jeudi, décembre 1, 2022
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ÉDITORIAL: La flambée de la colère populaire en Iran

ÉDITORIAL: La flambée de la colère populaire en Iran

L’Iran connaît son plus grand bouleversement politique depuis la révolution de 1979. De vastes protestations en faveur d’un changement de régime avec le slogan « Mort au dictateur » ont éclaté dans au moins 165 villes.

Les manifestants ont réussi à prendre ou à détruire des centaines de centres gouvernementaux, des postes de sécurité et des banques, stations-service et séminaires affiliés à l’État. Le régime a eu recours à la répression brutale, tuant au moins 251 manifestants et en arrêtant des milliers d’autres. Il a également bloqué l’Internet en Iran, empêchant les images des manifestations d’atteindre l’extérieur du pays.

Bien que les manifestations qui ont débuté le 15 novembre 2019 aient été déclenchées par une multiplication par trois du prix de l’essence, en moins de 24 heures, les slogans sont devenus entièrement politiques. Les Iraniens scandent « à bas Khamenei » et « à bas Rohani » dans les rues de l’Iran. Ils veulent un changement de régime.

Les dimensions de l’événement sont uniques. Au cours des six premiers jours seulement, les manifestations se sont propagées dans presque toutes les provinces iraniennes. Les manifestants ont incendié des dizaines de postes de police et des bureaux des représentants du guide suprême. 251 personnes sont mortes par balles. Les manifestations ont effrayé Khamenei dont le régime a arrêté plus de 7 000 manifestants et a mis en œuvre le plus grand blocage d’Internet dans l’histoire de l’Iran. Pendant cinq jours, Internet est resté fermé. Le régime prétend permettre un certain accès, mais le pays reste en grande partie coupé du monde.

Les unités de résistance de l’OMPI

La situation de l’Iran était mûre pour un tel soulèvement. Le CNRI a longtemps soutenu que l’Iran était comme une poudrière, le régime est incapable de résoudre les crises sociales. La société iranienne déplore le gaspillage de ressources nationales dans les guerres régionales en Irak, au Liban, en Syrie et au Yémen, alors que le régime est incapable de répondre aux services de base dans le pays. Les Iraniens sont totalement opposés au programme d’armes nucléaires des mollahs, dont l’objectif est de prolonger la vie du régime, et qui a conduit à des sanctions internationales. Pendant des décennies, le régime a bénéficié de la politique de complaisance de l’Occident.

L’accord nucléaire avec l’Iran de 2015 constituait peut-être sa plus grande garantie. Avec le changement de politique de l’administration américaine actuelle, cette politique est maintenant terminée.

Les principales manifestations en Irak et au Liban voisins appellent à l’expulsion du régime iranien des pays qu’il espérait intégrer dans un « empire islamique« . Aujourd’hui, sous le régime des sanctions internationales, le régime manque de moyens et d’argent. Mais il y a aussi un facteur interne supplémentaire.

Les manifestations sont influencées par les unités de résistance du principal groupe d’opposition démocratique, l’organisation des Moudjahidine du peuple (OMPI). Les unités de résistance de l’OMPI risquent leur vie pour encourager les rassemblements à travers le pays. Cela peut commencer par un simple barrage routier ou un slogan risqué sur une chaussée très fréquentée. Le grand public, qui déteste le régime, y adhère avec enthousiasme. Entre-temps, le régime a mobilisé ses gardiens de la révolution, la milice du Bassidj, les forces de sécurité répressives (police) et le ministère du Renseignement et de la Sécurité. (MOIS) pour tuer ou arrêter les manifestants dans la rue ou chez eux.

Il y a trois ans, dans son discours devant un grand rassemblement de la Résistance à Paris, Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, a répondu à la question de savoir comment le peuple iranien allait concrétiser un changement de régime. «Notre réponse est avec 1000 Achrafs. C’est mille centres de lutte contre la dictature religieuse. « 

La Résistance en Iran a activement construit ces 1 000 foyers de lutte, auxquels même les médias du régime ont fait état en détail lors des récents troubles.
«Le comportement des émeutiers dans plusieurs villes montre que ces personnes ont radicalement changé leurs méthodes par rapport aux événements précédents (2017)», a écrit lundi l’agence de presse Fars, affiliée aux Gardiens de la révolution (IRGC). «Les cellules incitant à la violence ont été organisées en trois niveaux (…) Lors des récents événements, des personnes formées ont été organisées en équipes de cinq à sept personnes.»

«Les hommes forts sont actifs en première ligne. Ils sont protégés par d’autres sur des motos dans un deuxième niveau. Mais dans le troisième niveau, il y a des jeunes femmes dont la mission est d’inciter les gens à rejoindre la révolte. »

Aucune aide ou complaisance de la part des gouvernements occidentaux, malgré leur silence relatif par rapport aux troubles de 2017, et aucun jeu de « réformistes contre radicaux » ne soulageront la tourmente du régime. Ni les guerres et les crimes en Irak, au Liban et en Syrie, le programme nucléaire, le pillage des revenus pétroliers, ni même ses agents en civil et la pléthore de divers mercenaires du ministère du Renseignement ne pourront sauver le régime.

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