famille pour obtenir le paiement du traitement.
Arrêtée en mars 2023 à Téhéran, elle a été condamnée à dix ans de prison pour «rassemblement et collusion» et « propagande contre le régime ». Son fils Mehdi Vafa’i, 37 ans, a été condamné à onze ans de prison pour lien avec l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Mehdi a été blessé par balles lors de l’incendie de la prison d’Evine le 15 octobre 2022. Le 30 septembre 2025, il a été convoqué sous prétexte d’une visite familiale, mais avant d’atteindre le parloir, il a été transféré à l’isolement dans le centre de détention du ministère du Renseignement à Qom. Souffrant de troubles digestifs, il a été privé de ses médicaments. Son cousin, Mohammad-Javad Vafa’i, a été condamné à mort pour appartenance à l’OMPI ; il est détenu à la prison de Vakilabad de Machhad.
Fatemeh Ziaï, 68 ans, prisonnière politique à Evine, a connu les terribles prisons politiques des années 1980. Elle a passé au total plus de treize ans dans les cellules et les centres de torture des mollahs. Elle souffre d’une sclérose en plaques (SEP) avancée et se voit refuser tout traitement médical.
La mise à mort lente des prisonniers politiques malades, méthode bien connue du régime des mollahs, constitue un crime contre l’humanité.
La Résistance iranienne appelle le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, son Haut-Commissaire aux droits de l’homme, sa rapporteuse spéciale et toutes les instances internationales de défense des droits humains à agir d’urgence pour obtenir la libération immédiate des prisonniers politiques malades. Elle réaffirme la nécessité d’envoyer une mission d’enquête internationale dans les prisons iraniennes afin d’y rencontrer les détenus, en particulier les prisonniers politiques.
Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 22 octobre 2025

